USA2016-Pence se démarque de Trump sur le dossier Poutine

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    par Ginger Gibson et Alana Wise 
    FARMVILLE, Virginie, 5 octobre (Reuters) - Le républicain 
Mike Pence, colistier de Donald Trump, s'est démarqué du magnat 
new-yorkais de l'immobilier sur Vladimir Poutine et la politique 
étrangère russe mardi soir lors du "débat des vice-présidents".  
    De son côté, Tim Kaine, qui compose le "ticket démocrate" 
avec Hillary Clinton, a décrit Trump comme un danger pour la 
sécurité des Etats-Unis, et un candidat misogyne et xénophobe. 
    A cinq semaines de l'élection du 8 novembre, et à quatre 
jours du deuxième des trois débats entre Trump et Clinton, le 
débat de 90 minutes qui s'est tenu à Farmville, une petite ville 
rurale du centre de la Virginie, était la seule rencontre 
programmée entre les deux candidats à la vice-présidence. 
    Mike Pence s'est refusé à défendre son colistier point par 
point face aux attaques de son adversaire, montrant une image 
plus traditionnelle du Parti républicain après les discours 
enflammés de Trump.       
    Le gouverneur de l'Indiana a également pris ses distances 
avec Trump sur le cas Poutine, dont le candidat républicain a 
déclaré lors de la campagne qu'il était un meilleur dirigeant 
que Barack Obama et qu'il pourrait travailler avec lui. 
    "Le petit dirigeant brutal de Russie impose aujourd'hui ses 
conditions aux Etats-Unis", a-t-il dit, attaquant sur deux 
fronts: la politique russe en Syrie et la réponse des 
Etats-Unis, jugée insuffisante jusqu'au sein de l'administration 
Obama.  
    "La force de l'Amérique doit s'opposer aux provocations de 
la Russie", a poursuivi Pence. Et si Moscou choisit de 
poursuivre sur la voie de ses attaques "barbares" contre les 
civils, "les Etats-Unis devraient se préparer à employer la 
force militaire pour frapper des cibles militaires du régime 
Assad". 
    "La politique étrangère de Pence est excellente. 
Malheureusement, ce n'est pas celle de Trump", a tweeté Bill 
Kristol, journaliste du magazine conservateur Weekly Standard et 
voix influente du camp conservateur hostile à la candidature du 
milliardaire new-yorkais. 
     
    "L'AMÉRIQUE EST MOINS SÛRE AUJOURD'HUI" 
    Mike Pence, jugé gagnant à l'issue du débat par 48% des 
téléspectateurs contre 42% pour Kaine selon un sondage CNN/ORC, 
a également décrit Clinton comme une politicienne malhonnête et 
a jugé défavorablement son bilan en tant que secrétaire d'Etat 
de Barack Obama de 2009 à 2013.  
    "L'Amérique est moins sûre aujourd'hui qu'elle ne l'était le 
jour où Barack Obama est devenu président", a-t-il dit. 
    Et tandis que Kaine accusait Trump de confondre pouvoir et 
autoritarisme en se montrant favorable à Poutine, Pence a 
contre-attaqué en l'interrogeant sur l'échec de la relance des 
relations avec la Russie, le fameux "reset" dont Clinton avait 
fait un de ses principaux objectifs à son arrivée au département 
d'Etat. 
    "Qu'est-ce qui a mal tourné avec la remise à zéro avec la 
Russie? Vladimir Poutine", a répondu Kaine, qui a semblé 
toutefois à court d'explications.  
    Tim Kaine a représenté pour sa part Trump comme une menace. 
Citant l'ancien président Ronald Reagan, le sénateur de Virginie 
a estimé que l'arme nucléaire ne devait pas être confiée à un 
fou ou un déséquilibré.  
    "Et je pense que c'est le cas du colistier du gouverneur 
Pence", a-t-il ajouté.  
    "- Sénateur, sénateur, ce n'est même pas digne de vous et 
d'Hillary Clinton, c'est un coup bas", a réagi ce dernier. 
     
    LES IMPÔTS DE TRUMP 
    Tim Kaine avait manifestement répété une tirade sur Trump, 
interrompant son rival et même la présentatrice du débat 
organisé à la Longwood University, Elaine Quijano, de CBS News, 
pour rappeler ses déboires, de ses remarques sur une ex-Miss 
Univers à des commentaires flatteurs à l'égard du dirigeant 
russe. Il a ensuite concentré ses attaques sur le refus de Trump 
de publier ses déclarations d'impôts.  
    Le New York Times a révélé ce week-end des documents fiscaux 
du candidat faisant apparaître en 1995 une perte fiscale de 916 
millions de dollars (815 millions d'euros), qui ont pu lui 
permettre de ne pas payer d'impôt sur le revenu pendant 18 ans. 
    "Donald Trump doit donner ses déclarations d'impôt pour 
montrer qu'il est qualifié pour être président", a martelé 
Kaine. 
    Mike Pence a réagi en saluant les milliers d'emploi créés 
par Trump en tant que promoteur immobilier et en déclarant qu'il 
avait utilisé le code fiscal comme le prévoyait la loi, après 
avoir essuyé des revers financiers. 
    Ce "débat des vice-présidents" intervenait à un moment 
crucial de la campagne. Les équipes de Clinton tentent de mettre 
à profit les révélations sur la situation fiscale de Donald 
Trump, et ce dernier cherche à rebondir après une performance 
mitigée lors du premier débat, en vue de la deuxième rencontre 
de la campagne dimanche à Saint Louis. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne présidentielle:   
 
 (Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • delapor4 il y a 7 mois

    Visiblement, Pence espère être à Trump ce que Johnson fut à Kennedy...