USA-New York et le New Jersey durcissent les mesures anti-Ebola

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NEW YORK/WASHINGTON, 25 octobre (Reuters) - Les Etats de New York et du New Jersey ont décrété vendredi le placement obligatoire en quarantaine du personnel de santé de retour des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie de fièvre Ebola, au lendemain de la contamination d'un médecin revenant de Guinée. Ces mesures vont au-delà des restrictions imposées au niveau fédéral par l'administration Obama pour les personnes ayant voyagé au Liberia, en Sierra Leone ou en Guinée, les pays les plus affectés par le virus qui a déjà fait près de 5.000 morts. Les autorités sanitaires tentent de retracer tous les déplacements à New York du docteur Craig Spencer, qui a été testé positif jeudi au virus Ebola après avoir travaillé pendant un mois pour Médecins sans frontières (MSF) en Guinée. La mesure s'applique à tous les travailleurs médicaux de retour de la région et arrivés sur le sol américain aux aéroports internationaux John F. Kennedy à New York et Newark Liberty dans le New Jersey. Une professionnelle de santé qui a soigné des malades en Afrique de l'Ouest et qui est arrivée aux Etats-Unis à l'aéroport de Newark a été placée en quarantaine. Elle ne présentait aucun symptôme à son arrivée à l'aéroport mais a développé de la fièvre vendredi matin, a déclaré le département de Santé du New Jersey dans un communiqué, ajoutant qu'elle avait été hospitalisée à l'hôpital universitaire du New Jersey. "La quarantaine volontaire est presque un oxymore", a estimé le gouverneur de l'Etat de New York Andrew Cuomo, qui avait plus tôt dans la journée cherché à rassurer les New-Yorkais en affirmant que le risque de propagation était faible. "Nous voyons ce qui se passe (...) Vous prenez le métro. Vous prenez le bus. Vous pouvez infecter des centaines et des centaines de personnes." La mesure adoptée par les Etats de New York et du New Jersey voisin a été annoncée lors d'une conférence de presse conjointe avec le gouverneur Chris Christie. Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a convenu que des Etats pouvaient décider d'aller plus loin que les autorités fédérales, a dit Andrew Cuomo. LE DOCTEUR CRAIG SPENCER DANS UN ÉTAT STABLE A Washington, Barack Obama a également cherché à rassurer en prenant dans ses bras dans le Bureau ovale l'infirmière Nina Pham, déclarée guérie vendredi après avoir contracté le virus en soignant un patient libérien à Dallas. ID:nL6N0SJ456 Décréter une quarantaine obligatoire pour le personnel de santé de retour des trois pays africains les plus touchés est l'une des nombreuses options actuellement discutées au sein de l'administration, a déclaré à Reuters le porte-parole CDC, Tom Skinner. L'administration Obama a adopté une série de mesures pour prévenir la propagation du virus aux Etats-Unis sans aller jusqu'à imposer une restriction de circulation aux personnes de retour du Liberia, de Sierra Leone ou de Guinée, comme le réclame une partie de la classe politique. Les Etats-Unis font transiter les voyageurs revenant de ces pays par cinq aéroports, dont JFK et Newark, où ils subissent des contrôles spécifiques et doivent être en contact avec les autorités sanitaires pendant les 21 jours de la période d'incubation du virus. Le porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest n'a pas souhaité évoquer la possibilité d'une quarantaine décrétée au niveau fédéral. Un haut responsable de l'administration a déclaré qu'il était important pour les Etats-Unis de prendre des mesures "coordonnées" et que des responsables s'étaient réunis dans la matinée de vendredi. Aucune décision n'a encore été prise sur cette question, a-t-il dit. A New York, Mary Travis Bassett, la commissaire à la Santé de la ville, a déclaré que le docteur Craig Spencer, 33 ans, était hospitalisé dans un état stable à l'hôpital Bellevue. Il communique avec sa famille et ses amis par téléphone. Il est le premier cas recensé à New York et la neuvième personne atteinte par le virus soignée aux Etats-Unis. Trois personnes ayant été en contact direct avec lui sont toujours en quarantaine et en bonne santé, ont dit des responsables. Près de 5.000 personnes sont mortes depuis mars après avoir contracté le virus Ebola, selon le dernier bilan en date de l'OMS qui fait état de près de 10.000 cas de contamination. (Ellen Wulfhorst et David Morgan, Mathilde Gardin pour le service français)

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