USA-En visant la fondation Clinton, Trump veut fédérer son camp

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    par Ginger Gibson et Emily Stephenson 
    WASHINGTON, 24 août (Reuters) - A la traîne dans les 
sondages et à la recherche d'un message cohérent, Donald Trump a 
décidé d'attaquer sa rivale démocrate Hillary Clinton en visant 
la fondation qui porte son nom dans l'espoir de rassembler le 
camp républicain derrière cette nouvelle offensive. 
    Lundi, le candidat républicain à l'élection présidentielle 
américaine a demandé la fermeture de la Fondation Clinton, qui 
finance des programmes d'aide dans les pays en développement, et 
la nomination d'un procureur spécial pour enquêter sur ses 
pratiques.   
    Donald Trump accuse l'ancien président Bill Clinton et son 
épouse d'avoir transformé leur fondation en système où les 
riches donateurs, américains ou non, ont obtenu des faveurs du 
département d'Etat quand Hillary Clinton était à sa tête entre 
2009 et 2013.  
    L'équipe de campagne d'Hillary Clinton a démenti et le 
porte-parole d'Hillary Clinton, Robby Mook, a déclaré que la 
fondation ne fermerait pas compte tenu de ses activités 
humanitaires. 
    "C'est un appel absurde de la part de Donald Trump. C'est un 
acte de désespoir compte tenu de la confusion que nous avons vu 
dans sa campagne ces dernières semaines", a déclaré Robby Mook à 
la chaîne de télévision MSNBC. 
    Jusqu'à présent, Donald Trump a eu du mal à trouver une 
ligne d'attaque contre sa rivale à laquelle puissent se rallier 
tous les républicains. Ses critiques des parents d'un soldat 
américain musulman mort au combat qui s'étaient exprimés à la 
convention démocrate au mois de juillet ont été mal vues par un 
grand nombre de républicains. Ses attaques sur la santé 
d'Hillary Clinton n'ont pas fait mouche non plus. 
    Le milliardaire a dû se séparer la semaine dernière de son 
président de campagne Paul Manafort, dont le nom avait été cité 
dans une affaire de corruption présumée. Il a également renoncé 
à prononcer le discours qu'il devait donner jeudi sur la 
politique en matière d'immigration. 
         
    DOUBLE CONTROVERSE 
    Ce report intervient alors que des signes de désaccords sur 
ce thème sont apparus au sein du Parti républicain, mais cela 
lui permet aussi de se concentrer sur ce qu'il considère, avec 
ses conseillers, comme une faiblesse de sa rivale démocrate. 
    Les partisans de Trump ont besoin qu'il se concentre ses 
attaques sur Hillary Clinton, confirme Chris Collins, un élu 
républicain à la Chambre des représentants. 
    "Tout ce que nous pourrons faire pour mettre son personnage 
en première ligne dans la campagne aidera Donald Trump", assure 
le député, joint par téléphone. 
    Le fait que la fondation Clinton ait accepté des dons de la 
part des entreprises ainsi que les dons provenant de l'étranger 
a suscité la critique. Certains y ont vu un conflit d'intérêt à 
l'époque où Hillary Clinton dirigeait la diplomatie américaine. 
    Dimanche, la fondation a annoncé qu'elle n'accepterait plus 
de dons de l'étranger si Hillary Clinton devient la présidente 
des Etats-Unis le 8 novembre prochain. Elle a également dit 
qu'elle était prête à transmettre des dossiers à d'autres 
organisations caritatives. 
    Si Trump reste "mesuré", estime le président du Parti 
républicain, Reince Priebus, il pourrait se retrouver "à égalité 
ou même en tête" dans les sondages lors de la première semaine 
de septembre. 
    D'après les résultats d'un sondage Reuters/Ipsos publié 
mardi, Hillary Clinton accentue son avance face à son adversaire 
républicain et le devance désormais de 12 points, avec 45% des 
intentions de vote, contre 33% à l'homme d'affaires new-yorkais. 
  
    La double controverse sur la fondation Clinton et sur 
l'utilisation de sa messagerie privée pour envoyer des courriels 
professionnels par la candidate démocrate quand elle était à la 
tête du département d'Etat se sont croisées lundi. Le groupe 
conservateur Judicial Watch a fait valoir que des courriels 
d'Hillary Clinton non encore rendus publics donnaient la preuve 
que l'ex-secrétaire d'Etat avait eu accès à des donateurs de la 
fondation tandis qu'elle était à la tête de la diplomatie 
américaine.   
 
 (Avec Alana Wise à Washington, Luciana Lopez à New York et 
Steve Holland à Austin, au Texas; Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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