USA-Le policier de Ferguson ne sera pas poursuivi

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(Actualisé avec incidents, réaction d'Obama) par Daniel Wallis et Ellen Wulfhorst CLAYTON/FERGUSON, Missouri, 25 novembre (Reuters) - Le policier à l'origine du décès d'un jeune Noir en août dernier à Ferguson, aux Etats-Unis, ne sera pas inculpé. La décision, prise par un grand jury, a été annoncée lundi soir par le procureur du comté de St Louis, Bob McCulloch. Les jurés, a-t-il dit, "ont estimé qu'il n'existait pas de raison suffisante pour engager des poursuites contre l'agent Wilson". La mort de Michael Brown, 18 ans, mortellement blessé par le policier blanc Darren Wilson alors qu'il n'était pas armé, avait provoqué plusieurs nuits d'émeutes dans cette commune de la grande banlieue de St Louis, dans le Missouri. A l'annonce de la décision, des groupes d'habitants en colère ont parcouru les rues de Ferguson et des incidents ont été signalés, notamment devant le commissariat de la ville. La famille de Michael Brown s'est déclarée "profondément déçue" par la décision du grand jury, composé de neuf jurés blancs et trois jurés noirs, tout en appelant au calme. "Tout en comprenant que beaucoup d'autres partagent notre peine, nous demandons que vous exprimiez votre frustration par des moyens qui apporteront un changement positif", a déclaré la famille Brown par le biais de ses avocats. Les proches de la victime militent notamment pour que les policiers portent des caméras individuelles afin d'éviter des bavures. Le président Barack Obama a également pris publiquement la parole pour exhorter les habitants de Ferguson à réagir dans le calme et inviter la police à agir avec retenue. "Notre pays s'est construit sur le règne du droit et nous devons accepter cette décision du grand jury", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse télévisée. "Nous devons admettre que le cas de Ferguson est emblématique des défis plus grands que notre pays doit encore affronter. Dans trop d'endroits de ce pays, une méfiance profonde subsiste entre la police et les communautés de couleur", a ajouté le premier président afro-américain des Etats-Unis. Devant le commissariat central de Ferguson, des cris de colère ont fusé parmi une foule de plusieurs centaines de personnes. "Assassins, vous n'êtes que des assassins. De sales assassins!", a lancé une femme aux policiers anti-émeute. Des pierres et divers projectiles ont été jetés en direction des forces de l'ordre et des coups de feu ont retenti, malgré les efforts d'une partie des manifestants pour maintenir le calme. Les policiers ont par la suite tiré des cartouches de gaz lacrymogène. MANIFESTATIONS Des militants de la cause afro-américaine avaient annoncé leur intention de manifester devant le commissariat et devant le tribunal de Clayton, où siégeait le grand jury à 13 km de là, quelle que soit la décision du grand jury, estimant que cette affaire illustre les tensions qui minent les relations entre la police et la communauté noire aux Etats-Unis. Des manifestations de solidarité étaient également prévues dans des villes comme New York, Chicago ou Greensboro en Caroline du Nord. Le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, a mobilisé la Garde nationale et renforcé la présence policière à Ferguson, une ville majoritairement noire de 21.000 habitants. Cette décision a été critiquée par des militants, qui soulignent que la réponse brutale de la police lors des premiers incidents d'août dernier n'a fait qu'envenimer la situation. Le grand jury était réuni depuis la fin août sur cette affaire. Il a entendu 60 témoins convoqués par les procureurs ainsi qu'un médecin privé engagé par la famille Brown pour examiner les tirs mortels. Au total, le grand jury a passé 25 jours sur le dossier et entendu plus de 70 heures de témoignages. Selon Bob McCulloch, beaucoup de témoignages ne corroboraient pas les constatations physiques. "Beaucoup de témoins ont reconnu qu'ils n'avaient pas assisté à la fusillade", a-t-il dit. Michael Brown est soupçonné d'avoir volé des cigares dans une épicerie de quartir peu avant son décès. Il marchait en compagnie d'un ami quand il a été abordé par le policier, qui n'était pas informé du vol. Les avocats de la famille de la victime déclarent que le jeune homme était prêt à obtempérer quand il a été abattu. Les partisans de Darren Wilson assurent que le policier a eu peur pour sa vie et qu'il a agi en état de légitime défense. Darren Wilson a tiré à douze reprises sur Michael Brown, la dernière balle l'atteignant à la tête, a précisé Bob McCulloch. (Daniel Wallis, Ellen Wulfhorst; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • charleco le mardi 25 nov 2014 à 09:24

    Les USA emblème de justice et de démocratie!!! C'est à vomir.

  • brinon1 le mardi 25 nov 2014 à 08:09

    pensez vous que les journalistes soit "automatiquement" compétent ?