USA- L'AIPAC en embuscade sur le nucléaire iranien

le
0

par Matt Spetalnick et Patricia Zengerle WASHINGTON, 21 novembre (Reuters) - L'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), le plus puissant groupe de pression pro-israélien à Washington, a fait preuve ces derniers mois d'une inhabituelle discrétion à propos des négociations sur le programme nucléaire de l'Iran. Après des années de négociations chaotiques, la République islamique, soupçonnée de vouloir se doter de l'arme nucléaire, et le groupe P5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) se sont fixé comme objectif de trouver un accord définitif sur ce délicat dossier avant lundi prochain mais une nouvelle prolongation des discussions apparaît comme de plus en plus probable. ID:nL6N0TA5KF Israël voit avec inquiétude la perspective d'un accord à Vienne qui entraînerait la levée des sanctions internationales imposées à Téhéran en échange d'une limitation de son programme nucléaire, sans pour autant apporter la garantie absolue que les Iraniens ne mènent pas en secret un programme nucléaire militaire. En février dernier, le président Barack Obama, soucieux de ne pas faire dérailler les discussions, a pu bloquer une campagne de l'AIPAC au Congrès en faveur de nouvelles sanctions contre la République islamique, un rare revers pour ce groupe de pression créé en 1951 et qui compte aujourd'hui 100.000 membres. "Pour le moment, il n'y a rien à faire. Il faut attendre ce qui va sortir des discussions de Vienne", déclare une source proche de l'AIPAC. "Mais après, une offensive au Congrès n'est pas exclue. C'est peut-être le calme avant la tempête." UN CONGRÈS RÉPUBLICAIN A la suite des élections de mi-mandat au début du mois, le Congrès qui sera installé en janvier prochain sera totalement dominé par les républicains, dont certains ne cessent de réclamer plus de fermeté envers Téhéran. L'AIPAC a joué un rôle non négligeable l'été dernier, lors de l'offensive "Bordure protectrice" à Gaza, dans l'octroi par le Congrès d'une enveloppe de 225 millions de dollars pour le renforcement du système de défense antimissile israélien "Dôme de fer". Mais le groupe de pression s'est fait discret sur les négociations avec Téhéran, tout comme le gouvernement israélien, qui veut interdire à l'Iran toute capacité d'enrichir de l'uranium, a modéré ses attaques contre la politique iranienne de Barack Obama. Au sein même de l'AIPAC, certains responsables craignent de voir le groupe pencher trop nettement du côté des républicains et rompre ainsi avec sa traditionnelle approche bipartisane, qui veut qu'il ne privilégie ni le "Grand Old Party", ni les démocrates. Si un nouveau délai est accordé à l'Iran pour répondre aux interrogations des Occidentaux, peut-être jusqu'à mars 2015, l'AIPAC et les amis d'Israël au Congrès devront choisir: soit accepter de laisser encore du temps à la diplomatie, soit plaider pour de nouvelles sanctions, au risque de faire capoter une fois pour toutes les négociations, comme le craint Barack Obama. (Avec Jeffrey Heller et Dan Williams à Jérusalem, Louis Charbonneau et Parisa Hafezi à Vienne; Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant