USA-Accord au Sénat sur les sanctions contre la Russie

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    WASHINGTON, 26 juillet (Reuters) - Les membres de la 
commission des Affaires étrangères du Sénat américain ont conclu 
mercredi un accord ouvrant la voie à un alourdissement des 
sanctions imposées à la Russie, à l'Iran et à la Corée du Nord.  
    Le texte, adopté la veille à une très large majorité par la 
Chambre des représentants, doit maintenant être approuvé en 
séance plénière et promulgué ou non par le président.  
    "Je suis heureux d'annoncer que nous avons conclu un accord 
qui va nous permettre de déposer la loi sur les sanctions sur le 
bureau du président", se félicite Bob Corker, président de la 
commission, dans un communiqué. 
    Républicains et démocrates veulent sanctionner l'annexion 
russe de la Crimée en mars 2014 et les ingérences de Moscou dans 
la campagne présidentielle américaine de 2016, qui font l'objet 
de plusieurs enquêtes parlementaires.  
    La Maison blanche a fait savoir que Donald Trump n'avait pas 
encore pris de décision quant à la promulgation du texte, qui 
pourrait compromettre ses projets de rapprochement avec Moscou. 
Il pourrait toutefois être adopté avec une marge suffisante pour 
passer outre à un éventuel veto présidentiel.  
     
    PLONGÉE DANS L'INCONNU 
    A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a 
dénoncé un coup porté au droit et au commerce international, un 
geste extrêmement inamical et une triste nouvelle pour les 
relations russo-américaines, évoquant la possibilité de 
représailles.   
    Selon le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï 
Riabkov, il n'y a désormais plus aucun moyen d'améliorer les 
relations avec Washington. 
    Le président iranien, Hassan Rohani, a quant à lui promis 
des représailles si de nouvelles sanctions américaines entrent 
en vigueur.  
    Les Etats-Unis ont déjà imposé de nouvelles mesures de 
rétorsion à Téhéran le 18 juillet. Hassan Rohani les a jugées 
contraires aux engagements pris par Washington dans le cadre de 
l'accord sur le programme nucléaire iranien de juillet 2015. 
      
    A Bruxelles, le président de la Commission européenne 
Jean-Claude Juncker a averti que l'UE réagirait en cas de 
promulgation des nouvelles sanctions, qui pourraient affecter la 
sécurité énergétique de l'UE.   
    Le projet adopté mardi à Washington envisage d'infliger des 
sanctions "à n'importe quelle compagnie (y compris européenne) 
qui contribue au développement, à la maintenance, la 
modernisation ou la réparation de pipelines exportant de 
l'énergie en provenance de la Russie", indique la Commission. 
    Cela pourrait affecter les gazoducs alimentant l'Ukraine ou 
des projets cruciaux pour l'indépendance énergétique de l'UE, 
comme le projet Baltic LNG (Liguefied Natural Gas), 
souligne-t-elle. 
    Dans son communiqué, Jean-Claude Juncker rappelle que l'UE 
est pleinement engagée dans la mise en oeuvre des sanctions 
contre la Russie mais réclame une étroite coordination entre 
membres du G7 pour assurer l'application des accords de paix de 
Minsk sur le conflit ukrainien.  
    L'UE a déclaré qu'elle ferait part de ses préoccupations aux 
Etats-Unis par "tous les canaux diplomatiques".  
    La France a jugé de son côté que la proposition de loi du 
Congrès américain apparaissait "illicite au regard du droit 
international" et a appelé à une concertation au niveau 
européen.   
    En Allemagne, la Chambre de commerce et d'industrie a estimé 
que le projet américain risquait de nuire à la sécurité 
énergétique de l'Allemagne et semblait conçu pour favoriser les 
entreprises américaines.  
 
 (Patricia Zengerle, avec Andrew Osborn et Katia Golubkova à 
Moscou, Philip Blenkinsop à Bruxelles et Babak Dehghanpisheh à 
Beyrouth, Jean-Philippe Lefief, Gilles Trequesser et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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