USA-"Sit-in" des représentants démocrates contre les armes

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 (Actualisé avec la tentative des républicains de mettre un 
terme au mouvement de protestation) 
    par Susan Cornwell et Richard Cowan 
    WASHINGTON, 23 juin (Reuters) - Des élus démocrates ont 
organisé un "sit-in" sur le sol de la Chambre des représentants 
mercredi, exigeant que la session parlementaire se poursuive 
jusqu'à ce que les républicains acceptent de procéder à un vote 
sur le contrôle des armes à feu à la suite de la tuerie 
d'Orlando. 
    Aux cris de "Pas de loi, pas de congés", des dizaines d'élus 
démocrates se sont joints à un mouvement de protestation qui a 
commencé vers la mi-séance et qui était toujours en cours malgré 
les manoeuvres des chefs de file républicains pour tenter de 
contourner le "sit-in", qui a entraîné la suspension de la 
séance du jour à la Chambre des représentants. 
    Les républicains ont ainsi dit dans la soirée qu'ils se 
réuniraient à nouveau pour un vote sur une loi de régulation 
financière, tout en proposant de consacrer 1,1 milliard de 
dollars à un programme de lutte contre le virus Zika, des 
procédures visant à faire retrouver un fonctionnement normal à 
la Chambre des représentants. 
    Mais les démocrates se sont engagés à poursuivre leur 
mouvement de protestation. 
    Ils sont furieux que la majorité républicaine au Sénat ait 
une nouvelle fois bloqué des amendements durcissant les 
conditions de vente des armes automatiques après la tuerie dans 
une boîte de nuit homosexuelle d'Orlando, en Floride. 
    Recourant à un mode de protestation peu commun à Washington, 
les élus se sont assis au centre de l'hémicycle et ont refusé 
d'en partir lorsque le président de la séance, le républicain 
Ted Poe, a fait son entrée, contraignant celui-ci à suspendre la 
séance. 
    C'est la première fois depuis août 2008, quand les 
républicains, alors minoritaires, s'étaient assis par terre pour 
exiger un vote autorisant le forage en eaux profondes, que la 
Chambre des représentants est paralysée par un mouvement de 
protestation. 
    Les démocrates exigent qu'un projet de loi sur le contrôle 
des armes à feu soit débattu avant les vacances parlementaires 
qui doivent débuter à la fin de cette semaine et se prolonger 
jusqu'au 5 juillet. 
    La présidente du groupe démocrate à la Chambre des 
représentants, Nancy Pelosi, a assuré que les représentants 
poursuivraient leur sit-in jusqu'à ce qu'un tel texte leur soit 
soumis. 
    "Nous sommes ici pour un bon moment", a-t-elle prévenu. 
     
    UN ÉCHO AU MOUVEMENT DES DROITS CIVIQUES 
    Le républicain Paul Ryan, président de la Chambre des 
représentants, a dit qu'il ne céderait pas aux exigences des 
démocrates, qualifiant leur "sit-in" du "coup publicitaire" et 
s'engageant à ne soumettre aucun texte au vote susceptible de 
remettre en cause les droits constitutionnels des détenteurs 
d'armes à feu. 
    La tuerie d'Orlando, la plus meurtrière du genre dans 
l'histoire américaine, a contraint les parlementaires du Congrès 
à prendre des initiatives mais le rejet lundi par le Sénat de 
quatre propositions visant à renforcer le contrôle des ventes 
d'armes à feu aux Etats-Unis montre le poids politique que 
gardent au Congrès des partisans du droit à porter des armes et 
la National Rifle Association (NRA).  ID:nL8N19D02J  
    Déjà, après le massacre de 20 enfants et six adultes dans 
une école élémentaire de Newton dans le Connecticut en 2012, 
l'administration Obama avait tenté de durcir l'accès aux armes à 
feu mais le Congrès, majoritairement républicain, avait rejeté 
la mesure. 
    Le Congrès n'a passé aucune législation majeure encadrant 
les armes à feu depuis 1994. 
    "Ils (les démocrates) savent que nous ne soumettrons aucun 
projet de loi susceptible de priver les personnes de droits 
garantis par la constitution sans (...) une procédure idoine", a 
déclaré Paul Ryan sur CNN. 
    Cela n'a pas dissuadé les démocrates de rester dans la 
chambre, prononçant des discours éloquents et s'engageant à 
rester toute la nuit. 
    James Clyburn a comparé la mobilisation en faveur du 
contrôle des armes au mouvement des droits civiques des années 
1960, quand la multiplication des sit-ins et des actes de 
désobéissance civile avait poussé le Congrès à légiférer pour 
améliorer la situation des Noirs. 
    Plus de huit heures après le début du mouvement, John Lewis, 
élu démocrate de Géorgie et vétéran du mouvement des droits 
civiques, a exhorté la centaine d'élus rassemblés autour de lui 
à ne "jamais, jamais abandonner". 
    "Il (le grand public américain) veut que l'on fasse quelque 
chose. Nous avons une obligation morale, une mission et un 
mandat pour faire quelque chose", a-t-il dit au beau milieu 
d'applaudissements. 
    Certains membres démocrates du Sénat se sont joints au 
mouvement de leurs collègues de la Chambre des représentants, 
dont Elizabeth Warren, Tim Kaine et Cory Booker, tous pressentis 
comme étant de possibles colistiers d'Hillary Clinton en vue de 
l'élection présidentielle du 8 novembre. 
    Bernie Sanders, adversaire de Clinton dans la primaire 
démocrate, a également fait une apparition. 
    Le président Barack Obama a témoigné de son soutien au 
"sit-in" par un message sur Twitter : "Merci John Lewis de 
prendre la tête du mouvement contre la violence des armes à feu 
au moment où nous en avons le plus besoin. 
    De son côté, Hillary Clinton a dit, également sur Twitter : 
"Voici à quoi ressemble un vrai leadership". 
    Les élus ont recours aux réseaux sociaux pour illustrer leur 
mouvement de protestation, postant des photos et des vidéos, 
après les républicains ont fait éteindre  les caméras vidéo qui, 
en temps normal, témoignent de l'activité de la Chambre des 
représentants. 
 
 (Tangi Salaün et Benoît Van Overstraeten pour le service 
français) 
 
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