USA2016-Clinton et Trump tirent leurs ultimes cartouches

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 (Actualisé avec dernières informations de la campagne) 
    par Amanda Becker et Emily Stephenson 
    WASHINGTON, 7 novembre (Reuters) - Hillary Clinton et Donald 
Trump ont tiré leurs ultimes cartouches, lundi, avec des 
meetings dans plusieurs Etats pour tenter de convaincre les 
indécis, au terme d'une campagne présidentielle d'une violence 
sans précédent et dont l'issue, à la veille du scrutin, 
demeurait très incertaine. 
    Si les enquêtes d'opinion donnent une courte avance à la 
candidate démocrate, l'ex-First Lady sait qu'elle ne peut pas 
baisser la garde face à un Donald Trump qui a électrisé les 
débats et révélé par son style agressif une division profonde, 
et jusqu'alors sous-jacente, de la nation américaine. 
    A quelques heures d'Election Day, un sondage 
Economist-YouGov donnait quatre points d'avance à la candidate 
démocrate avec 45% des suffrages tandis que le projet 
Reuters/State of the Nation accordait 303 grands électeurs 
probables à Hillary Clinton et 235 à Donald Trump. Pour être sûr 
d'entrer à la Maison blanche et succéder à Barack Obama, il faut 
réunir 270 grands électeurs au moins.  
    Les chances de Trump dépendront de sa performance en 
Floride, en Caroline du Nord, dans l'Ohio et dans le Michigan, 
où les sondages donnent les candidats au coude-à-coude, ainsi 
qu'en Pennsylvanie, où Hillary Clinton ne bénéficie que d'une 
courte avance de trois points de pourcentage. Pour que Trump 
l'emporte, il devra remporter l'essentiel de ces Etats. 
    Deux Etats perdus dans les trois Etats de Floride, Michigan 
et Pennsylvanie, assureraient pratiquement un victoire d'Hillary 
Clinton. 
    Conscients de la nécessité de faire campagne jusqu'au bout, 
Hillary Clinton et Donald Trump avaient prévu plusieurs meetings 
lundi.  
     
    "CANDIDATE BIDON" 
    La candidate démocrate était attendue en Pennsylvanie et 
dans le Michigan avant de clore la journée avec un meeting à 
minuit à Raleigh, en Caroline du Nord. 
    Donald Trump a commencé sa journée à Sarasota, en Floride, 
où il est au coude-à-coude avec Hillary Clinton. Il devait aussi 
se rendre en Caroline du Nord, en Pennsylvanie et dans le New 
Hampshire pour finir Grand Rapids, dans le Michigan. Prédisant 
sa victoire, le milliardaire new-yorkais a qualifié son 
adversaire de candidate "bidon". "Nous sommes fatigués d'être 
dirigés par des gens stupides", a-t-il dit aussi.     
    La candidate démocrate a en retour accusé son adversaire 
d'attiser les divisions du pays. En ce dernier jour de campagne, 
elle a de nouveau reçu le soutien du président Barack Obama. 
    S'exprimant devant environ 9.000 personnes sur le campus de 
l'Université du Michigan, à Ann Arbor, le président a invité la 
jeunesse américaine qui l'avait soutenu en 2008 et 2012 à voter 
pour son ancienne secrétaire d'Etat.        
    Et il a redit pourquoi Donald Trump n'était absolument pas 
qualifié, à ses yeux, pour occuper le Bureau ovale, car coupé de 
la réalité du pays. 
    "En 70 ans d'existence, il n'a fait preuve d'aucun respect 
pour les travailleurs. Je ne crois pas qu'il connaisse une seule 
personne qui travaille, à part les gens qui font le ménage dans 
ses hôtels ou tondent la pelouse de ses terrains de golf", 
a-t-il déclaré. 
    Mais après huit années d'administration Obama, les 
Etats-Unis s'apprêtent à voter en étant profondément divisés.  
    Le choix qui leur est proposé est celui de deux personnages 
mal aimés par l'opinion publique, et qui ont plus inspiré un 
sentiment de répulsion qu'un mouvement d'adhésion. 
     
    VISIONS OPPOSÉES 
    Pour Donald Trump, son adversaire démocrate est une 
personnalité "corrompue" qui devrait être en prison et incarne 
la dérive des élites de Washington, la collusion des intérêts 
privés servis par la mondialisation et le déclin d'une Amérique 
qui vivrait dans la nostalgie d'une grandeur perdue. 
    Pour Hillary Clinton, son rival est un bateleur d'estrade, 
un amuseur public, ancienne star d'une émission de télé-réalité 
dont le tempérament sanguin, la paresse et la personnalité 
misogyne, homophobe, raciste et populiste le disqualifient pour 
devenir l'homme le plus puissant du monde. 
    D'un côté, un homme d'affaires qui n'a jamais démontré qu'il 
possédait l'étoffe d'un président mais a cristallisé le 
ressentiment sourd d'une grande partie de la population 
américaine se considérant abandonnée par le pouvoir fédéral. 
    De l'autre, une femme compétente, au fait des dossiers, mais 
qui n'est jamais parvenue à se débarrasser de sa réputation de 
frondeuse, un rien arrogante, et cultivant un goût du secret peu 
compatible avec l'exigence d'une certaine transparence imposée à 
celui ou celle qui brigue la magistrature suprême. 
    L'affaire de la messagerie privée dont elle s'est servie 
lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine l'a poursuivie 
jusqu'au dernier jour, le FBI venant confirmer dimanche qu'il 
n'y avait pas matière à engager des poursuites judiciaires. 
    L'intervention de l'agence fédérale dans une campagne 
présidentielle - ou plutôt son absence de réserve imposée par la 
tradition - a un peu plus brouillé les repères et fini de 
déboussoler des électeurs indécis. 
    Deux visions radicalement opposées des Etats-Unis qui se 
sont affrontées sans qu'aucune ne l'emporte clairement ou ne 
fasse la démonstration de sa pertinence.    
 
 (Avec Jeff Mason à Ann Arbor; Alana Wise, Doina Chiacu et Susan 
Heavey à Washington; Chuck Mikolajczak à New York; Pierre 
Sérisier, Gilles Trequesser et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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