USA/Turquie-Aucun accord sur une zone-tampon en Syrie

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(Actualisé, frappe française, § 11) WASHINGTON, 1er décembre (Reuters) - Les Etats-Unis discutent avec Ankara d'une série de propositions en vue de sécuriser la frontière entre la Turquie et la Syrie, notamment par l'instauration d'une zone-tampon ou d'une zone d'exclusion aérienne, mais des divergences subsistent et aucune décision n'a été prise, a déclaré lundi Jen Psaki, porte-parole du département d'Etat américain. "Il y a des discussions en cours sur une série de propositions avancées par la Turquie et qui revêtent plusieurs formes (...) mais il y a toujours des divergences et aucune décision n'a été prise en vue d'une mise en oeuvre", a-t-elle dit. Le Pentagone a lui aussi évoqué les discussions en cours avec les Turcs mais s'est montré sceptique quant à la création d'une zone-tampon à la frontière syro-turque. "Pour le moment, nous ne croyons pas qu'une zone-tampon soit la meilleure façon de soulager la crise humanitaire dans le nord de la Syrie", a dit le colonel Steve Warren, porte-parole du département américain de la Défense. "Mais les Turcs sont des alliés, des partenaires et des amis, et nous discutons avec eux des moyens d'aller de l'avant." Selon le Wall Street Journal (WSJ) de lundi, Washington et Ankara seraient sur le point de s'entendre sur l'utilisation des bases turques par l'aviation américaine dans le cadre de la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI). En échange, ajoute le WSJ, une zone d'exclusion aérienne serait décrétée du côté syrien de la frontière pour mettre les réfugiés et certaines composantes de l'insurrection à l'abri des forces fidèles à Bachar al Assad. Selon le WSJ, la Turquie a autorisé 2.000 membres de l'opposition syrienne à suivre un entraînement militaire sur son territoire et a dépêché des membres des forces spéciales en Irak pour former des peshmergas kurdes. Le journal ajoute qu'Ankara pourrait faire valoir son droit à l'autodéfense auprès des Nations unies pour justifier la mise à disposition de ses bases aériennes, ce qui permettrait à d'autres Etats-membres de l'Otan de les utiliser pour bombarder les positions de l'EI. Le Commandement central (Centcom) américain a annoncé lundi que les forces de la coalition conduite par les Etats-Unis avaient mené depuis vendredi 28 raids aériens contre l'EI en Irak et 27 en Syrie. Deux avions de chasse français Rafale ont bombardé lundi matin une position de l'EI au sud-ouest du mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, a annoncé le ministère de la Défense à Paris. Le vice-président américain a effectué la semaine dernière une visite en Turquie pour tenter d'aplanir les divergences concernant la lutte contre l'Etat islamique. Joe Biden a toutefois quitté Ankara sans avoir obtenu la garantie d'une coopération militaire. (Lesley Wroughton, Phil Stewart et Susan Heavey; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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  • birmon le lundi 1 déc 2014 à 22:03

    On répète que les Turcs sont "des alliés, partenaires et amis" pour s'en convaincre mais la position de la Turquie est très ambiguë. Cet "allié" n'est pas sûr pour l'Otan, Pas plus que la France d'ailleurs.