USA: Sessions à la Justice, Flynn conseiller à la sécurité

le , mis à jour à 17:36
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 (Ajoute commentaires de Trump) 
    par Steve Holland 
    NEW YORK, 18 novembre (Reuters) - Donald Trump a annoncé 
vendredi son intention de nommer le sénateur républicain Jeff 
Sessions au poste d'Attorney General (ministre de la Justice) 
dans sa future administration et l'ancien général Michael Flynn 
comme conseiller national à la sécurité. 
    Le représentant républicain du Kansas Mike Pompeo prendra la 
tête de la CIA, a ajouté le président élu des Etats-Unis dans un 
communiqué diffusé sur le site de son équipe de transition.  
    Sénateur républicain de l'Alabama, Jeff Sessions, qui aura 
70 ans le mois prochain, a occupé les fonctions d'Attorney 
General de son Etat jusqu'à son entrée au Sénat, en 1997. 
    Donald Trump a assuré que son futur ministre de la Justice, 
un "esprit juridique de classe mondiale", était "grandement 
admiré par les spécialistes du droit".  
    "J'adore le département de la Justice, son personnel et sa 
mission. Je ne peux pas songer à plus grand honneur que de les 
diriger", a réagi l'intéressé dans le même communiqué. 
    Premier membre en exercice de la chambre haute du Congrès à 
soutenir la candidature de Donald Trump, en février dernier, 
Jeff Sessions a dirigé pendant la campagne un groupe chargé de 
conseiller le candidat républicain sur l'international.  
    En le choisissant, le président élu récompense un fidèle 
dont les déclarations intransigeantes voire incendiaires sur 
l'immigration épousent celles du milliardaire. Jeff Sessions 
s'oppose à toute régularisation des sans-papiers et soutient 
avec enthousiasme le projet de construction d'un mur entre les 
Etats-Unis et le Mexique.  
    La nomination de Sessions devra être confirmée par le Sénat. 
En 1986, sa nomination comme juge fédéral avait été rejetée en 
raison de propos racistes qui lui avaient été prêtés. Il s'était 
défendu d'être raciste, tout en accusant des mouvements comme la 
NAACP (Association nationale pour l'avancement des gens de 
couleur) d'être "anti-américains". 
     
    IMPULSIF 
    Ancien directeur de l'Agence du renseignement de la Défense 
(Defence Intelligence Agency), Michael Flynn, 57 ans, a joué un 
rôle clef dans la campagne, prodiguant lui aussi des conseils en 
matière d'affaires internationales.  
    Dans son communiqué, Donald Trump s'est réjoui de l'avoir à 
ses côtés pour "vaincre le terrorisme radical islamiste".  
    Ce général à la retraite estime avoir été injustement écarté 
de la DIA en 2014 pour avoir déclaré ses vérités sur la guerre 
contre l'extrémisme islamiste.  
    Ses détracteurs ont critiqué son style de gestion qui lui a 
valu de se mettre à dos certains de ses subordonnés à la DIA en 
voulant réorganiser l'agence dans la précipitation. Ils 
soulignent que le poste de conseiller national à la sécurité 
exige du doigté et de la diplomatie.  
    Adam Schiff, membre démocrate de la Commission des 
Renseignements de la Chambre des représentants, s'interroge sur 
le tempérament du futur conseiller à la sécurité, estimant que 
Donald Trump aurait besoin de quelqu'un de plus stable et 
"rigoureux dans l'analyse".  
    "Je m'inquiéterais d'avoir un président impulsif flanqué 
d'un conseiller à la sécurité impulsif", a-t-il dit sur CNN.  
    Les déclarations passées de Michael Flynn suggèrent qu'il 
adoptera une approche plus agressive envers l'extrémisme 
islamiste. D'anciens collègues déclarent qu'il est convaincu que 
les Etats-Unis son en train de perdre une guerre mondiale contre 
le djihadisme qui pourrait perdurer sur plusieurs générations. 
    Dans un livre récent qu'il a co-écrit, Michael Flynn 
préconise une politique plus dure contre l'Iran, y compris une 
guerre de propagande pour exposer les ratés de la Révolution 
islamique. Il juge que l'invasion de l'Irak décidée par George 
W. Bush en 2003 a été une erreur stratégique.  
    Partisan comme Trump de liens resserrés avec Israël, il 
plaide aussi en faveur d'une relation plus étroite avec 
l'Egypte. 
     
    "J'AI HÂTE DE REVENIR SUR L'ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN" 
    Les apparitions de Flynn sur la chaîne publique russe RT, en 
particulier l'an dernier lors d'un gala en présence du président 
Vladimir Poutine, ont soulevé certaines interrogations à 
Washington. Mais l'ancien général a également exprimé des doutes 
sur les intentions de Moscou.  
    Elu républicain du Kansas à la Chambre des représentants, 
Mike Pompeo, 52 ans, siégeait à la commission du renseignement 
dans le Congrès sortant et a participé à la commission d'enquête 
sur l'attaque du consulat des Etats-Unis à Benghazi, en 
septembre 2012. 
    Donald Trump a assuré qu'il ferait un directeur de la CIA 
"brillant et opiniâtre".  
    Ancien de l'académie militaire de West Point, officier de 
cavalerie en Europe, selon sa biographie officielle, Pompeo est 
diplômé de l'école de droit de Harvard et a fondé par la suite 
une société aérospatiale spécialisée dans les pièces détachées 
pour les appareils commerciaux et militaires.  
    Dans un tweet écrit mardi, il écrivait, en parlant de 
l'accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015: "J'ai hâte de 
revenir sur cet accord désastreux avec le plus grand Etat 
parrain du terrorisme." 
     
    VOIR AUSSI 
    ENCADRE L'administration Trump prend forme   
 
 (avec Doina Chiacu, Patricia Zengerle et Susan Heavey à 
Washington; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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