USA-Les classes moyennes au coeur du discours sur l'état de l'Union

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par Steve Holland WASHINGTON, 20 janvier (Reuters) - Barack Obama s'apprête à défier le Congrès américain mardi lors de son discours sur l'état de l'Union au cours duquel il va proposer une hausse des impôts censée soutenir les classes moyennes qui risque d'enflammer le débat politique et de déborder sur la campagne électorale pour l'élection de 2016. Le président américain va proposer aux élus du Congrès, majoritairement républicain depuis novembre, 320 milliards de dollars (276 milliards d'euros) de hausses d'impôts sur 10 ans, visant en particulier les plus aisés et la finance. Le Grand Old Party, qui contrôle les deux chambres du Congrès depuis les dernières élections de mi-mandat, n'a pas l'intention d'accepter la moindre hausse d'impôt et il entend au contraire combattre les projets de la Maison blanche. "Ce plan dont nous allons entendre parler ce soir semble davantage axé sur la redistribution, non sans compliquer les choses, et sur la lutte des classes, la promotion des créations d'emploi dans les petites entreprises, que sur la réforme fiscale", a déclaré le sénateur républicain Orrin Hatch, chargé des questions fiscales au Sénat. Barack Obama entend de son côté soutenir ceux qui n'ont pas pu monter dans le wagon de la reprise économique après la crise financière de 2008. Il prononcera son discours à 21h00 (02h00 GMT mercredi) devant les deux chambres réunies en séance plénière à la Chambre des représentants. "Maintenant que la crise financière est derrière nous, (...) comment faire en sorte que tout le monde profite de cette économie en croissance", demande le président américain dans une vidéo publiée sur Youtube. REGAIN DE POPULARITÉ Des études d'opinion montrent un rebond de la popularité du président, avec notamment près d'un Américain sur deux qui approuve sa politique économique, un niveau sans précédent depuis son arrivée dans le bureau ovale. Certains responsables de la Maison blanche veulent croire que les républicains, qui doivent eux aussi se pencher sur le sort de la classe moyenne et montrer qu'ils sont capables de gouverner, seront à même de faire des compromis sur certains aspects du projet présidentiel. "Si les républicains ont d'autres idées sur les classes moyennes, allons-y. Pour l'instant, nous n'avons rien entendu de tel, mais nous sommes ouverts au débat", a déclaré Denis McDonough, secrétaire général de la Maison blanche dans un entretien accordé à NBC. Les propositions de Barack Obama sont en outre susceptibles de nourrir le débat parmi les prétendants à sa succession en 2016, une campagne qui vient à peine de commencer. Les idées qu'il exposera ce mardi seront au programme de ses déplacements prévus mercredi dans les Etats de l'Idaho et du Kansas. Il a passé les deux dernières semaines à distiller les idées qu'il exposera lors du discours sur l'état de l'Union, sur les questions de la sécurité informatique et l'investissement dans les projets d'équipements. Le président aura également l'occasion d'évoquer le dossier de la guerre que mènent les Etats-Unis contre le terrorisme islamiste, deux semaines à peine après la mort de 17 personnes à Paris dans des attentats réalisés par des djihadistes. Il en profitera enfin pour défendre sa décision de normaliser les relations américano-cubaines. Il pourra compter sur le soutien d'Alan Gross, libéré en décembre par La Havane après cinq ans passés sous les barreaux et qui comptera parmi les invités particuliers de la première dame, Michelle Obama. (Nicolas Delame pour le service français)

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