USA2016-Après une semaine de controverse, Trump veut rebondir sur l'économie

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    * La polémique avec les époux Khan a fait chuter le candidat 
républicain dans les sondages 
    * Trump est également à la traîne dans certains "Swing 
States" 
    * Son équipe de campagne amorce un recentrage sur son 
programme économique 
 
    par Susan Heavey 
    WASHINGTON, 5 août (Reuters) - Au terme d'une semaine de 
fortes turbulences, Donald Trump a annoncé vendredi la 
constitution d'une équipe de conseillers qui se consacreront 
spécifiquement aux questions économiques et inscrit à son agenda 
de lundi un discours sur son plan de relance de la croissance 
américaine. 
    Depuis la convention démocrate de Philadelphie, le candidat 
républicain s'est enferré dans une polémique avec les parents 
d'un capitaine d'origine pakistanaise de l'armée américaine mort 
au combat en Irak en 2004 qui l'ont accusé de n'avoir jamais 
fait de sacrifice.   
    La controverse, à trois mois à peine de l'élection 
présidentielle, l'a fait glisser dans les sondages et ravivé la 
contestation interne, plusieurs élus du Parti républicain 
prenant leurs distances avec lui, comme Paul Ryan, président de 
la Chambre des représentants, ou Chris Christie, gouverneur du 
New Jersey, quand ils ne l'accusaient pas de diffamation, à 
l'image de John McCain, sénateur de l'Arizona et adversaire de 
Barack Obama en 2008. 
    Richard Hanna, élu de New York à la Chambre des 
représentants, est devenu lui le premier élu républicain du 
Congrès à annoncer qu'il voterait Hillary Clinton le 8 novembre. 
    Tandis que Barack Obama et la candidate démocrate martèlent 
qu'il n'est pas qualifié pour présider les Etats-Unis, le magnat 
new-yorkais de l'immobilier a vu sa cote reculer dans les 
sondages. 
    D'après une enquête Wall Street Journal/NBC News, Clinton 
dispose désormais de neuf points d'avance sur lui, à 47% contre 
38%. Un sondage Fox News mesurait cette semaine un écart de dix 
points en faveur de l'ex-secrétaire d'Etat (2009-2013) et le 
site RealClearPolitics, dans la dernière livraison de sa moyenne 
des sondages, donne 6,8 points d'avance à la démocrate. 
    Clinton prend également les devants dans les sondages sur 
les intentions de vote en Floride, en Pennsylvanie ou dans le 
Michigan, qui appartiennent à la catégorie des "Swing States", 
ces Etats clefs où se décidera l'issue de la course à la Maison 
blanche du fait de la spécificité du mode de scrutin aux 
Etats-Unis, où le président est élu par des grands électeurs 
désignés Etat par Etat. 
    Au sortir de la convention républicaine de Cleveland qui l'a 
officiellement investi et tandis que les démocrates se 
réunissaient pour leur propre convention, à Philadelphie, Donald 
Trump était en tête dans les intentions de vote avec une avance 
moyenne légèrement supérieure à un point. C'était le 27 juillet 
dernier. 
     
    REVENIR AUX THÈMES DE LA CAMPAGNE 
    Face au trou d'air qui a coïncidé avec sa polémique avec les 
époux Khizr et Ghazala Khan, nombre de républicains l'ont 
exhorté à modifier le cours de sa campagne. 
    Ils redoutent non seulement un nouvel échec dans la course à 
la Maison blanche, qui serait le troisième depuis 2008, mais 
aussi que Trump n'entraîne dans sa chute les candidats 
républicains au Congrès, où le Grand Old Party est pour l'heure 
majoritaire dans les deux chambres. 
    La totalité des sièges de la Chambre des représentants et le 
tiers du Sénat seront renouvelés le 8 novembre, parallèlement à 
la présidentielle. 
    En annonçant la création de ce conseil d'experts économiques 
et le discours de lundi à Detroit, l'équipe de campagne de Trump 
tente de tourner la page et de revenir au coeur de ses thèmes de 
campagne. 
    Parmi les membres de ce panel figurent Dan DiMicco, ancien 
dirigeant du secteur de la sidérurgie, Howard Lorber, PDG de la 
compagnie Vector, présente dans le tabac, ainsi que des gérants 
de fonds spéculatifs, John Paulson et Steve Feinberg, et Stephen 
Moore, du Club for Growth, qui milite pour une baisse de la 
fiscalité. 
    "Le discours de M. Trump se focalisera sur les moyens de 
rendre le pouvoir aux Américains en libérant les instruments 
nécessaires pour que chacun gagne sur le plan économique", 
annonce son équipe de campagne. 
    "Il contrastera nettement avec les prescriptions de Clinton 
en faveur de ces mêmes politiques fédérales périmées et lourdes 
qui ont étouffé la croissance américaine et conduit à plus de 
quarante années de stagnation des salaires." 
 
 (avec Emily Stephenson; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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