USA2016-Clinton et Trump à la conquête de l'Ohio

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    par Jeff Mason et Steve Holland 
    CLEVELAND, 6 septembre (Reuters) - A deux mois de l'élection 
présidentielle, Donald Trump et Hillary Clinton ont passé la 
journée de lundi, jour férié aux Etats-Unis, dans l'Ohio, l'un 
des Etats où va se décider l'issue de la course à la Maison 
blanche. 
    Dans une foire locale, à l'occasion d'une parade pour le 
Labor Day ou dans une brasserie de Cleveland, la candidate 
démocrate, en tête dans les sondages, et son rival républicain 
sont allés au contact des électeurs de cet Etat de la "Rust 
Belt", cette "ceinture de rouille" berceau des industries 
lourdes lourdement frappées par la crise. 
    Ils se sont soigneusement évités, mais leurs avions de 
campagne se sont retrouvés parqués côte à côte sur le tarmac de 
l'aéroport de Cleveland. 
    L'Ohio, où sont désignés 18 des 538 grands électeurs qui 
feront l'élection, est un "Swing State", un de ces Etats où 
l'équilibre entre électeurs démocrates et républicains varie 
d'un scrutin à l'autre et où se joue donc l'élection.  
    Aucun candidat républicain n'a jamais remporté une élection 
présidentielle sans avoir gagné dans l'Ohio. Et depuis 1964, 
l'Etat a toujours majoritairement voté pour le candidat 
finalement élu à la Maison blanche.     
    D'après la dernière moyenne des sondages d'intention de vote 
dans l'Ohio réalisée par le site Real Clear Politics, Clinton 
dispose d'une avance de 3,3 points sur Trump, à 44% contre 
40,7%). Mi-août, le milliardaire new-yorkais avait réclamé de 
l'aide pour cet Etat dont le gouverneur, le républicain John 
Kasich, l'un de ses deux derniers adversaires lors des 
primaires, a refusé de le soutenir. 
    En visite sur le site de la foire du comté de Mahoning, où 
ses partisans avaient construit un mur à l'image de celui que le 
candidat républicain veut ériger le long de la frontière 
mexicaine, ou lors de ses rencontres avec des leaders syndicaux, 
Trump a détaillé ses projets sur l'immigration et le commerce, 
les deux thèmes privilégiés de sa campagne. 
    Clinton de son côté s'est arrêtée dans une brasserie de 
Cleveland avant de se joindre aux manifestations du Labor Day, 
où elle a lancé un nouveau mot d'ordre: "Des amis ne laissent 
pas leur amis voter pour Trump." 
     
    RESSERREMENT DES COURBES 
    Le Labor Day lance traditionnellement la dernière ligne 
droite de la longue campagne présidentielle américaine. 
    Clinton, qui voyageait pour la première fois avec les 
journalistes accrédités auprès de sa campagne à bord d'un nouvel 
avion, a dit avoir profité des derniers instants de répit avant 
la "course folle" qui s'annonce et s'est dit "plus que prête" 
pour les neuf semaines qui la séparent de l'élection du 8 
novembre. 
    Trump, qui a remanié son équipe de campagne après une 
première quinzaine d'août cauchemardesque dans les sondages, 
aborde cette ultime ligne droite en pouvant s'appuyer sur son 
rebond récent dans les sondages nationaux qui lui laisse espérer 
une inversion des courbes. 
    Selon la dernière étude Reuters/Ipsos publiée vendredi, il 
ne compte plus qu'un point de retard sur son adversaire. 
  
    La moyenne Real Clear Politics le donne lundi à quatre 
points de la démocrate, à 46,1% pour Clinton contre 42,1% pour 
lui. Le 9 août dernier, l'écart frôlait les huit points. 
    "Les évolutions de tendance sont la chose importante à 
observer", note Jason Miller, un de ses collaborateurs. "Le 
problème du côté de Clinton, c'est qu'aucune information 
positive n'émane de sa campagne", poursuit-il. 
    Ces derniers temps, la candidate démocrate a réduit ses 
apparitions publiques, se concentrant sur des collectes de fonds 
auprès des cercles de donateurs de la côte Est en villégiature 
sur l'île de Martha's Vineyard ou dans les Hamptons ou au côté 
des célébrités à Los Angeles et des stars de la high tech de la 
Silicon Valley. Son équipe de campagne a annoncé qu'elle avait 
récolté 143 millions de dollars en août. 
    Mais ce faisant, elle a laissé de l'espace à son adversaire 
tandis que la publication par le FBI d'une synthèse de son 
audition dans l'affaire des courriers électroniques la plaçait 
de nouveau sur la défensive. 
    Il est lui reproché d'avoir enfreint les règles en utilisant 
son compte de messagerie privé lorsqu'elle dirigeait la 
diplomatie américaine, entre janvier 2009 et janvier 2013. 
     
    VOIR AUSSI 
    Le CALENDRIER des débats présidentiels:   
    LE POINT sur la campagne:   
 
 (avec Amanda Becker à Washington; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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