USA-Kerry invite le Congrès à le laisser négocier avec l'Iran

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WASHINGTON, 13 avril (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain a prié lundi les députés hostiles aux négociations sur le programme nucléaire iranien de le laisser les poursuivre pendant deux mois et demi pour parvenir à l'accord définitif censé être conclu avant la fin juin. John Kerry, qui s'est exprimé devant une Chambre des représentants réunie à huis clos, a tenté d'obtenir une modification du projet de loi qui permettrait aux parlementaires américains d'empêcher une levée des sanctions pesant sur la République islamique dans le cadre d'un tel règlement, ce qui le mettrait en péril. "Nous espérons que le Congrès écoutera attentivement (...) mais aussi qu'il nous laissera la latitude nécessaire pour achever cette tâche très difficile", a-t-il déclaré à la presse avant de prendre la parole devant les élus. Signe de l'importance que l'administration Obama accorde à ce chantier, John Kerry était épaulé lundi par les secrétaires au Trésor et à l'Energie, Jack Lew et Ernest Moniz. Il plaidera la même cause mardi au Sénat. L'Iran et les Etats membres du groupe P5+1, qui réunit les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l'Allemagne, ont conclu le 2 avril à Lausanne un accord-cadre qui est donc censé mener avant la fin juin au règlement définitif du contentieux nucléaire. Au Congrès américain, plusieurs démocrates se sont ralliés aux Républicains, ce qui pourrait leur permettre d'atteindre le seuil nécessaire pour mettre le projet de loi à l'abri du veto présidentiel et menacer l'issue de la dernière phase des négociations. Le texte rédigé par Bob Corker, président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, propose de laisser 60 jours aux élus pour examiner les termes de l'accord. Pendant ce délai, aucun allégement des sanctions ne serait possible et les mesures en ce sens seraient ensuite soumises à l'approbation du Congrès. Une cinquantaine d'amendements ont été déposés. Il s'agit, pour les démocrates, d'étendre la marge de manoeuvre des négociateurs, et pour les républicains, de durcir encore le projet de loi. Le sénateur Marco Rubio, qui vient d'annoncer son entrée dans la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2016, a ainsi proposé d'y ajouter une clause exigeant que l'Iran reconnaisse le droit à l'existence de l'Etat hébreu, comme le réclame le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. ID:nL6N0X0083 (Arshad Mohammed, Patricia Zengerle et Richard Cowan; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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