USA-Refus d'enchères sur le pistolet qui a tué Trayvon Martin

le
0
    par Daniel Trotta 
    NEW YORK, 14 mai (Reuters) - Deux importants 
commissaires-priseurs américains spécialistes des armes à feu 
ont refusé vendredi d'organiser la vente du pistolet 9 mm avec 
lequel a été tué Trayvon Martin, un jeune Afro-Américain dont la 
mort, il y a quatre ans, avait donné lieu à de vastes 
manifestations aux Etats-Unis. 
    Le vendeur du 9 mm est le meurtrier lui-même, George 
Zimmerman, vigile de quartier bénévole au moment des faits. Il a 
utilisé son arme le 26 février 2012 à Sanford, en Floride, pour 
tuer le jeune homme qui n'était pas armé.  
    Même le commissaire-priseur qui a vendu le revolver utilisé 
pour tuer l'assassin du président John F. Kennedy a déclaré 
qu'il ne voudrait pas de l'objet, même si Zimmerman le lui 
confiait. 
    George Zimmerman a été acquitté en 2013, couvert par les 
lois de légitime défense de l'Etat de Floride. 
    Les deux commissaires-priseurs, Wes Cowan de Cowan's 
Auctions à Cincinnati dans l'Ohio, et James Julia de la société 
James D. Julia Auctioneers à Fairfield, dans le Maine, ont dit 
vendredi avoir reçu des appels de Zimmerman pour organiser la 
vente du pistolet. Tous deux ont refusé de s'en occuper. 
    "L'homme est méprisable et je ne veux rien avoir à faire 
avec son arme", a dit James Julia, tandis que son confrère 
déclarait : "Moralement et éthiquement, non, je ne le ferais 
pas". 
     
    LES LIMITES DE l'ACCEPTABLE 
    Zimmerman, qui n'a pu être joint, a déclaré cette semaine 
sur une chaîne de télévision d'Orlando qu'il ne se laisserait 
pas impressionner par les critiques et qu'il avait le droit de 
vendre son arme. 
    Des opposants à Zimmerman ont organisé de fausses enchères 
en ligne, sur le site United Gun Group, offrant jusqu'à 65 
millions de dollars (57 millions d'euros) vendredi, sous des 
pseudonymes de vendeurs tels que "Racist McShootFace". 
    Le meurtrier avait annoncé jeudi qu'il allait mettre son 
pistolet aux enchères en ligne sur Gunbroker.com.   
    Le collectionneur et vendeur d'armes Herman Darvick a 
rappelé pour sa part, qu'il n'avait eu aucun problème pour 
vendre le Colt de Jack Ruby, avec lequel celui-ci avait tué Lee 
Harvey Oswald, l'assassin du président Kennedy, le 24 novembre 
1963. L'arme a été adjugée pour 220.000 dollars en 1991. 
    Il a toutefois estimé que vendre le pistolet de Zimmerman 
dépassait les limites de l'acceptable. 
    "Non, je n'y toucherai pas", a dit Darvick. "S'il doit finir 
quelque part, c'est dans un musée d'histoire noire-américaine. 
Il ne faut pas qu'il en retire un cent." 
    Le marché des armes historiques est florissant aux 
Etats-Unis, les ventes d'armes anciennes semblant plus 
acceptables, particulièrement dans le cas où elles ont appartenu 
à des figures mythiques, comme Jesse James, ou le couple de 
gangsters Bonnie Parker et Clyde Barrow. 
    Il reste toutefois rare que de telles armes arrivent sur le 
marché. Le fusil qui a servi à tuer John Kennedy est conservé 
aux archives nationales. Le Deringer de John Wilkes Booth, 
assassin du président Abraham Lincoln, est exposé au Ford's 
Theater Museum. 
    Cette dernière arme atteindrait un à deux millions de 
dollars dans des enchères, estime James Julia. Il y a dix ans, 
il a vendu le fusil de la police avec lequel Clyde Barrow a été 
abattu pour 69.000 dollars. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant