USA 2016-Trump, visé par de nouvelles accusations, contre-attaque

le , mis à jour à 21:44
0
    * Le milliardaire mexicain Carlos Slim, actionnaire du NY 
Times, chercherait, selon Trump, à faire élire Clinton 
    * Ses accusatrices seraient des affabulatrices en quête de 
célébrité 
    * Deux nouveaux témoignages, dont celui d'un ex-candidate de 
son émission de téléréalité, l'accusent 
 
 (Actualisé avec Trump et nouveau témoignage, précise que Slim 
est le principal actionnaire individuel du NY Times) 
    par Steve Holland 
    GREENSBORO, Caroline du Nord, 14 octobre (Reuters) - Donald 
Trump, en butte à des accusations de harcèlement et d'agression 
sexuels, a contre-attaqué vendredi, affirmant que le 
milliardaire mexicain Carlos Slim, actionnaire de la New York 
Times Company, était à la manoeuvre pour favoriser les chances 
d'élection d'Hillary Clinton. 
    Pour le candidat républicain à la Maison blanche, qui dément 
catégoriquement ces allégations, certaines de ses accusatrices 
cherchent à accéder à la célébrité en inventant ces affaires. 
    "C'est une manipulation intégrale. Subitement, après de très 
nombreuses années, des accusatrices bidon surgissent à moins 
d'un mois d'une des élections les plus importantes dans 
l'histoire de notre pays", a-t-il dit. 
    Mais deux nouveaux témoignages, dont l'un émanant d'une 
ancienne candidate de l'émission de téléréalité qu'il 
présentait, sont venus s'ajouter vendredi aux révélations de ces 
derniers jours. 
    Le New York Times a initié le mouvement en publiant mercredi 
les témoignages de deux femmes qui l'accusent de les avoir 
agressées sexuellement il y a de nombreuses années. Plusieurs 
autres organes de presse ont sorti par la suite des témoignages 
similaires. 
    Comme l'avait annoncé le Wall Street Journal citant un de 
ses conseillers, Trump a riposté en accusant Carlos Slim, 
principal actionnaire individuel de la New York Times Company 
 NYT.N  dont il détient 17,35% des parts, de chercher à 
influencer le cours de la campagne en faisant publier ces 
accusations par des journalistes du Times. 
    "Ce ne sont pas des journalistes. Ce sont des lobbyistes 
corporatistes qui travaillent pour Carlos Slim et des 
entreprises étrangères", a-t-il dit lors d'un meeting de 
campagne à Greensboro, en Caroline du Nord. 
    Cité par le WSJ, le porte-parole du milliardaire mexicain, 
Arturo Elias, a affirmé que ces allégations étaient "totalement 
fausses" et que Slim n'avait "absolument aucun contact" avec la 
rédaction du journal.  
    Dans un communiqué, le directeur de la publication du New 
York Times, Arthur Sulzberger Jr., assure de son côté que 
"Carlos Slim est un excellent actionnaire qui respecte 
pleinement les limites concernant l'indépendance de notre 
journalisme" et qu'"il n'a jamais cherché à influencer ce que 
nous publions". 
     
    UN EX-CANDIDATE DE L'ÉMISSION DE TRUMP SORT DU SILENCE 
    Mais le New York Times n'est pas le seul relais des 
accusations mettant en cause le comportement de Trump à l'égard 
des femmes. 
    Au moment où il s'en prenait à Slim, Summer Zervos, 
candidate en 2006 de "The Apprentice", émission de téléréalité 
que présentait le milliardaire new-yorkais, a affirmé lors d'une 
conférence de presse organisée au côté de son avocate, Gloria 
Allred, à Los Angeles qu'elle avait été victime d'attouchements 
et d'avances sexuelles déplacées de sa part. 
    Elle a précisé que Trump avait tenté de la faire s'allonger 
sur un lit lorsqu'elle l'avait rencontré en 2007 pour discuter 
d'un emploi possible. "Il m'a alors demandé de m'asseoir à côté 
de lui. Je me suis exécutée. Il a alors attrapé mon épaule et 
s'est mis à m'embrasser de manière très agressive et a posé ses 
mains sur ma poitrine", a-t-elle poursuivi. 
    Le Washington Post relaie de son côté le récit d'une femme 
qui affirme avoir eu affaire à Trump dans une boîte de nuit 
new-yorkaise au début des années 1990.  
    Dans une interview vidéo mise en ligne vendredi sur le site 
du journal, Kristin Anderson raconte qu'il a glissé une main 
dans sa jupe puis, ajoute-t-elle, "il a touché mon vagin à 
travers mes dessous". Elle indique cependant qu'elle ne l'a pas 
vécu comme des "avances sexuelles" (sexual come-on). "Je ne sais 
pas pourquoi il a fait cela, c'était plus pour prouver qu'il 
pouvait le faire", dit-elle au journal. 
    La cote du candidat républicain dans les sondages avait déjà 
nettement reculé après la divulgation, il y a une semaine dans 
le Washington Post, de l'enregistrement d'une conversation 
remontant à 2005 dans laquelle il tenait des propos obscènes sur 
les femmes et sur les moyens de les contraindre à des rapports 
sexuels.  
    La dernière livraison du sondage Reuters/Ipsos, publiée 
mercredi, après le deuxième débat de la campagne présidentielle, 
le met à 37% des intentions de vote, soit huit points derrière 
Clinton (45%) quand la précédente enquête ne mesurait qu'un 
écart de cinq points en faveur de la candidate démocrate. 
    La moyenne des sondages que réalise le site Real Clear 
Politics mesure vendredi un écart de 6,7 points (48,1% contre 
41,4%). 
    Le troisième et dernier débat de la campagne est programmé 
le 19 octobre prochain à l'université du Nevada de Las Vegas. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne présidentielle   
 
 (avec Doina Chiacu et Emily Stephenson à Washington; Gilles 
Trequesser et Henri-Pierre André pour le service français) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant