USA 2016-Yoyo des marchés, rassurés d'avoir un président-élu

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    * Un aller retour risk-on/risk-off en moins de 24 heures 
    * Les marchés rassurés d'avoir un président-élu 
    * La Fed devrait passer son tour en décembre 
    * Beaucoup d'incertitudes sur la politique de Trump 
    * La volatilité devrait se poursuivre à moyen terme 
 
    9 novembre (Reuters) - La réaction des marchés financiers à 
la victoire du candidat républicain Donald Trump à l'élection 
présidentielle américaine, clairement négative initialement, 
s'est retournée au fil des heures mercredi, les investisseurs 
semblant soulagés de la désignation d'un locataire pour la 
Maison blanche et se prenant à espérer qu'il saura faire preuve 
de pragmatisme.  
    Dans un premier temps, la réaction des marchés a été 
vivement négative avec un recul de la plupart des marchés 
actions et une fuite vers les valeurs refuges : or, franc suisse 
et yen mais aussi obligations d'Etat.  
    L'indice Vix  .VIX  de la volatilité des options sur le S&P 
500, considéré comme une mesure de l'aversion au risque des 
investisseurs, a bondi de plus de 10% tandis que le dollar 
reculait fortement.  
    Le mouvement s'est progressivement retourné, la devise 
américaine se reprenant pour évoluer en hausse au moment de la 
clôture des Bourses européennes qui ont terminé en progression 
sensible.  
    Wall Street évolue aussi dans le vert après une ouverture en 
recul mais sans panique. L'or a cédé une bonne partie de ses 
gains et l'indice Vix est en baisse de plus de 18%.  
    Les marchés obligataires ont eux aussi fait volte face, le 
rendement des Treasuries à 10 ans atteignant près de 2%, 
au-dessus des niveaux qui prévalaient avant l'élection 
américaine, après être tombé à un plus bas à 1,72% peu après les 
premières estimations donnant la victoire à Donald Trump.  
    "Plus que la défaite de (la candidate démocrate) Hillary 
Clinton, les marchés américains semblaient redouter une redite 
des élections de 2000, lorsque cinq semaines avaient été 
nécessaires pour enfin trancher les résultats de l'élection 
présidentielle", explique Alexandra Estiot, économiste chez BNP 
Paribas.  
    La perspective de voir la Fed renoncer à la hausse de taux 
annoncée pour le mois prochain dans un climat d'incertitude 
accrue a pu aussi contribuer à ce yo-yo des marchés. 
  
    Certains investisseurs estiment même que l'arrivée de Donald 
Trump à la Maison blanche pourrait se révéler positif pour Wall 
Street. 
    "L'une des particularités de la campagne de Trump a été de 
continuellement créer la surprise. Il est tout à fait possible 
qu'après cette élection, il surprenne les marché dans un sens 
positif", écrit Stefan Kreuzkamp, directeur des investissements 
de Deutsche Asset Management dans une note.  
    "Nos espoirs reposent sur le pragmatisme de Trump, sa 
capacité à s'adapter et sa méfiance à l'égard des idéologies. Il 
existe une chance qu'il laisse les membres du Congrès les plus 
expérimentés mettre en oeuvre un programme républicain assez 
classique", poursuit-il.  
    Pour Florian Ielpo, économiste, et Jeremy Gatto, trader chez 
Unigestion, le programme de Donald Trump est même favorable au 
marchés actions américains.  
    "Ce que nous savons du programme de Trump est 
remarquablement favorable pour le marché des actions 
américaines", écrivent-ils dans une note en référence aux 
baisses d'impôts annoncées pendant sa campagne par le 
président-élu et à sa volonté de relancer fortement 
l'investissement. 
    Cette orientation expansionniste du programme de Donald 
Trump et ses possibles implications inflationnistes expliquent 
la remontée des taux longs.   
    "Ses ambitions en matière de politique étrangère et son 
opposition au libre-échange sont moins positives à l'échelle 
internationale, particulièrement pour le monde émergent", 
préviennent toutefois Florian Ielpo et Jermy Gatto.  
    L'indice MSCI World  .MSCEIF  a lourdement chuté mercredi 
sans parvenir à effacer ses pertes, emmené par la Bourse de 
Mexico  .MXX  pénalisée, comme le peso  MXN=D2 , par les menaces 
de Donald Trump de mettre un terme à un accord de libre-échange 
avec le Mexique et ses demandes de financement par Mexico d'un 
mur qu'il se propose d'ériger entre les deux pays pour endiguer 
l'immigration.   
    "La politique qui sera appliquée demeure extrêmement 
incertaine", tempère toutefois Alexandra Estiot qui estime que 
l'attention va maintenant se porter sur la formation de l'équipe 
gouvernementale, pour laquelle "peu de noms circulent." 
     Stefan Kreuzkamp prévient d'ailleurs que "la volatilité 
devrait se poursuivre en raison de la hausse de l'incertitude 
politique." 
     
    Sur le même thème : Nowhere to run ? Trump shock raises 
doubts over investor havens.   
     
 
 (Marc Joanny, édité par Véronique Tison) 
 

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