USA-Plutôt réduire l'écart de richesse que doper la croissance-Harvard

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par Richard Valdmanis BOSTON, 9 septembre (Reuters) - Réduire les écarts de richesse croissants aux Etats-Unis conditionne davantage la capacité du pays à rester compétitif au niveau international que des mesures pour favoriser la seule croissance de la première économie mondiale, selon une enquête de la Harvard Business School publiée mardi. Cette enquête, menée auprès de 2.716 anciens étudiants de l'université, montre que ces derniers sont d'avis que les entreprises américaines ont retrouvé toute leur compétitivité sur la scène internationale depuis la crise financière. Mais ils estiment également que l'inégalité qui sévit aux Etats-Unis fait peser une menace importante sur cette compétitivité retrouvée. "Les deux tiers des personnes qui ont répondu à l'enquête considèrent que la société américaine doit en priorité traiter les problèmes que sont la hausse des inégalités, la stagnation des classes moyennes, la progression de la pauvreté et une mobilité économique limitée plutôt que de doper la croissance économique dans son ensemble", lit-on dans cette enquête. Les participants à l'enquête, intitulée : "Les défis d'une richesse partagée", voient le un pour cent le plus fortuné de la population américaine capter d'ici 10 ans 41% de la croissance de la richesse du pays, alors qu'il faudrait, selon les anciens étudiants de la Harvard Business School, que cette part ne dépasse pas les 16%. Les écarts de richesse sont devenus un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle en cours aux Etats-Unis, des candidats de premier plan des deux camps politiques en lice les qualifiant de problème majeur. L'enquête menée par Harvard montre que les anciens étudiants de l'université s'inquiètent d'une détérioration à la fois des infrastructures aux Etats-Unis, de la qualité de la force du travail, du système politique, du régime fiscal ou encore des systèmes de soins et d'éducation. "Nombre de facteurs qui déterminent la prospérité future des travailleurs, comme les qualifications et les infrastructures, figurent parmi la liste des atouts du pays sur la voie du déclin", est-il précisé dans le résumé des résultats de l'enquête. Les auteurs de ce document exhortent les responsables politiques et les chefs d'entreprise à contribuer à la réduction des écarts de richesses en renforçant le système d'éducation et les infrastructures de transports. Ils estiment également que les responsables politiques devraient envisager de mesures de redistribution de la richesse via des réformes fiscales et une hausse du salaire minimum. "De telles mesures devraient être étudiées avec sérieux : elles peuvent jouer un rôle non négligeable dans l'augmentation des revenus des travailleurs et des classes moyennes, générer de recettes fiscales plus importantes pouvant être allouées à des investissements et restaurer un sentiment d'équité par rapport à la croissance économique", poursuit l'enquête d'Harvard. Une étude publiée en juillet par l'université de Berkeley (Californie) montre que le un pour cent le plus riche des Américains a capté 55% de la hausse réelle des revenus entre 1993 et 2014. (Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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