USA-Trump dans l'Indiana pour séduire l'électorat évangélique

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 (Actualisé avec positions de Cruz §§13-14) 
    par James Oliphant 
    INDIANAPOLIS, 2 mai (Reuters) - Sur la route menant à 
l'investiture républicaine, la caravane des primaires fera halte 
mardi dans l'Indiana, où Donald Trump devra s'efforcer de 
séduire l'électorat évangélique américain dont il aura du mal à 
se passer en novembre s'il est désigné en juillet pour porter 
les couleurs du Grand Old Party. 
    L'Indiana, Etat conservateur du Midwest américain, a voté 
républicain à neuf reprises lors des dix derniers scrutins 
présidentiels. Et si Donald Trump y devance largement ses deux 
adversaires, Ted Cruz et John Kasich, dans les intentions de 
vote, ses positions sur le planning familial, l'homosexualité et 
les transgenres soulèvent de nombreuses inquiétudes chez les 
conservateurs en matière religieuse. 
    Un sondage NBC/Wall Street Journal/Marist accorde 49% des 
intentions de vote à Donald Trump contre 34% au sénateur du 
Texas Ted Cruz et 13% au gouverneur de l'Ohio, John Kasich, 
alors que la plupart des précédentes enquêtes prédisaient un 
écart bien moindre entre les deux premiers. 
    Une victoire de Donald Trump dans l'Indiana pourrait avoir 
un impact considérable dans la course à l'investiture et serait 
un baromètre de sa capacité à convaincre dans l'ensemble du pays 
des évangéliques idéologiquement plus proches de Ted Cruz, qui 
est âgé de 45 ans. 
    Le jeune sénateur du Texas, qui conteste à l'homme 
d'affaires new-yorkais sa qualité de républicain, ne manque pas 
une occasion d'exprimer sa foi. 
    Pour Donald Trump, l'enjeu est considérable car s'il est 
désigné candidat du Parti républicain à la convention de 
Cleveland au mois de juillet, il lui faudra convaincre les 
évangéliques de voter pour lui lors de l'élection du 8 novembre, 
faute de quoi un certain nombre d'entre eux pourraient être 
tentés par l'abstention et favoriser le candidat démocrate. 
    "On peut craindre de voir beaucoup d'entre eux rester chez 
eux", souligne Bob Vander Plaats, personnalité évangélique de 
l'Iowa. "Vous ne pouvez pas gagner sans notre base", 
ajoute-t-il. 
     
    L'HISTOIRE DES TOILETTES 
    Beaucoup de sociaux-conservateurs ont été agacés par les 
critiques de Donald Trump sur la loi votée en Caroline du Nord 
qui oblige les transgenres à utiliser les toilettes réservées au 
sexe qui était le leur à leur naissance. 
    "L'histoire des toilettes est centrale pour beaucoup de 
gens", assure Shan Rutherford, pasteur dans l'Indiana. 
    Ce dernier explique avoir été initialement séduit par le 
discours de Donald Trump mais qu'il s'en est peu à peu éloigné à 
cause ses prises de position sur les sujets de société et des 
insultes qu'il a proférées tout au long de sa campagne. Le 
pasteur, qui soutient désormais Ted Cruz, explique qu'en cas de 
duel Clinton/Trump, il pourrait décider de s'abstenir. 
    Le Pew Research Center estime qu'à l'échelle des Etats-Unis, 
45% des électeurs enregistrés sous l'étiquette républicaine se 
qualifient de "born-again" ou "d'évangéliques". Selon Pew, les 
républicains ne sont que 44% à juger que Donald Trump est 
religieux alors qu'ils sont 76% à penser que Ted Cruz l'est. 
    Dans une vidéo de campagne, l'équipe de campagne de Ted Cruz 
place Donald Trump et Hillary Clinton sur un pied d'égalité. 
"Tous les deux soutiennent l'Obamacare. Tous les deux 
soutiennent le financement public du planning familial. Tous les 
deux sont d'accord pour laisser les hommes transgenres entrer 
dans les toilettes des petites filles", dit le clip. 
    Donald Trump, qui est âgé de 69 ans, a déclaré à plusieurs 
reprises que les structures de planning familial avaient permis 
d'aider des millions de femmes, même s'il dit s'opposer au 
financement de ce qui a trait à l'avortement. Sur la question de 
l'utilisation des toilettes, il a jugé que les transgenres 
devaient utiliser celles qu'ils jugent appropriés. 
     
    DANGEREUSE ABSTENTION 
    Vendredi, le gouverneur de l'Indiana Mike Pence, un 
conservateur en matière sociale, a apporté son soutien à Ted 
Cruz. Le gouverneur de l'Indiana a, l'année dernière, signé une 
loi controversée susceptible de permettre aux entreprises de 
refuser de fournir des services aux couples homosexuels. 
    Donald Trump s'est de son côté toujours opposé à ce que les 
entreprises puissent licencier leurs salariés sur la base de 
leur orientation sexuelle, même s'il a critiqué l'année dernière 
la décision de la Cour suprême de légaliser le mariage 
homosexuel. 
    Un sondage Reuters/Ipsos montre que 19% des personnes 
interrogées n'iront pas voter en novembre en cas de duel entre 
Trump et Clinton. Mais, parmi ceux qui se rendent à l'église 
toutes les semaines, la proportion bondit à 28%. 
    Or, une trop forte abstention se ferait au détriment des 
républicains, les tendance démographiques de ces dernières 
années étant favorables au camp démocrate, la base de 
l'électorat du GOP, très majoritairement blanc et âgé, ayant 
tendance à se rétrécir. 
    Eric Houseman, un auxiliaire de santé d'Indianapolis qui 
s'est rendu à un meeting de Ted Cruz, pense que Donald Trump 
paiera le prix de ses maladresses, comme lorsqu'il a en janvier 
évoqué un passage de la Bible relatif aux Corinthiens en se 
trompant sur sa dénomination. 
    "On commence à voir que c'est un beau parleur", commente 
Eric Houseman. 
    Ron Johnson, pasteur de l'Eglise de Living Stones à Crown 
Point, dans le nord de l'Etat, votera républicain mais 
certainement pas pour Donald Trump qui ne partage pas selon lui 
ses valeurs chrétiennes. 
    "Je ne participerai pas à la mise à mort de mon pays", 
lance-t-il. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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