USA-Les anti-Trump veulent se mobiliser sur la durée

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 (Actualisé avec précisions sur les tirs à Portland, 5e 
paragraphe) 
    par Javier Galeano 
    MIAMI, Floride, 12 novembre (Reuters) - Les manifestants 
anti-Trump, qui sont entrés vendredi dans leur troisième journée 
de mobilisation dans plusieurs villes des Etats-Unis, assurent 
préparer un mouvement de longue haleine pour s'opposer à Donald 
Trump et au Congrès à majorité républicaine dans les quatre 
prochaines années. 
    Vendredi soir, les rues de Miami et d'Atlanta ont vu des 
manifestants défiler tandis qu'à New York, des rassemblements 
ont à nouveau eu lieu à Washington Square et devant la Trump 
Tower, sur la cinquième avenue, où habite le futur président 
américain, vainqueur surprise de l'élection de mardi. 
    D'autres manifestations ont été signalées à Philadelphie, à 
San Francisco, à Los Angeles ou encore à Portland dans l'Oregon. 
    A Portland, des protestataires ont lancé des objets en 
direction des policiers anti-émeutes. Dans les rues de Los 
Angeles, ils étaient des centaines à paralyser la circulation 
sur certains axes en scandant : "Nous rejetons le président 
élu!"  
    Un homme a été blessé par balles pendant la manifestation de 
Portland, alors que, en compagnie de plusieurs dizaines d'autres 
protestataires, il franchissait le pont Morrison. Selon la 
police, un homme est sorti d'un véhicule sur le pont et a ouvert 
le feu. La victime a été hospitalisée mais ses jours ne sont pas 
en danger. Le suspect, quant à lui, est toujours en fuite, a 
ajouté la police. 
    Jeudi, les rassemblements, essentiellement composés 
d'adolescents et de jeunes adultes, semblaient faiblir par 
rapport à mercredi soir, malgré des incidents constatés à 
Portland et à Oakland.   
    Ce samedi, de nouveaux rassemblements sont prévus à New York 
et à Los Angeles, tandis qu'à Washington, une manifestation est 
déjà organisée pour le jour de l'investiture de Donald Trump, le 
20 janvier. Mais ce n'est que le début, préviennent plusieurs 
organisateurs dans une série d'interviews. 
    Al Sharpton, célèbre figure new-yorkaise de la cause des 
Noirs aux Etats-Unis, estime que les manifestants devront 
emprunter aux républicains les techniques d'obstruction 
utilisées contre le gouvernement Barack Obama. 
     
    S'INSCRIRE DANS LA DURÉE 
    Citant en exemple le mouvement du Tea Party comme celui qui 
aura amené l'homme d'affaires républicain à la Maison blanche, 
Al Sharpton prévoit de lancer dès samedi une nouvelle initiative 
 dans le cadre du National Action Network, le mouvement des 
droits civiques qu'il a fondé. 
    "Nous n'allons pas être aussi affreux qu'eux, mais nous 
allons être tout aussi persévérants", a-t-il déclaré.  
    T.J. Wells, ancien volontaire de la campagne Clinton et 
organisateur d'une manifestation jeudi soir devant le Trump 
International Hotel à Washington, près de la Maison blanche, 
espère que le succès de ses premières manifestations spontanées 
s'inscrira dans la durée. 
    "Du jour de son investiture à celui où il sera démis de ses 
fonctions, nous devons nous assurer que, s'il y a quelque chose 
qu'il veut faire passer, avec laquelle la majorité des 
Américains qui ont voté pour Hillary Clinton ne sont pas 
d'accord, nous soyons fermes là dessus". 
    Des milliers de femmes, inquiètes des conséquences sur leurs 
droits de l'élection de Trump, prévoient une grande marche à 
Washington au lendemain de son entrée en fonction, le 21 
janvier, ont annoncé vendredi les organisateurs. 
    Sur Facebook, la "Million Women March" a réuni 35.000 
personnes dans les 24 heures suivant sa création, selon un des 
ses organisateurs à New York, Bob Bland. 
    Sur le front environnemental, les associations projettent 
également d'être actives contre Trump pendant les quatre 
prochaines années, dans une posture défensive pour préserver a 
minima les acquis du gouvernement de Barack Obama. 
    "Nous serons au Congrès, dans les tribunaux, dans les salles 
de conférences et dans les rues", assure Gene Karpinski, 
président de la League of Conservation Voters, un lobby de 
défense de l'environnement basé à Washington, soutien et mécène 
des démocrates en 2016. 
    Donald Trump s'est proposé pendant sa campagne de revenir 
sur l'accord de Paris, relancer les énergies fossiles aux 
Etats-Unis et a désigné un climato-sceptique notoire, Myron 
Ebell, en vue de réformer l'Environmental Protection Agency 
(EPA), agence gouvernementale chargée de la sauvegarde de 
l'environnement. 
 
 (avec Scott Malone; Julie Carriat et Eric Faye pour le service 
français) 
 
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