USA-Le PDG de Wells Fargo présente ses excuses au Sénat

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    WASHINGTON, 20 septembre (Reuters) - Le PDG de Wells Fargo 
 WFC.N  a présenté ses excuses mardi pour les pratiques 
douteuses de la banque, notamment l'ouverture de deux millions 
de comptes clients factices qui ont permis à la banque 
américaine de facturer des frais indus pendant plusieurs années 
à une partie de ses clients. 
    "J'assume l'entière responsabilité de ces pratiques de vente 
contraires à l'éthique", a dit John Stumpf devant la Commission 
bancaire du Sénat.  
    Le conseil d'administration de la banque est en train 
d'étudier les mesures à prendre contre ses dirigeants, a-t-il 
expliqué aux sénateurs. 
    Wells Fargo a accepté au début du mois de verser 190 
millions de dollars (170 millions d'euros environ) d'amendes et 
d'indemnités pour avoir créé ces comptes à l'insu des clients 
concernés, une pratique qui permettait à certains de ses 
salariés d'atteindre leurs objectifs commerciaux. 
    Mais sur ces 190 millions, cinq seulement seront consacrés à 
l'indemnisation des clients alors que, selon les parlementaires, 
les "faux" comptes ont pu se traduire pour certains d'entre eux, 
au-delà des frais de tenue de compte, par des coûts indirects, 
lors d'emprunts par exemple. 
    Les banques américaines évaluent en effet la qualité de 
crédit de leurs clients en se basant entre autres sur la 
situation de leurs comptes, ce qui influe sur les taux d'intérêt 
des prêts qu'ils peuvent souscrire. 
    Thomas Curry, Comptroller of the Currency (Contrôleur de la 
monnaie, l'une des autorités de tutelle du secteur bancaire), a 
déclaré au Sénat que ses services envisageaient des mesures 
contre certains dirigeants de Wells Fargo. 
     
    HILLARY CLINTON MET EN CAUSE LE PDG 
    Sherrod Brown, membre démocrate de la commission 
sénatoriale, a accusé Wells Fargo d'avoir exploité ses clients 
et d'avoir tardé à réagir pour mettre fin à ces abus. 
    "J'ai été sidéré lorsque j'ai appris l'ampleur et la durée 
de la fraude", a dit ce sénateur de l'Ohio. 
    Il a souligné que les employés de la banque "falsifiaient 
des signatures, volaient des pièces d'identité, des numéros de 
Sécurité sociale et l'argent durement gagné de leurs clients 
pour conserver leurs emplois mal payés et faire gagner de 
l'argent aux dirigeants bien payés de Wells Fargo." 
    D'anciens salariés ont rapporté qu'ils subissaient de très 
vives pressions pour multiplier les comptes de chaque client. 
    Wells Fargo a reconnu que ses pratiques abusives avaient 
duré plus de cinq ans. Le groupe a licencié 5.300 personnes en 
lien avec l'affaire. 
    Les pratiques frauduleuses ont été identifiées dès 2011 mais 
les dirigeants de la banque n'ont réalisé l'étendue du problème 
qu'au début de 2015, s'est défendu John Stumpf. 
    Dans une lettre aux clients de la banque rendue publique 
mardi, Hillary Clinton a déclaré: John Stumpf "nous doit tous 
une explication claire sur la façon dont tout cela a pu se 
produire sous sa direction". 
    La candidate démocrate à la présidence, qui a été accusée 
pendant les primaires de représenter les intérêts de Wall 
Street, a dit vouloir un terme à ce qu'elle appelle "la culture 
de la mauvaise gestion et de l'imprudence" dans le système 
bancaire. 
    Son projet prévoit notamment de "récupérer" les 
rémunérations des dirigeants impliqués dans des pratiques 
frauduleuses et de démanteler les banques mal gérées. 
    L'équipe de campagne de son rival républicain, Donald Trump, 
n'a pas répondu dans l'immédiat à des demandes de commentaires 
sur le dossier Wells Fargo.  
     
 
 (Patrick Rucker à Washington et Dan Freed à New York; Juliette 
Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 

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