USA-Trump vainqueur surprise de l'élection présidentielle

le , mis à jour à 12:36
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 (édité tout du long avec précisions, réactions) 
    par Steve Holland et John Whitesides 
    WASHINGTON, 9 novembre (Reuters) - Le républicain Donald 
Trump a remporté mardi l'élection présidentielle américaine, 
déjouant tous les pronostics et les derniers sondages qui 
prédisaient la victoire de son adversaire démocrate Hillary 
Clinton. 
    Le succès de l'homme d'affaires new-yorkais de 70 ans, qui 
deviendra le 20 janvier le 45e président des Etats-Unis et 
succédera à Barack Obama à la Maison blanche, met fin à huit 
années d'administration démocrate et place la première puissance 
mondiale sur une voie nouvelle et incertaine. 
    Au bout d'une longue nuit électorale, la victoire du 
milliardaire a été annoncée mercredi vers 07h30 GMT lorsqu'il 
est apparu que Donald Trump avait réuni plus de 270 grands 
électeurs sur 538, la majorité absolue requise pour accéder à la 
présidence.  
    Les républicains conservent parallèlement le contrôle de la 
Chambre des représentants et du Sénat. 
    Hillary Clinton a téléphoné à son rival pour concéder sa 
défaite et le féliciter.  
    S'exprimant à son QG au milieu de la nuit, le nouveau 
président élu des Etats-Unis a lancé un appel à l'unité au terme 
d'une campagne qui a mis en lumière des divisions profondes de 
la société américaine. 
    "Il est temps pour nous de nous rassembler", a-t-il déclaré. 
"Je serai le président de tous les Américains." 
    Devant la Maison blanche, quelque 400 à 500 personnes se 
sont rassemblées, beaucoup choquées ou en larmes, en brandissant 
des banderoles contre le racisme ou affirmant "L'amour surpasse 
la haine" (Love trumps hate).  
    Donald Trump, qui n'avait cessé pendant la campagne de 
dénoncer "Hillary la véreuse" et de réclamer qu'elle soit jetée 
en prison, dit avoir remercié sa rivale pour son action et une 
campagne durement menée.  
     
    CLINTON MUETTE 
    Au QG démocrate, situé à quelques km de là, les visages de 
partisans sûrs de la victoire de Clinton se sont décomposés au 
fur et à mesure de la proclamation des résultats. 
    L'ancienne secrétaire d'Etat n'a pas pris la parole en 
public et s'exprimera mercredi dans la matinée (heure 
américaine). 
    Le candidat républicain a bâti son succès en remportant la 
quasi-totalité des Etats clés ("swing states") tels que la 
Floride, l'Ohio ou la Caroline du Nord et en ravissant à sa 
rivale des bastions démocrates comme le Wisconsin qui n'avait 
pas voté républicain depuis 1984. 
    Magnat de l'immobilier, il a obtenu le soutien massif de 
l'électorat ouvrier blanc peu diplômé en promettant d'être le 
"plus grand président de l'emploi que Dieu ait jamais créé".  
    Dans son discours de victoire, il a déclaré avoir en tête un 
grand projet économique pour reconstruire les infrastructures 
américaines et doubler la croissance du pays. 
    Une enquête de Reuters/Ipsos sur l'Election Day montre 
également qu'Hillary Clinton n'a pas réussi à rassembler sur son 
nom un grand nombre d'électrices, malgré les propos misogynes 
tenus tout au long de la campagne par son adversaire. Elle ne 
gagne le vote féminin qu'avec une avance d'environ sept points, 
autant que Barack Obama en 2012.  
    Et même si Clinton a remporté le vote hispanique, noir et 
jeune, elle a été loin d'obtenir les mêmes écarts qu'Obama lors 
de sa réélection. A titre d'exemple, la candidate démocrate a 
été soutenue par 80% des électeurs noirs de 35-54 ans, contre 
près de 100% pour Obama en 2012.  
     
    "AMERICA FIRST" 
    La victoire de Trump soulève un grand nombre de questions à 
l'intérieur comme à l'extérieur des Etats-Unis. Fidèle à son 
slogan "America First" (L'Amérique d'abord), l'homme d'affaires 
a fait campagne sur la promesse d'appliquer une politique 
isolationniste et protectionniste. 
    Donald Trump n'a jamais exercé de mandat électif et on ne 
sait pas quelles seront ses relations au Congrès avec le Parti 
républicain, qu'il a laissé profondément divisé.  
    Durant la campagne, le milliardaire a peint un sombre 
tableau de l'Amérique, malmenée par la Chine, le Mexique, la 
Russie ou le groupe Etat islamique, et affirmé vouloir "rendre 
sa grandeur" au pays. 
    Donald Trump veut renégocier les accords commerciaux des 
Etats-Unis et promet de renouer des relations de bonne entente 
avec le président russe Vladimir Poutine, qui a souhaité 
coopérer avec la nouvelle administration "pour restaurer des 
relations russo-américaines en crise".  
    Les dirigeants de l'Union européenne ont invité le président 
élu à un sommet dès qu'il le pourra, en jugeant primordial de 
préserver de bonnes relations transatlantiques.  
    Certaines capitales n'ont pas caché leur désarroi face à 
l'élection d'un dirigeant au caractère réputé imprévisible.  
    La ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen a 
parlé de "choc énorme" tandis que le chef de la diplomatie 
française Jean-Marc Ayrault a exprimé "bien des inquiétudes". 
    Tous les partis d'extrême droite en Europe se sont félicités 
de la victoire du milliardaire, qualifié de "pionnier d'un 
courant international autoritaire et chauvin" par le 
vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.    
    Le résultat qui a fait l'effet d'une surprise a été mal 
accueilli dans un premier temps par les places financières.  
    Tokyo a perdu 5,36% en clôture et les Bourses européennes 
ont ouvert en forte baisse mais elles ne se repliaient plus que 
modérément à la mi-journée. 
    Le peso mexicain a en revanche touché des plus bas record et 
un resserrement monétaire n'est pas exclu, Donald Trump ayant 
menacé notamment de mettre un terme à l'accord de libre-échange 
avec le Mexique et affirmé que Mexico devrait financer le mur 
que Donald Trump se propose d'ériger entre les deux pays pour 
endiguer l'immigration.   
     
    VOIR AUSSI 
    PORTRAIT - Trump, le milliardaire contre les élites 
  
 
 (Richard Cowan et Susan Cornwell; Pierre Sérisier et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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