USA-Le "caucus" de l'Iowa donne le coup d'envoi des primaires

le , mis à jour à 04:20
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 (Rpt) 
    * Trump et Cruz ont battu le rappel des électeurs dimanche 
    * Règles de vote différentes pour démocrates et républicains 
    * Un Etat peu peuplé, mais qui a une fonction d'"éclaireur" 
    * L'étape suivante sera la primaire du New Hampshire, le 9 
février 
    * Les primaires s'échelonneront jusqu'au mois de juin 
    * Les conventions éliront les candidats au mois de juillet 
 
    par John Whitesides 
    DES MOINES, Iowa, 1er février (Reuters) - Le long rituel de 
l'élection du président des Etats-Unis débute ce lundi dans 
l'Etat de l'Iowa, où dans plus de 1.100 écoles, églises, 
bibliothèques ou salles de sport, les électeurs vont se réunir 
lors d'un "caucus" et engager le processus de désignation des 
candidats de chaque parti - les primaires qui s'achèveront en 
juin. 
    Ce caucus, dans un Etat qui exerce sur le processus des 
primaires une influence bien supérieure au poids qu'il 
représente en termes de population, débutera à 19h00 locales, et 
les résultats sont attendus deux ou trois heures plus tard.  
    La majeure partie des réunions se tiendront dans des écoles, 
des centres communautaires et autres lieux publics, même si, 
côté républicain, deux réunions auront lieu chez des 
particuliers; côté démocrate, l'une aura lieu dans un club 
équestre. Au total, les républicains vont se réunir dans plus de 
800 endroits de l'Etat et les démocrates dans 1.100 environ. 
    L'Iowa est loin d'être un Etat important en termes de 
population : il n'occupe que le 30e rang aux Etats-Unis. Mais le 
rôle d'"éclaireur" qu'a ce petit Etat du Middle West depuis une 
quarantaine d'années lors des primaires est un sujet de fierté 
pour ses électeurs, qui passent des mois à évaluer les candidats 
et à leur poser des questions. 
    "Les habitants de l'Iowa considèrent que c'est un grand 
privilège et un cadeau de taille. Ils prennent leur rôle très au 
sérieux", déclare Tom Henderson, président du Parti démocrate du 
comté de Polk, où se trouve la plus grande ville de l'Etat, Des 
Moines. 
    Les démocrates ont soutenu dans l'Iowa le candidat qui a 
obtenu par la suite l'investiture, lors des dernières vagues de 
primaires: John Kerry en 2004, et en 2008 Barack Obama, réélu en 
2012 sans qu'il y ait eu de primaires chez les démocrates. 
     
    CLINTON AU COUDE A COUDE AVEC SANDERS 
    En revanche, côté républicain, cela n'a pas été le cas lors 
des dernières élections: en 2008, l'Iowa avait choisi Mike 
Huckabee et en 2012 Rick Santorum. Ni l'un ni l'autre n'obtint 
l'investiture du Grand Old Party. 
    Battant le rappel des électeurs dimanche à la veille du 
caucus, Donald Trump les a exhortés à désigner enfin celui qui 
sera proclamé candidat à la convention républicaine cet été. 
    "Vous avez un palmarès peu glorieux: cela fait 16 ans que 
vous n'avez pas choisi le vainqueur (des primaires). Cette 
fois-ci, je vous en prie, choisissez celui qui l'emportera!", a 
lancé à ses partisans, lors d'un meeting à Council Bluffs, celui 
qui est donné favori dans la course à l'investiture 
républicaine. 
    A Iowa City, Ted Cruz a exhorté 500 de ses partisans à 
participer au caucus pour l'aider à en finir avec la politique 
menée à Washington. "Mobilisez-vous, exprimez-vous en notre 
faveur. Si nous faisons corps, nous l'emporterons!" 
    Les sondages prévoient un match relativement serré côté 
républicain entre l'homme d'affaires Donald Trump et le sénateur 
du Texas Ted Cruz.  
    Une enquête Des Moines Register/Bloomberg News publié samedi 
donnait 28% des intentions de vote à Donald Trump, 23% à Ted 
Cruz, Marco Rubio venant en troisième position avec 15%. 
    Côté démocrate, le même sondage donnait 45% à Hillary 
Clinton, ex-secrétaire d'Etat de Barack Obama, et 42% au 
sénateur du Vermont Bernie Sanders, incarnation de l'aide gauche 
du Parti démocrate. 
     
    CONVENTIONS EN JUILLET 
    Les deux grands partis ont des règles différentes pour 
désigner leurs délégués dans l'Iowa. Celles des démocrates sont 
particulièrement complexes. Lors d'une réunion, ils se 
répartissent par groupes de préférence pour un candidat pour 
manifester publiquement leur soutien à leur chouchou, ce qui 
peut faire pencher la balance au moment du vote. Si à ce vote un 
candidat n'atteint pas le seuil de 15% des électeurs, il est 
éliminé et on revote; les électeurs "libérés" par l'abandon de 
leur préféré peuvent reporter leurs voix sur un autre nom. 
    Les républicains, eux, votent à bulletins secrets. 
    Après l'Iowa, ce sera au tour du New Hampshire de tenir sa 
primaire, le 9 février.  
    L'étape suivante tombera le 20 février, avec le caucus 
démocrate du Nevada et la primaire républicaine de Caroline du 
Sud. Le "super mardi", lui, tombe le 1er mars. Une dizaine 
d'Etats voteront alors, du Texas (155 délégués républicains et 
252 démocrates) à l'Arkansas ou de la Virginie au Massachusetts 
et à la Géorgie. 
    Le 15 mars sera aussi une date importante, puisque cinq 
Etats, dont certains importants, votent alors: Floride (99 
délégués républicains et 246 démocrates), Ohio, Illinois, 
Missouri et Caroline du Nord. 
    Les électeurs de l'Etat de New York seront sollicités le 19 
avril. La primaire de Californie, Etat le plus peuplé des USA, 
qui envoie donc un nombre conséquent de délégués aux conventions 
(172 républicains et 546 démocrates) n'aura lieu que le 7 juin. 
    C'est Washington-DC qui conclura l'exercice avec, le 14 
juin, la primaire démocrate. 
    Ensuite, lors des "conventions" prévues en juillet, chaque 
parti désignera officiellement son candidat, sur la base des 
délégués qui auront été élus lors des caucus et primaires. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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