USA2016-Le Secret Service s'interroge sur les propos de Trump

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    * Les propos ambigus de Trump sur Clinton et les armes à feu 
ouvrent une nouvelle polémique 
    * Pour la candidate démocrate, son rival n'a pas l'étoffe 
d'un président 
    * Des républicains font défection et se rallient à Clinton 
 
    par Alana Wise et Amanda Becker 
    WASHINGTON, 10 août (Reuters) - Le Secret Service, qui 
assure la sécurité présidentielle aux Etats-Unis, s'interroge 
sur les déclarations ambiguës de Donald Trump concernant Hillary 
Clinton et les armes à feu, à l'origine d'une nouvelle polémique 
dans la campagne électorale. 
    Ce nouveau dérapage intervient alors que le candidat 
républicain à la Maison blanche avait tenté en début de semaine 
de se recentrer sur son programme en dévoilant ses propositions 
en matière de politique économique.  
    L'idée était de sortir de la querelle dans laquelle il 
s'était enferré la semaine dernière avec les parents d'un 
capitaine musulman de l'armée américaine mort en 2004 en Irak. 
Le recentrage a fait long feu.  
    Un responsable du Secret Service a confirmé mercredi à CNN 
que des contacts avaient été passés avec l'équipe de campagne du 
candidat républicain. "Il y a eu plus d'une conversation" sur ce 
sujet, a-t-il ajouté, précisant que l'entourage de Trump avait 
réaffirmé qu'il n'avait pas l'intention d'inciter à la violence. 
    En meeting électoral mardi soir en Caroline du Nord, Trump a 
suggéré que les partisans des armes à feu pourraient agir pour 
empêcher Clinton de nommer des juges progressistes à la Cour 
suprême américaine. 
    "Si elle est en mesure de choisir ses juges, il n'y aura 
rien à faire, les gars. Quoique les gens du deuxième amendement, 
il y a peut-être, je ne sais pas mais...", a déclaré le candidat 
républicain sans finir sa phrase, et ouvrant un débat sur la 
signification véritable de ses propos.  
    Le deuxième amendement de la Constitution américaine 
garantit le droit de porter une arme. 
    Certains des membres de l'assistance ont grimacé quand il a 
tenu ces propos. Priée de préciser ses dires, son équipe de 
campagne a dit dès mardi soir qu'il avait encouragé les 
défenseurs du deuxième amendement à mobiliser les électeurs en 
sa faveur lors du scrutin du 8 novembre. 
    Mercredi, Hillary Clinton a estimé que son rival s'était 
bien rendu coupable d'incitation à la violence. "Chacun de ces 
incidents nous montre que Donald Trump n'a tout simplement pas 
le tempérament pour être président et commandant en chef des 
Etats-Unis", a-t-elle dit en meeting à Des Moines, dans l'Iowa. 
     
    "HONNÊTEMENT, IL EST DANGEREUX" 
    Quelle qu'ait été l'intention de Trump, cette nouvelle 
controverse a continué d'alimenter les inquiétudes au sein du 
Parti républicain sur le tour pris par la campagne du magnat de 
l'immobilier à moins de trois mois du scrutin du 8 novembre. 
    Joe Scarborough, ancien élu républicain de Floride 
aujourd'hui animateur sur la chaîne MSNBC, a ainsi souligné dans 
une tribune publiée mercredi par le Washington Post que le Grand 
Old Party entrait en "territoire inconnu" et a demandé aux 
dirigeants de la formation politique de réfléchir à un possible 
retrait de Trump. 
    Imitant Meg Whitman, directrice générale de Hewlett Packard 
Enterprise qui finance le Parti républicain, et Michael 
Bloomberg, ancien maire de New York passé par la formation de 
droite, John Negroponte, directeur national du renseignement 
(DNI) sous le président républicain George W. Bush, et Chris 
Shays, ancien élu républicain du Connecticut à la Chambre des 
représentants, se sont à leur tour ralliés mercredi à la 
candidature Clinton. 
    "Il ne comprend pas les exigences basiques de la fonction de 
président des Etats-Unis. Et, honnêtement, il est dangereux", a 
expliqué ce dernier dans une interview accordée à MSNBC. 
    Dans la dernière livraison de la moyenne des sondages 
réalisée par le site Real Clear Politics, Hillary Clinton est 
créditée mercredi de 48% des intentions de vote contre 40,3% 
pour le républicain, soit une avance de 7,7 points.     
    La candidate démocrate est aussi en tête en Pennsylvanie 
(+9,2), dans le Michigan (+6,6), dans l'Ohio (+2,6) ou encore en 
Floride (+2,2), qui appartiennent à la catégorie des "Swing 
States", ces Etats clefs où se décidera l'issue de la course à 
la Maison blanche du fait de la spécificité du mode de scrutin 
(le président est élu par 538 grands électeurs désignés Etat par 
Etat). 
    Mais Ron Bonjean, expert électoral du Parti républicain 
affilié à Trump, ne croit pas un instant qu'il soit possible de 
revenir sur l'investiture qui lui a été officiellement accordée 
le 19 juillet dernier lors de la convention de Cleveland, dans 
l'Ohio. "Penser que les républicains vont changer de candidat 
après la convention, c'est se bercer d'illusions", a-t-il dit à 
Reuters. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne américaine:   
 
 (avec James Oliphant à Washington et Steve Holland à 
Wilmington, Caroline du Nord; Benoît Van Overstraeten et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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