USA-La tuerie d'Orlando s'invite dans la campagne présidentielle

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 (Actualisé avec discours de Trump, Clinton et conférence de 
presse d'Obama mardi) 
    par Ginger Gibson et Steve Holland 
    WASHINGTON/MANCHESTER, 14 juin (Reuters) - La tuerie 
d'Orlando est devenue lundi le sujet central de la campagne 
présidentielle aux Etats-Unis, le probable candidat républicain 
Donald Trump affirmant que s'il était élu à la Maison Blanche le 
8 novembre, il suspendrait toute immigration issue de pays ayant 
"un passé démontré de terrorisme" contre l'Occident. 
    Le massacre commis dimanche dans une discothèque 
homosexuelle du centre d'Orlando en Floride par un homme ayant 
revendiqué son allégeance au groupe Etat islamique (EI) a coûté 
la vie à 49 personnes.  
    Il est venu cristalliser les divergences entre la candidate 
présumée des démocrates et le candidat probable des républicains 
en matière de sécurité nationale, ce dernier durcissant encore 
davantage sa position anti-musulmans. 
    Donald Trump a annoncé lundi soir à Manchester, dans l'Etat 
du New Hampshire, que, élu, il utiliserait son mandat 
présidentiel pour mettre en place des contrôles plus stricts à 
l'immigration, un des principaux thèmes de sa campagne. 
    "J'utiliserai ce pouvoir pour protéger le peuple américain. 
Quand je serai élu, je suspendrai l'immigration issue de zones 
du monde qui ont un passé démontré de terrorisme contre les 
Etats-Unis, l'Europe ou nos alliés, jusqu'à ce que nous 
comprenions pleinement comment mettre fin à ces menaces", a dit 
le milliardaire de 69 ans. 
    Il a relevé que les parents du tueur, Omar Mateen, un 
Américain de 29 ans, étaient nés en Afghanistan.  
    Rappelant des événements tels que les attentats du 
11-Septembre, Donald Trump a également jugé que les personnes 
ayant des origines pakistanaises, saoudiennes ou somaliennes, 
représentaient une menace. 
    L'homme d'affaires a critiqué le programme de sa concurrente 
Hillary Clinton, déclarant qu'il permettrait à "des centaines de 
milliers de réfugiés du Moyen-Orient" d'entrer aux Etats-Unis 
sans contrôles. 
    Il n'y aurait "aucun système pour les interdire, ou pour 
empêcher la radicalisation de (...) leurs enfants", a-t-il dit. 
"Et pas seulement leurs enfants, d'ailleurs. Ils essaient 
d'enrôler nos enfants et de les convaincre que l'EI c'est 
formidable, et que l'islam est formidable, et nous ne savons pas 
ce qui se passe", a-t-il ajouté. 
    Sa proposition d'interdire l'immigration de ces pays serait 
temporaire, a-t-il insisté, et durerait jusqu'à ce "nous soyons 
en mesure de filtrer ces personnes qui viennent dans notre 
pays". "Ils arrivent en nombre et nous ne savons pas ce que nous 
faisons", a-t-il dit. 
    Hillary Clinton a appelé à ne pas diaboliser les musulmans 
américains. Interpellée par Donald Trump pour sa volonté 
supposée d'accueillir des "centaines de milliers de réfugiés du 
Moyen-Orient", la candidate démocrate a déclaré que "le 
terroriste d'Orlando est certes mort mais le virus qui 
empoisonnait son esprit reste très virulent et nous devons nous 
y attaquer". 
    Donald Trump s'est aussi interrogé sur le refus du président 
américain d'utiliser les termes de "terrorisme radical 
islamique" pour qualifier l'attaque commise par Omar Mateen. 
    Barack Obama prendra la parole mardi à l'issue d'une réunion 
de son conseil à la sécurité nationale consacrée à l'attaque 
d'Orlando et à la stratégie américaine contre l'EI, a annoncé la 
Maison Blanche. 
     
    CLINTON VEUT ÉRADIQUER LA PROPAGANDE ET L'ACCÈS AUX ARMES 
    Pour répondre aux menaces de ce type sur le sol américain 
mais également à l'étranger, Hillary Clinton a prôné une 
multiplication des efforts pour éradiquer la propagande 
djihadiste sur internet. Elle a également appelé à une 
intensification des frappes aériennes sur les fiefs des 
organisations islamistes et à une meilleure coordination avec 
les alliés de Washington au Proche et au Moyen-Orient. 
    Elle a explicitement cité l'Arabie saoudite, le Koweït et le 
Qatar, trois des alliés des Etats-Unis qui autorisent leurs 
ressortissants à financer des mosquées et des écoles coraniques 
susceptibles de former des djihadistes. 
    Dans un discours à Cleveland, Hillary Clinton a également 
appelé à développer les techniques de renseignement.  
    L'ancienne secrétaire d'Etat a par ailleurs proposé un 
renforcement du contrôle sur les ventes d'armes et renouvelé un 
appel en faveur de l'interdiction de telles ventes aux personnes 
faisant l'objet de surveillance pour des motifs terroristes. 
    Elle a rappelé qu'Omar Mateen avait été visé par une enquête 
du FBI mais que cela ne l'avait pas empêché de se procurer 
légalement une arme de poing. Elle a enfin plaidé pour une 
interdiction totale des armes d'assaut. 
    "Il est important que nous empêchions les terroristes 
d'accéder aux instruments dont ils ont besoin pour mener ces 
attaques et cela est particulièrement vrai quand il s'agit 
d'armes d'assaut comme celles utilisées à Orlando et San 
Bernardino", a expliqué Hillary Clinton. 
     
    TRUMP CRITIQUE L'ATTITUDE D'OBAMA 
    Dans un entretien accordé à Fox News, Donald Trump a fait 
mine de s'interroger sur les motivations de Barack Obama pour ne 
pas utiliser l'expression "d'islam radical" à propos de la 
tuerie d'Orlando. 
    "Soit il n'a pas compris, soit il a parfaitement compris et 
personne ne comprend. C'est soit l'un, soit l'autre mais dans 
les deux cas cela n'est pas acceptable", a-t-il estimé. 
    Cette remarque fait écho à une vieille suggestion de Donald 
Trump selon laquelle Barack Obama serait en secret musulman. Le 
président américain est chrétien. 
    "Nous sommes dirigés par un homme qui n'est pas assez ferme, 
qui n'est pas assez malin ou alors il a quelque chose d'autre 
derrière la tête", a affirmé le magnat de l'immobilier. Puis 
prolongeant l'insinuation, il a ajouté : "Et cette chose 
derrière la tête, les gens ne peuvent pas y croire. C'est 
inconcevable". 
    Le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, a refusé 
de répondre aux remarques de Donald Trump les qualifiant 
simplement de "petites" en regard de la tragédie qui s'est 
produite en Floride. 
 
 (Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service français, 
édité par Bertrand Boucey) 
 
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