USA-L'équipe de Trump en défense après la controverse sur l'IVG

le , mis à jour à 22:38
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    * La course à la Maison blanche http://tmsnrt.rs/1ojiJag 
 
    par Megan Cassella 
    WASHINGTON, 31 mars (Reuters) - L'équipe de campagne de 
Donald Trump a cherché jeudi à calmer le jeu après sa sortie 
controversée sur les femmes et l'avortement, expliquant que la 
langue du favori de la primaire républicaine avait fourché 
tandis que ses rivaux en profitaient pour rebondir sur le sujet. 
    Après avoir dit mercredi sur la chaîne de télévision MSNBC 
que les femmes ayant recours à l'avortement devraient être 
punies si la procédure était interdite aux Etats-Unis, le 
milliardaire new-yorkais a fait marche arrière dans l'heure qui 
a suivi. Mais, face au tollé suscité par ses propos, tant chez 
les pro que chez les anti-IVG, son équipe a dû monter au créneau 
jeudi. 
    "Le candidat à la présidentielle a clarifié la chose, non 
pas une fois, mais deux", a fait valoir sur CNN sa porte-parole 
Katrina Pierson. Il s'agit d'une "simple erreur de langage", 
a-t-elle plaidé. 
    Selon elle, le promoteur immobilier est "contre 
l'avortement, avec des exceptions". Elle a présenté les deux 
mises au point publiées par Trump après l'interview accordée à 
MSNBC comme sa véritable position. 
    Trump a d'abord diffusé un communiqué pour dire que les 
questions d'avortement devraient relever de la compétences des 
Etats fédérés puis un second pour dire que les médecins qui 
pratiquent des interruptions volontaires de grossesse sont ceux 
qui devraient être tenus pour responsables. 
    "On ne devrait pas faire les gros titres pendant 24 heures 
avec ça quand il y a des choses comme le terrorisme dans le 
monde", a fait valoir la porte-parole de Donald Trump. 
    Ses derniers propos risquent d'éloigner encore une partie de 
l'électorat féminin, déjà choqué par son recours régulier à des 
propos vulgaires et aux insultes pour décrire les femmes. 
    Mardi, une primaire importante doit se tenir dans le 
Wisconsin. Selon un sondage publié mercredi, le sénateur du 
Texas Ted Cruz, son plus proche rival, le devance de dix points 
dans cet Etat. 
     
    "PAS DE SECONDE CHANCE" 
    Mercredi, Ted Cruz a déclaré que Trump n'avait à l'évidence 
pas suffisamment réfléchi à la question. Il a ensuite qualifié 
les propos de son rival de "malheureux" et "erronés". 
    Jeudi, Donald Trump s'est rendu à Washington pour une 
réunion privée organisée par son principal soutien dans la 
capitale fédérale, le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions. 
    Les détracteurs de Trump se sont récemment interrogés sur sa 
capacité à diriger les Etats-Unis après une série de 
déclarations controversées en matière de politique étrangère. 
    Le magnat de l'immobilier a ainsi jugé l'Otan obsolète, dit 
que l'Arabie saoudite était trop dépendante des Etats-Unis et 
que le Japon et la Corée du Sud pourraient avoir besoin de 
développer leurs propres programmes nucléaires parce que le 
parapluie américain coûte trop cher. 
    Dans l'interview à MSNBC où il a tenu ses propos sur 
l'avortement, Donald Trump a refusé d'exclure l'utilisation de 
l'arme nucléaire en Europe ou au Proche-Orient pour lutter 
contre l'Etat islamique. "Jamais je ne retirerai de la table une 
de mes cartes", a-t-il déclaré. 
    Une partie de l'establishment républicain tente d'empêcher 
que Trump ne remporte la primaire républicaine lors de la 
convention de juillet à Cleveland, de crainte qu'il ne conduise 
le parti à une défaite très sévère face au candidat démocrate le 
8 novembre prochain. 
    Les commentaires de Trump sur l'avortement "montrent 
simplement qu'il n'est vraiment pas préparé à être le président 
des Etats-unis", a déclaré le gouverneur de l'Ohio et candidat à 
la primaire républicaine John Kasich, lors d'une conférence de 
presse à New York. 
    "Je dois vous dire qu'en tant que commandant en chef et 
dirigeant du monde libre, vous n'avez pas de seconde chance. Il 
faut être capable de réussir du premier coup", a-t-il ajouté. 
    L'opposition à l'avortement, qui a été déclarée 
constitutionnelle par la Cour suprême il y a plus de 40 ans, 
occupe une place importante dans le programme de nombreux hommes 
politiques. Certains conservateurs se sont même demandés si 
Trump, qui était autrefois favorable à l'IVG, y est désormais 
réellement hostile.   
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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