USA/Angleterre 1950 : le match miracle

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USA/Angleterre 1950 : le match miracle
USA/Angleterre 1950 : le match miracle

Il y a très exactement 65 ans a eu lieu l'un des exploits les plus improbables de l'histoire de la Coupe du monde : la victoire des semi-amateurs américains face aux grands frères anglais trop sûrs de leur force. Un match mythique qui a fait passer à la postérité un Haïtien au destin hors du commun.

La Coupe du monde 1950 a été une galère sans nom à mettre en œuvre. La planète est un corps en souffrance, avec des plaies pas encore cicatrisées et beaucoup de nations chancelantes pour qui l'urgence n'est clairement pas de monter une équipe nationale pour jouer au ballon, la France comprise. Pour l'Angleterre en revanche, c'est important : il s'agit de montrer que le pays a inventé le football et que c'est encore lui qui le domine. La sélection de Walter Winterbottom est une sorte de dream team dans laquelle figurent de grands noms tels que Billy Wright, Tom Finney, Alf Ramsey, Stan Mortenson ou Stanley Matthews, même si ce dernier entretient des relations complexes avec l'équipe nationale et n'est pas aligné pour ce deuxième match du tournoi face aux Américains. Le premier a été remporté sans souci face au Chili (2-0), et le choix a été fait de laisser souffler le joueur de Blackpool, qui deviendra le premier Ballon d'or de l'histoire six ans plus tard.

Il faut dire que ce match doit être une formalité pour les Anglais, face à une formation américaine montée à l'arrache et qui enchaîne les contre-performances depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. "Ce serait juste de les laisser commencer avec trois buts d'avance", écrit le très condescendant Daily Express, qui n'envisage pas autre chose qu'un gros carton pour les Anglais face à des cousins US semi-amateurs, évoluant dans le très modeste championnat local, ancêtre de la MLS. Le capitaine Walter Bahr est prof de lycée, le gardien Frank Borghi chauffeur de corbillard et vétéran du Débarquement à Omaha Trois joueurs n'ayant pas la nationalité américaine, mais évoluant au pays sont même appelés à la dernière minute pour compléter l'effectif, comme le permet le règlement à l'époque : le Belge Joe Maca, l'Écossais Ed Mcllvenny (désigné capitaine juste pour ce match face aux Anglais, car de nationalité britannique !) et l'Haïtien Joe Gaetjens, pistonné par Walter Bahr et qui évolue alors dans une équipe new-yorkaise, ville où il a déménagé pour ses études. Cinq des onze titulaires ce 29 juin 1950 à Belo Horizonte évoluent dans la ville de St Louis, berceau historique du soccer. Le sélectionneur Bill Jeffrey ne se fait aucune illusion : pour lui, autant préparer des moutons à aller à l'abattoir, même si le premier match a donné un peu d'espoir : une défaite encourageante 1-3 avec trois buts adverses concédés dans les dernières minutes.



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