USA 2016-Trump promet d'aller jusqu'au bout malgré le scandale

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 (Actualisé avec nouveaux éléments) 
    par Emily Stephenson 
    NEW YORK, 9 octobre (Reuters) - Donald Trump n'a aucune 
intention de renoncer à se présenter à l'élection présidentielle 
du 8 novembre, malgré le scandale provoqué par la diffusion, à 
la veille du deuxième débat face à Hillary Clinton, d'une vidéo 
tournée en 2005 dans laquelle il profère des obscénité au sujet 
des femmes. 
    Aussi bien sa femme que son colistier ont dénoncé ces 
propos, les jugeant insultants et indéfendables. 
    "Les médias et l'establishment veulent à tout prix me voir 
abandonner - JE NE ME RETIRERAI JAMAIS DE LA COURSE, NE LAISSERA 
JAMAIS TOMBER MES SUPPORTERS", a-t-il déclaré sur Twitter. 
    Il a ensuite brièvement quitté la "Trump Tower", où il 
s'était enfermé toute la journée avec ses conseillers, le 
gouverneur du New Jersey Chris Christie et l'ancien maire de New 
York Rudy Giuliani, pour aller saluer un petit groupe de 
partisans réunis devant l'immeuble new-yorkais. 
    Mike Pence, candidat à la vice-présidence sur le "ticket" 
Trump, s'est dit choqué par ses propos, qu'il juge 
indéfendables. "En tant qu'époux et père, j'ai été offensé par 
les propos tenus par Donald Trump et les actes qu'il décrits 
dans la vidéo vieille de onze ans diffusée hier. Je ne cautionne 
pas ses propos et ne peut les défendre", dit-il sur Twitter. Il 
assure toutefois qu'il continuera à le soutenir.  
    L'homme d'affaire a présenté ses excuses sur Facebook samedi 
matin pour tenter de désamorcer le scandale, mais elles n'ont 
pas empêché la multiplication des appels au retrait de sa 
candidature au sein de son propre parti. 
    Sur la vidéo de 2005, publiée par le Washington Post, on 
entend Donald Trump évoquer sa tentative de séduction d'une 
femme mariée et le loisir que l'on peut s'accorder, si l'on est 
connu, de tripoter les femmes. 
    Ces images avaient été enregistrées quelques mois après le 
mariage de Donald Trump avec Melania, sa troisième femme. 
    Dans un communiqué, cette dernière qualifie les mots de son 
mari "d'inacceptables et de blessants pour moi". 
    "Ils ne représentent pas l'homme que je connais. Il a le 
coeur et l'esprit d'un dirigeant. J'espère que les gens 
accepteront ses excuses, comme je l'ai fait, et qu'ils se 
concentreront sur les problèmes auxquels doivent faire face 
notre nation et le monde." 
     
    MULTIPLICATION DES CONDAMNATIONS CHEZ LES RÉPUBLICAINS 
    Plus de 60 dirigeants républicains de premier plan ont 
vivement condamné les propos de Donald Trump, dont Paul Ryan, le 
président de la Chambre des représentants et John McCain, 
candidat aux élections présidentielles de 2008. 
    Plus d'un vingtaine de membres du parti ont même appeler le 
magnat immobilier à se retirer de la course. Dans l'histoire 
politique américaine, il n'y aucun exemple d'un parti remplaçant 
son candidat à l'élection présidentielle si peu de temps avant 
le scrutin. 
    Il n'est pas sûr à ce stade s'il y aurait un moyen de 
retirer l'investiture à Donald Trump. Et le vote à commencé dans 
plusieurs Etats, y compris dans certains jugés décisifs, tels 
que la Virginie et la Caroline du Nord. 
    "Ceux qui me connaissent savent que ces paroles ne reflètent 
pas qui je suis. Je les ai dites, j'ai eu tort et je m'excuse", 
déclare-t-il dans l'enregistrement tourné à la hâte. "Ce n'est 
rien d'autre qu'un moyen pour détourner l'attention des 
questions importantes auxquelles nous sommes confrontés 
aujourd'hui." 
    Evoquant ensuite les infidélités de Bill Clinton lorsqu'il 
était président, Trump prévient: "On en parlera un peu plus dans 
les prochains jours. Je vous donne rendez-vous pour le débat de 
dimanche". 
    Au cours de la conversation enregistrée en 2005, Donald 
Trump, équipé d'un micro, bavarde avec Billy Bush, le 
présentateur de l'émission "Acces Hollywood", diffusé par NBC, 
juste avant le tournage d'une séquence. 
    "J'ai essayé de la b---. Elle était mariée. J'ai fait toutes 
les avances possibles, mais je n'y suis pas arrivé", entend-on 
dire le candidat républicain. 
    "Je commence à les embrasser. Et quand on est quelqu'un de 
connu, elles vous laissent faire. On les attrape par la ch---e. 
On peut faire tout ce que l'on veut." 
    La vidéo reprise en boucle sur toutes les chaînes de 
télévision, vendredi soir, a fait l'effet d'une bombe au sein de 
son équipe de campagne et a conduit la hiérarchie républicaine à 
prendre ses distances avec le magnat de l'immobilier. 
     
    CINQ POINT D'AVANCE POUR HILLARY CLINTON AVANT LA VIDÉO 
    Pour Reince Priebus, président du Comité national 
républicain (RNC), "aucune femme ne devrait jamais être décrite 
dans ces termes ou évoquée de cette manière". 
    Ce dernier ne participera pas à "Face the Nation", 
l'émission politique du dimanche sur CBS, où il sera remplacera 
par Rudy Giuliani.  
    Mitch McConnell, président du Sénat, a quant à lui jugé les 
propos de Trump "répugnants". Son homologue de la Chambre des 
représentants, Paul Ryan, qui avait invité à Trump à le 
rejoindre dans le Wisconsin samedi, a décommandé et plusieurs 
voix se sont élevée pour que l'homme d'affaires cède la place à 
Mike Pence, jugé mieux à même d'incarner les valeurs 
républicaines. 
    Selon Mike Coffman, élu du Colorado, Trump devrait 
abandonner car "sa défaite est désormais quasiment certaine".  
    Une analyse partagée par le stratège Ron Bonjean qui parle 
d'une "fin de partie politique" pour le magnat de l'immobilier. 
"Il faudrait que Trump réussisse à sortir un lapin de son 
chapeau pour renverser la tendance", a-t-il ajouté. 
    Certains républicains influents ont toutefois réaffirmé leur 
soutien à leur candidat à la présidentielle, dont l'un des 
enjeux sera la nomination d'un juge de la Cour suprême qui 
décidera de l'orientation libérale ou conservatrice de la plus 
haute juridiction. 
    Sur Twitter, Hillary Clinton a qualifié l'enregistrement 
d'"horrifiant", tout en ajoutant : "Nous ne pouvons permettre à 
cet homme de devenir président". 
    La candidate démocrate devance Donald Trump de cinq points 
dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle du 8 
novembre aux Etats-Unis, selon un sondage Reuters-Ipsos publié 
vendredi. 
 
 (Avec la contribution de Jeff Mason et d'Emily Flitter à New 
York, d'Ayesha Rascoe à Chicago et d'Eric Beech et Mohammed 
Zargham à Washington; Jean-Philippe Lefief et Benoît Van 
Overstraeten pour le service français) 
 
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