USA 2016-Trump veut tourner la page d'une semaine noire

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 (Actualisé avec déclarations de Trump, Cruz) 
    par Steve Holland 
    MILWAUKEE, Wisconsin, 4 avril (Reuters) - Après une semaine 
difficile, Donald Trump aborde mardi dans le Wisconsin une 
primaire qui s'annonce déterminante pour relancer sa campagne à 
l'investiture républicaine qui semble marquer le pas depuis 
quelques jours. 
    Une défaite du milliardaire dans cet Etat du Midwest aurait 
pour conséquence d'écorner un peu plus cette image 
d'invincibilité qu'il cultive avec outrance depuis son entrée 
dans la course à la présidence. 
    Les enquêtes d'opinion donnent la victoire au sénateur du 
Texas, Ted Cruz, dernier candidat encore en mesure de souffler à 
Trump l'investiture lors de la convention du Grand Old Party 
pour le scrutin du 8 novembre. 
    Le magnat de l'immobilier ne s'en laisse cependant pas 
compter et il a appelé lundi les électeurs du Wisconsin à se 
mobiliser pour lui apporter une victoire qui enterrerait les 
derniers espoirs de ses rivaux. 
    "Si on obtient un bon résultat ici, les gars, c'est 
terminé", a dit Trump à ses partisans réunis à La Crosse. "Et si 
ce n'est pas le cas, je crois et je suis sûr qu'on y arrivera 
quand même", a-t-il ajouté. 
    Le milliardaire s'en est pris au "tout sauf Trump" mis en 
avant par les cadres du parti républicain pour tenter de 
l'empêcher de réunir les 1.237 délégués nécessaires pour être 
adoubé. 
    "S'ils avaient dépensé autant d'énergie pour arrêter 
(Barack) Obama, Obama n'aurait pas eu la moindre chance" d'être 
élu à la Maison blanche en 2008 et 2012, a-t-il ironisé pendant 
un autre meeting à Superior, toujours dans le Wisconsin. 
    "J'ai les yeux braqués sur eux", a-t-il poursuivi à propos 
des manoeuvres prêtées aux dirigeants républicains pour le 
priver de l'investiture. "Nous avons affaire à un système 
corrompu. Nous avons affaire à un système injuste", a-t-il 
accusé. 
    Signe de sa nervosité, Trump avait consacré dimanche soir 
une grande partie d'un discours prononcé à West Allis à insulter 
Ted Cruz, qualifié tour à tour de menteur et de "sale tricheur". 
     
    L'ENJEU D'UNE CONVENTION NÉGOCIÉE 
    Les provocations et les propos à l'emporte-pièce de Trump 
avaient jusqu'à présent cimenté autour de son nom l'adhésion de 
cette frange de l'électorat ne se reconnaissant plus dans les 
partis traditionnels. 
    Les déclarations maladroites faites la semaine dernière ont 
valu à l'homme d'affaires une marée de critiques et elles 
pourraient bien marquer le début d'un reflux de la vague Trump. 
    Après avoir affirmé que les femmes ayant recours à 
l'avortement devraient être punies si cette procédure était 
déclarée illégale, le milliardaire a été contraint d'opérer en 
urgence un rétro-pédalage. 
    De même, en préconisant un nucléarisation de la Corée du Sud 
et du Japon et en refusant d'exclure que le feu atomique puisse 
être utilisé de manière tactique en Europe, le magnat s'est 
attiré les foudres de ses adversaires. 
    "Est-ce que cela a été ma meilleure semaine ? Non, je ne 
pense pas", a-t-il reconnu sur Fox News dimanche avant d'estimer 
que "ça allait pour lui". 
    Sentant qu'il a une occasion unique à saisir, Ted Cruz a 
expliqué lors d'un meeting dimanche soir que de plus en plus de 
républicains prenaient conscience qu'investir Donald Trump 
aurait pour conséquence de faire élire la probable candidate 
démocrate Hillary Clinton avec une marge à deux chiffres. 
    "Le parti est en train de se souder derrière nous", a assuré 
lundi le sénateur du Texas à des journalistes. "J'espère et je 
pense que demain (mardi) sera une bonne journée pour nous." 
    Pour Cruz, un succès dans le Wisconsin est impératif car la 
prochaine échéance, le 19 avril, dans l'Etat de New York, sera 
sans doute favorable à Trump. 
    L'objectif de Cruz et du gouverneur de l'Ohio, John Kasich, 
troisième et dernier candidat républicain en lice, est 
d'empêcher le milliardaire d'atteindre la majorité des délégués 
et de provoquer une "convention négociée" en juillet à 
Cleveland. 
    Le maintien de Kasich dans la course a un objectif principal 
: prendre autant de délégués que possible à Donald Trump. Cette 
stratégie soutenue par la direction du GOP irrite l'homme 
d'affaires. 
    "Nous allons continuer à nous battre jusqu'à ce que 
quelqu'un obtienne une majorité de délégués", a déclaré Kasich. 
    Dans le camp démocrate, Bernie Sanders dispose d'une petite 
avance sur Hillary Clinton dans les enquêtes d'opinion et 
pourrait bien obtenir un nouveau succès face à l'ancienne 
secrétaire d'Etat. 
 
 (Pierre Sérisier et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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