USA-La croissance ralentit fortement mais devrait repartir

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    * La croissance du PIB a ralenti à 0,5% en rythme annualisé 
au T1 
    * La croissance de la consommation des ménages est tombée à 
1,9% 
    * Stocks, investissement et commerce extérieur ont pesé 
    * Un ralentissement sans doute passager, l'emploi reste 
dynamique 
 
 (Actualisé avec précisions, commentaire, réactions des marchés) 
    par Lucia Mutikani 
    WASHINGTON, 28 avril (Reuters) - La croissance de l'économie 
américaine est tombée au premier trimestre à son plus bas niveau 
depuis deux ans avec le ralentissement de la consommation des 
ménages comme de l'investissement des entreprises, auquel s'est 
ajouté l'impact du dollar fort sur les exportations, montrent 
les statistiques publiées jeudi, mais elle devrait remonter 
rapidement grâce à la bonne santé du marché du travail.  
    Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,5% 
seulement en rythme annualisé, le chiffre le plus faible 
enregistré depuis le premier trimestre 2014, selon la première 
estimation du département du Travail, dont les statistiques 
montrent aussi l'impact négatif de l'effort continu de réduction 
des stocks des entreprises.  
    La première économie mondiale a en outre continué de 
souffrir de la chute des prix du pétrole, qui a contribué à la 
baisse de 5,9% de l'investissement des entreprises, la plus 
marquée depuis le deuxième trimestre 2009, lorsque l'économie 
était encore en récession.  
    Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en 
moyenne une croissance de 0,7% en rythme annualisé après celle 
de 1,4% du dernier trimestre 2015. 
    "Même si la croissance a été faible en début d'année, les 
résultats mitigés correspondent aux tendances saisonnières de la 
dernière décennie. Les prévisions de croissance pour le reste de 
l'année restent solides", a commenté Jim Baird, responsable de 
la stratégie d'investissement de Plante Moran Financial 
Advisors.  
    Le marché obligataire a légèrement progressé après les 
chiffres du PIB mais le dollar n'a pratiquement pas réagi.  
     
    AMÉLIORATION EN VUE 
    Presque tous les secteurs de l'économie ont ralenti ou 
reculé sur janvier-mars, à l'exception de l'immobilier 
résidentiel.  
    Mais ce coup de frein à la croissance sera probablement très 
temporaire au vu de la vigueur de l'emploi. Les demandes 
d'allocations chômage restent en effet proches de leur plus bas 
niveau depuis 1973 et l'économie a créé 209.000 postes par mois 
en moyenne au premier trimestre.  
    Plusieurs enquêtes récentes sur le climat des affaires ont 
en outre rebondi.  
    De son côté, la Réserve fédérale, tout en constatant 
mercredi dans son communiqué de politique monétaire que 
l'économie avait "ralenti", a ajouté que le marché du travail 
s'était "encore amélioré".   
    Certains économistes notent par ailleurs que le modèle 
utilisé par l'administration fédérale pour tenter de corriger 
l'impact des facteurs saisonniers sur les chiffres du PIB ne 
semble pas totalement efficace.  
    La croissance du premier trimestre a été pénalisée par ces 
facteurs saisonniers, climatiques entre autres, au cours de cinq 
des six dernières années.  
    La consommation des ménages, principal moteur de l'économie 
américaine, a augmenté de 1,9% en données annualisées sur 
janvier-mars, sa plus faible progression depuis le premier 
trimestre de l'an dernier, après +2,4% sur octobre-décembre.  
     
    LA CONSOMMATION ET L'INVESTISSEMENT À LA PEINE 
    Leur revenu disponible après impôts et inflation a pourtant 
progressé de 2,9% au premier trimestre après +2,3% sur les trois 
mois précédents, mais il semble que cette hausse ait surtout 
favorisé l'épargne et le désendettement, ce qui pourrait 
favoriser leurs dépenses au cours des prochains mois.  
    La faiblesse de la consommation a donné aux entreprises une 
raison supplémentaire de réduire leurs propres achats et de 
limiter autant que possible leurs stocks: sur le trimestre, la 
valeur de ceux-ci n'a augmenté que de 60,9 milliards de dollars, 
après une hausse de 78,3 milliards sur octobre-décembre.  
    Cette faiblesse de l'accumulation des stocks représente une 
contribution négative de 0,33 point à la croissance du 
trimestre, après -0,22 point au quatrième trimestre. 
    Le commerce extérieur, lui, pénalisé par la vigueur du 
dollar, a amputé la croissance de janvier-mars de 0,34 point. 
Mais cette tendance pourrait s'inverser: le billet vert, après 
s'être apprécié de 20% face aux devises des principaux 
partenaires commerciaux des Etats-Unis entre juin 2014 et 
décembre 2015, a rétrocédé 2,6% en données pondérées des 
échanges depuis le début de l'année.  
    La chute des prix du pétrole a quant à elle nui à 
l'investissement des entreprises: les investissements en 
équipements ont chuté de 8,6% en rythme annualisé au premier 
trimestre, leur plus forte baisse depuis le deuxième trimestre 
2009.  
    Et le recul est plus marqué encore (-10,7%) pour les 
investissements en infrastructures non-résidentielles.  
    Tableau:   
    Les indicateurs américains en temps réel  ECONUS   
  
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 
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