USA-La croissance du 4e trimestre revue en hausse à 1,4%

le , mis à jour à 17:50
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    * Croissance du PIB du T4 révisée en hausse à +1,4% 
    * Dépenses de consommation relevées à +2,4% 
    * Contraction des bénéfices des sociétés américaines 
 
 (Actualisé avec des citations, réaction du dollar, contexte) 
    par Lucia Mutikani 
    WASHINGTON, 25 mars (Reuters) - La croissance économique des 
Etats-Unis a ralenti au quatrième trimestre mais pas autant 
qu'annoncé lors une précédente estimation, des dépenses de 
consommation plus dynamiques qu'on ne le pensait ayant compensé 
l'impact négatif du processus de déstockage des entreprises. 
    Le PIB a augmenté de 1,4% annualisé, en troisième et 
dernière estimation, alors que la précédente estimation donnait 
une croissance de 1,0%, a annoncé le département du Commerce 
vendredi. 
    La toute première estimation ne donnait qu'une croissance de 
0,7%, après 2,0% au troisième trimestre et 2,4% pour l'ensemble 
de 2015. Les économistes interrogés par Reuters attendaient une 
croissance non révisée au dernier trimestre de 2015, de 1,0%. 
    Les dépenses de consommation, qui représentent plus des deux 
tiers de l'activité économique des Etats-Unis, ont augmenté de 
2,4%, au lieu des 2,0% annoncés le mois dernier, en raison d'une 
consommation plus forte qu'estimé auparavant dans les services. 
    Cette vigueur des dépenses de consommation est apte à 
apaiser les craintes de récession, lesquelles avaient provoqué 
une déroute boursière en début d'année. Ceci, couplé à un marché 
de l'emploi dynamique et à une inflation en hausse, plaide pour 
une remontée progressive des taux d'intérêt de la part de la 
Réserve fédérale américaine cette année. 
    "C'est à nouveau le consommateur qui mène la croissance. 
Aucun signe de récession dans ces données, ce qui devrait 
réjouir les responsables de la Fed et jouer en faveur de leur 
politique de poursuite de la normalisation progressive des 
taux", dit Chris Rupkey, économiste en chef de MUFG Union Bank.  
    Un marché de l'emploi tendu, qui permet des augmentations 
salariales régulières, et la hausse des prix immobiliers 
soutiennent la consommation, tout comme la baisse des prix de 
l'essence. 
    Le dollar  .DXY  a réagi en très légère hausse face à un 
panier de devises à cet indicateur. Wall Street et le marché 
obligataire sont fermés pour le Vendredi saint. 
     
    RÉTRÉCISSEMENT DES MARGES 
    Les stocks des entreprises restent toutefois élevés, en 
regard de la demande intérieure. Ils représentait 78,3 milliards 
de dollars (70,14 milliards d'euros), au lieu de l'estimation de 
81,7 milliards donnée le mois dernier. Ils ont retranché 0,22 
point du PIB, au lieu de 0,14 point. 
    Les économistes prévoient une croissance de 1,5% environ 
pour le premier trimestre de cette année mais le risque attaché 
à cette prévision est à la baisse, car les stocks restent 
étoffés et les livraisons de biens d'équipement commandés par 
les entreprises ont été faibles en janvier et en février. 
    Le rapport du PIB ne comporte pas que de bonnes nouvelles: 
les bénéfices des entreprises ont baissé pour le deuxième 
trimestre consécutif, conséquence d'un dollar fort et de prix 
pétroliers déprimés.  
    Les bénéfices après impôt et ajustés de la valorisation des 
stocks et de la consommation de capital ont baissé de 8,4% en 
variation annuelle, leur plus net recul depuis le premier 
trimestre 2014, après une contraction de 1,7% au troisième 
trimestre.  
    Les bénéfices ont diminué de 5,1% sur l'ensemble de 2015, 
plus forte baisse depuis 2008, après un repli de 0,6% en 2014. 
    La baisse des bénéfices au quatrième trimestre s'explique 
aussi par un transfert de 20,8 milliards de dollars lié à la 
marée noire du pétrolier BP dans le Golfe du Mexique en 2010, la 
plus grave jamais survenue au large des côtes des Etats-Unis. 
    "Cette médiocre performance montre des sociétés du secteur 
de l'énergie à la peine avec la baisse des prix pétroliers et 
des entreprises manufacturières affectées par un dollar fort", 
constate Jesse Edgerton, économiste chez JPMorgan.  
    "Mais cela reflète aussi, sans doute, les prémisses d'un 
rétrécissement des marges bénéficiaires à cause de marchés de 
l'emploi plus tendus, des augmentations salariales et d'une 
faible croissance de la productivité", ajoute-t-il. 
    Le dollar s'est apprécié de 10,5% l'an dernier face aux 
devises des grands partenaires commerciaux des Etats-Unis et le 
baril de brut a plongé de plus de 60% par rapport à ses pics à 
plus de 100 dollars atteints en juin 2014.   
    Toutefois, avec le ralentissement de la hausse du dollar 
depuis le début de l'année et le rebond des cours du pétrole, 
les bénéfices des sociétés sont attendus en hausse, ce qui 
devrait contribuer à soutenir la croissance de l'emploi. 
     
    Tableau:   
    Les indicateurs américains en temps réel  ECONUS  
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Juliette 
Rouillon) 
 
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