USA et UE étudient de nouvelles sanctions contre la Russie

le
2
ÉTATS-UNIS ET UE ÉTUDIENT D'ÉVENTUELLES NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE
ÉTATS-UNIS ET UE ÉTUDIENT D'ÉVENTUELLES NOUVELLES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE

par Jeff Mason et Lidia Kelly

BRUXELLES/MOSCOU (Reuters) - Les Etats-Unis et l'Union européenne se sont mis d'accord mercredi pour travailler ensemble sur de possibles sanctions économiques contre la Russie si Moscou prend de nouvelles initiatives en Ukraine.

Le secteur énergétique, moteur de l'économie russe, a été spécifiquement mentionné par Barack Obama et les représentants des Vingt-Huit, réunis en sommet à Bruxelles.

Américains et Européens sont également convenus de réduire la dépendance énergétique du Vieux Continent vis-à-vis de la Russie, qui fournit près du tiers des besoins européens en pétrole et en gaz.

"La situation en Ukraine prouve la nécessité de renforcer la sécurité énergétique européenne et nous réfléchissons à de nouveaux efforts conjugués pour atteindre cet objectif", soulignent Barack Obama, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy dans leur communiqué commun.

"Nous saluons la perspective d'exportations de gaz naturel liquéfié américain à l'avenir car une augmentation de l'offre mondiale bénéficiera à l'Europe et à d'autres partenaires stratégiques", poursuivent le président américain, le président de la Commission européenne et le président du Conseil européen.

Alors que des sources proches des services de renseignement américains et européens évoquent une augmentation des forces russes et de leurs milices supplétives déployées à la frontière orientale de l'Ukraine, Barack Obama s'est dit convaincu que Moscou finirait par comprendre que la "force brute" n'est pas la clef de sa sécurité.

La Russie, a-t-il dit à Bruxelles, "ne sera ni délogée de Crimée ni dissuadée de poursuivre l'escalade par des moyens militaires. Mais, avec le temps, tant que nous resterons unis, le peuple russe reconnaîtra qu'il ne peut obtenir la sécurité, la prospérité et le statut qu'il souhaite par la force brute".

LA RUSSIE MENACÉE D'UNE RÉCESSION

Le président américain a également averti que si Vladimir Poutine persistait dans la voie qu'il a choisie en Crimée, l'isolement de la Russie ne ferait que s'accentuer et les sanctions se multiplier.

Cet isolement pourrait se matérialiser ce jeudi à l'Assemblée générale des Nations unies, dont les 193 Etats membres se prononceront par un vote sur un projet de déclaration rédigé par les nouvelles autorités de Kiev qui rappelle l'intégrité de l'Ukraine et l'illégalité du référendum organisé le 16 mars dernier en Crimée.

Le vote est prévu à partir de 10h00 (15h00 GMT).

Quarante-deux des 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme de l'Onu ont déjà condamné mercredi l'annexion de la Crimée.

Au chapitre des sanctions, les dirigeants des pays du G7, qui se sont retrouvés lundi en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye, ont décidé de remettre à plus tard la prise de sanctions contre l'économie russe mais ont prévenu qu'une intervention russe dans l'est ou le sud de l'Ukraine serait un signal clair pour des mesures supplémentaires de rétorsion.

Pour l'heure, les Européens ne sont pas encore passés au "niveau 3" des sanctions envisagées, mais ont suspendu d'abord les discussions sur une libéralisation des visas et des investissements puis imposé des gels ciblés d'avoirs et des interdictions de visa contre des personnalités proches de Poutine.

Un durcissement du régime de sanctions ne pourrait qu'accentuer les difficultés économiques de la Russie, dont le PIB pourrait se contracter de 1,8% cette année selon une étude de la Banque mondiale publiée mercredi.

Dans son scénario le plus optimiste, avec un apaisement rapide de la crise, la Banque mondiale prévoit une hausse de 1,1% du produit intérieur brut russe cette année.

SOUS PROTECTION DE L'OTAN

Obama a par ailleurs déclaré que l'Otan devait assurer une présence régulière dans les pays d'Europe de l'Est qui craignent les initiatives du Kremlin.

Les pays baltes et la Pologne, qui appartiennent à l'Alliance atlantique, ont fait part ces dernières semaines de leurs inquiétudes.

Au passage, le président américain s'est inquiété de la baisse des crédits militaires dans certains pays de l'Alliance. "La situation en Ukraine nous rappelle que la liberté a un prix et qu'il faut être prêt à payer ce prix", a dit Barack Obama.

A Kiev, les nouvelles autorités ont annoncé que les tarifs du gaz allaient augmenter de plus de 50% à partir du 1er mai avant de nouvelles hausses qui interviendront jusqu'en 2018.

Ces mesures, forcément impopulaires auprès de consommateurs habitués aux tarifs subventionnés datant de l'époque soviétique, répondent à des exigences du Fonds monétaire international (FMI) qui devrait annoncer ce jeudi un accord d'assistance financière.

Une conférence de presse du chef de la mission du FMI à Kiev a été programmée à 09h30 (11h30 GMT).

Kiev négocie un prêt de 15 à 20 milliards de dollars (entre 11 et 14,5 milliards d'euros).

(avec Adrian Croft et Robin Emmott à Bruxelles, David Alexander à Washington; Tangi Salaün, Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M8951316 le jeudi 27 mar 2014 à 09:29

    attention c'est une arme à double tranchant ...!les seuls gagnants les US qui nous ont bien banané !!!

  • mlaure13 le jeudi 27 mar 2014 à 08:04

    EUX...ils ne bavassent pas...ils agissent...en augmentant le gaz en Ukraine...et c'est le citoyens de l'UE qui payent !... pas belle la vie ?...:-)))