USA 2016-Trump promet baisses d'impôts et déréglementation

le , mis à jour à 20:29
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 (Actualisé avec discours de Trump) 
    par Steve Holland et Emily Stephenson 
    DETROIT/WASHINGTON, 8 août (Reuters) - Donald Trump a promis 
lundi des réductions d'impôts pour les ménages et les 
entreprises et une déréglementation s'il est élu président des 
Etats-Unis le 8 novembre. 
    Déterminé à tourner la page d'une série de polémiques qui 
ont affaibli sa position dans les sondages face à la démocrate 
Hillary Clinton, le candidat républicain a dévoilé son programme 
économique pendant un discours prononcé à Détroit, régulièrement 
interrompu par des manifestants. 
    Outre les baisses d'impôts, qui concerneront en particulier 
les parents qui élèvent des enfants, Donald Trump a promis un 
moratoire temporaire sur de nouvelles réglementations fédérales 
et il s'est engagé à relancer le projet controversé d'oléoduc 
Keystone XL. 
    Le milliardaire a aussi profité de ce discours devant le 
Detroit Economic Club pour lancer une nouvelle charge contre 
Hillary Clinton. 
    "Elle est la candidate du passé. Nous représentons 
l'avenir", a-t-il dit de sa rivale démocrate, dont l'équipe de 
campagne a estimé que la politique fiscale de Trump conduirait 
le pays à la récession. 
    Il s'agissait du premier discours du milliardaire sur 
l'économie depuis qu'il a annoncé la semaine dernière avoir 
constitué une nouvelle équipe de 13 conseillers en la matière, 
alors qu'il cherchait à tourner la page d'une polémique avec la 
famille d'un capitaine de l'US Army tué en Irak. 
    "Il essaie de reprendre la main après ses dérapages des dix 
derniers jours", a commenté Ron Bonjean, un stratège républicain 
à Washington. "Il veut dire aux électeurs qu'il ne se contente 
pas de tweeter en direct sa campagne, qu'il y a une réflexion 
plus profonde derrière sa démarche." 
    Dans le cadre de sa politique de simplification fiscale, 
Trump a proposé de réduire les tranches d'impositions de sept à 
trois et d'abaisser la tranche la plus élevée de 39,6% à 33%. Il 
avait un temps évoqué une tranche supérieure à 25%, mais il a 
renoncé à ce projet dont les experts avaient souligné qu'il 
mettrait en péril les finances du gouvernement. 
    L'homme d'affaires a plaidé pour de nouvelles déductions 
fiscales en faveur des ménages élevant des enfants. Un membre de 
son équipe de campagne a expliqué cette proposition était 
motivée par le fait que "nous ne voulons pas qu'avoir des 
enfants soit un désavantage économique". 
    Trump a aussi confirmé qu'il comptait abaisser le taux de 
l'impôt sur les sociétés à 15%. Le taux actuel est de 35% et les 
républicains militent de longue date en faveur de sa réduction. 
     
    "RÉVOLUTION FISCALE" 
    D'après le banquier Stephen Calk, l'un des membres de son 
équipe de 13 conseillers économiques dévoilée la semaine 
dernière, les propositions de Trump en matière d'impôts 
constituent la plus grande révolution fiscale aux Etats-Unis 
depuis les réformes de Ronald Reagan en 1986. 
    L'objectif de ce plan est de réduire la fiscalité des 
entreprises afin notamment d'inciter les multinationales à 
rapatrier leurs bénéfices réalisés à l'étranger, selon Stephen 
Calk. 
    Donald Trump a fait fortune dans l'immobilier à New York et 
il n'a jamais exercé de mandat électif. Il met en avant cette 
expérience d'homme d'affaires pour défendre sa capacité à créer 
des emplois et critiquer l'actuel président démocrate Barack 
Obama, auquel il reproche une reprise économique trop molle 
après la crise de la fin de la décennie 2000. 
    De l'avis de nombre d'observateurs de la vie politique 
américaine, Donald Trump vient de vivre la pire semaine de sa 
campagne. Celle-ci a été marquée par une polémique avec les 
parents d'un soldat américain de confession musulmane tué dans 
la guerre en Irak mais aussi par de nouvelles critiques de 
dirigeants du parti républicain. 
    Cette séquence a eu des répercussions dans les intentions de 
vote. Un sondage publié dimanche par le Washington Post et ABC 
News lui donne ainsi huit points de retard sur Hillary Clinton, 
à 42% contre 50%. 
    L'équipe de campagne de la candidate démocrate, qui exposera 
ses propres projets économiques jeudi, a accusé Donald Trump, 
avant même son discours, de vouloir baisser les impôts des plus 
riches et des grandes entreprises, de pénaliser les salariés et 
d'entraîner l'économie américaine vers la récession. 
    Donald Trump, dont la base électorale se trouve dans la 
classe ouvrière blanche, a prononcé son discours à Detroit, 
berceau de l'industrie automobile américaine, frappée par des 
délocalisations vers le Mexique, pays que l'homme d'affaires 
prend régulièrement pour cible. 
    Il s'est ainsi engagé à revenir sur certains accords 
commerciaux internationaux, notamment le traité nord-américain 
de libre-échange (Nafta) avec le Canada et le Mexique, promulgué 
en 1994 par le président de l'époque Bill Clinton, mari de 
l'actuelle candidate démocrate. 
 
 (Avec Mike Stone à New York, Susan Heavey et Doinca Chiacu à 
Washington; Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service 
français) 
 
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