USA2016-Mike Pence, pompier en chef du pyromane Trump

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    par Doina Chiacu et Steve Holland 
    WASHINGTON, 5 août (Reuters) - Si Mike Pence avait encore 
des doutes sur ce qu'implique son statut de colistier sur le 
"ticket" républicain pour la Maison blanche, la semaine qui 
s'achève les aura balayés: il est celui qui doit éteindre les 
incendies qu'allume Donald Trump. 
    Le gouverneur de l'Indiana a entendu le candidat républicain 
traiter sa rivale démocrate, Hillary Clinton, de "diablesse" et 
l'a vu s'enfoncer dans une controverse sans fin avec les parents 
d'un soldat musulman de l'armée américaine tué en mission en 
Irak en 2004. 
    Quand les candidats à la vice-présidence sont 
traditionnellement chargés d'attaquer le camp adverse, Pence lui 
n'a pas été choisi pour cela: cette tâche, Trump l'assume tout 
seul. Mais sa mission est peut-être plus complexe. C'est à lui 
qu'il revient d'atténuer les sorties du candidat républicain et 
de limiter les dégâts de ce que nombre de républicains voient 
comme des blessures que leur champion s'inflige lui-même. 
    Il y a une semaine, Pence a dû rectifier le tir après que 
Trump eut annoncé que plusieurs médias seraient interdits de 
couvrir sa campagne. Une discussion est en cours au sein de 
l'équipe de campagne, a-t-il modéré. 
    Dimanche dernier, tandis que le candidat républicain lançait 
ses premières piques contre les parents du capitaine Humayun 
Khan, mort en Irak, le gouverneur de l'Indiana a publié un 
communiqué saluant un "héros américain" et estimant que sa 
famille "devait être choyée par tous les Américains". 
    Le candidat républicain à la vice-présidence a annoncé 
mercredi qu'il soutenait Paul Ryan, président républicain de la 
Chambre des représentants qui remettra son mandat en jeu le 8 
novembre. Trump venait de lui refuser son soutien. 
    Pence, qui s'est engagé à ne plus mener de campagne négative 
après avoir perdu en 1990 une élection au Congrès 
particulièrement injurieuse, se refuse à affubler ses 
adversaires de surnoms ou d'adjectifs péjoratifs. Trump lui 
appelle sa rivale démocrate "Hillary la véreuse" (Crooked 
Hillary"), voire "la diablesse". 
     
    SUR UN FIL 
    En confirmant mi-juillet le choix de Pence pour 
l'accompagner dans la campagne, Trump, outsider qui n'a jamais 
exercé la moindre fonction élective, avait vanté son expérience 
et sa capacité à réunir un parti tiraillé par les primaires 
(Pence fut le soutien de Ted Cruz, le plus coriace des 
adversaires du milliardaire new-yorkais). 
    Mais à 57 ans, le colistier évolue sur un fil, entre le 
désamorçage nécessaire des bombes verbales que fait exploser 
régulièrement Trump et le souci de montrer qu'il sait qui est le 
patron. 
    Pour Ryan Williams, ancien conseiller de Mitt Romney, 
candidat républicain battu il y a quatre ans par Barack Obama, 
il a hérité d'une "mission impossible". "Mike Pence est un bon 
républicain mais sera malheureusement toujours associé aux 
controverses qui ont piégé le ticket Trump-Pence et sera 
enchaîné aux conséquences, quelles qu'elles soient, de cette 
élection", dit-il. 
    A l'inverse, Christopher Devine, professeur assistant de 
science politique à l'université de Dayton, dans l'Ohio, et 
co-auteur d'un essai sur le rôle des colistiers dans les 
campagnes, "The VP Advantage", pense que si Trump perd en 
novembre, Pence pourra tenter de s'imposer comme le trait 
d'union entre les conservateurs classiques et les nouveaux 
électeurs que le magnat new-yorkais de l'immobilier a réussi à 
attirer à lui. 
    D'où, peut-être, la prudence dont fait preuve celui qui 
envisagea un temps de se lancer dans la primaire républicaine de 
cette année, histoire de ne pas réduire en cendres ses chances 
pour l'avenir.  
     
    VOIR AUSSI 
    Après une semaine de controverse, Trump veut rebondir sur 
l'économie   
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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