USA-Coup de froid sur l'emploi, doutes sur la Fed

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    * Les créations d'emploi au plus bas depuis septembre 2010 
    * L'hypothèse d'une hausse des taux en juin remise en cause 
    * Le dollar cède du terrain, les banques reculent en Bourse 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte, réaction des marchés) 
    par Lucia Mutikani 
    WASHINGTON, 3 juin (Reuters) - L'économie américaine a créé 
au mois de mai le plus faible nombre d'emplois depuis plus de 
cinq ans, un chiffre qui souligne certaines faiblesses du marché 
du travail et pourrait dissuader la Réserve fédérale de relever 
ses taux d'intérêt dans un avenir proche. 
    Le département du Travail n'a recensé que 38.000 créations 
de postes le mois dernier après 123.000 (révisé) en avril. Le 
chiffre de mai est le plus faible depuis septembre 2010. 
    Les chiffres des deux mois précédents ont été revus à la 
baisse de 59.000 au total. 
    Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en 
moyenne 164.000 créations de postes pour le mois dernier après 
les 160.000 annoncées initialement pour avril. 
    Dans le sillage d'indicateurs encourageants, la Fed avait 
adressé ces dernières semaines des signaux donnant au marché le 
sentiment qu'elle allait resserrer sa politique ce mois-ci ou le 
suivant. 
    La statistique de vendredi est l'un des derniers indicateurs 
majeurs publiés avant la prochaine réunion de politique 
monétaire de la banque centrale américaine, qui se tiendra les 
14 et 15 juin. 
    "Ces chiffres de l'emploi sont assez désastreux", a commenté 
Gennadiy Goldberg, responsable de la stratégie de taux chez TD 
Securities. "Pour juin, c'est mort. L'hypothèse n'est plus sur 
la table. La Fed voudra des chiffres plus propres avant de 
relever ses taux." 
    La présidente de la Fed, Janet Yellen, a déclaré la semaine 
dernière que l'institution devrait relever ses taux "dans les 
mois à venir" si la croissance économique accélérait comme prévu 
et que des emplois continuaient d'être créés.   
     
    LES BANQUES ET LE DOLLAR SOUFFRENT 
    Wall Street a ouvert en baisse modérée une heure après la 
publication des chiffres de l'emploi, avec de lourdes pertes 
pour les banques, que la perspective d'une baisse des taux 
réjouissait.   
    Le dollar s'acheminait quant à lui vers sa plus forte baisse 
en une séance depuis février; l'euro est passé en peu de temps 
de moins de 1,1160 à plus de 1,1330 dollar (+1,7%).  EUR=  
    Les chiffres de l'emploi ont pâti en mai d'une longue grève 
des salariés de l'opérateur télécoms Verizon  VZ.N . Les 
grévistes ont repris le travail mercredi mais ils ont été 
comptabilisés comme sans emploi parce qu'ils n'ont perçu aucun 
salaire durant la semaine pendant laquelle le département du 
Travail a collecté ses chiffres mensuels.  
    Mais la statistique a aussi été pénalisée par le secteur de 
la production des biens, qui inclut les mines, l'activité 
manufacturière et la construction. Quelque 36.000 emplois y ont 
été supprimés, le chiffre le plus élevé depuis février 2010. 
    Sans la grève de Verizon, 72.000 emplois auraient été créés 
le mois dernier, un chiffre qui aurait été lui aussi très 
inférieur aux attentes. La reprise du travail chez l'opérateur 
devrait en revanche donner un coup de pouce aux chiffres de 
juillet. 
    Malgré la faiblesse des créations de poste, le taux de 
chômage, calculé sur la base d'une enquête distincte, a baissé 
en mai de 0,3 point de pourcentage à 4,7%, au plus bas depuis 
novembre 2007.  
    Moins encourageant, le salaire horaire moyen, indicateur 
surveillé de près par la Fed, a augmenté de seulement cinq 
cents, soit 0,2%. Il affiche sur un an une hausse de 2,5%, comme 
le mois dernier, alors que les économistes estiment qu'une 
hausse de 3% à 3,5% du salaire moyen est nécessaire pour porter 
l'inflation vers l'objectif de 2% visé par la Fed. 
    Une mesure plus large du chômage incluant les personnes 
souhaitant travailler mais ayant cessé de chercher un emploi ou 
occupant un emploi à temps partiel s'affiche à 9,7%, comme en 
avril. 
    Le taux de participation à la population active, 
c'est-à-dire la part des Américains en âge de travailler qui 
occupent un emploi ou en recherchent activement un, a diminué de 
0,2 point à 62,6%. 
    Tableau de la statistique   
    Les indicateurs américains en temps réel  ECONUS  
 
 (avec Jennifer Ablan à New York; Patrick Vignal pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 

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