USA 2016-Trump et Cruz prêts à réintroduire le "waterboarding"

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    MANCHESTER, New Hampshire, 7 février (Reuters) - Sept ans 
après l'interdiction de la simulation de noyade comme méthode 
d'interrogatoire aux Etats-Unis, deux candidats à l'investiture 
républicaine en vue de l'élection présidentielle ont dit samedi 
vouloir la réintroduire s'ils sont élus et le favori des 
sondages, Donald Trump, a même promis d'aller bien plus loin. 
    "Je réintroduirais la simulation de noyade ("waterboarding") 
et je réintroduirais des choses bien pire que la simulation de 
noyade", a déclaré le magnat de l'immobilier pendant un débat 
diffusé sur la chaîne ABC à trois jours de la primaire dans le 
New Hampshire. 
    Ted Cruz, vainqueur du caucus de l'Iowa, qui a donné le coup 
d'envoi de la course à la Maison blanche, a également laissé 
entendre qu'il n'hésiterait pas à recourir à cette pratique, 
mais de manière moins systématique. 
    Fréquemment utilisé à l'époque de George W. Bush, notamment 
contre les membres présumés d'Al Qaïda détenus à Guantanamo, le 
"waterboarding" a été interdit par Barack Obama dès son arrivée 
à la Maison blanche et a été décrit comme un acte de torture 
dans un rapport de la Commission du renseignement du Sénat en 
2014, malgré les protestations des républicains. 
    "S'il était nécessaire, par exemple, de protéger une ville 
contre une attaque terroriste imminente, vous pouvez être sûrs 
qu'en tant que commandant en chef, j'aurais recours à toutes les 
méthodes d'interrogatoire avancé possibles pour assurer la 
sécurité de ce pays", a déclaré Ted Cruz. 
     
    MARCO RUBIO EN DIFFICULTÉ 
    Le sénateur du Texas a néanmoins dit qu'il ne rétablirait 
pas "l'usage généralisé" de la simulation de noyade et admis que 
cette pratique relevait de la définition qui est faite de la 
torture dans les lois internationales. 
    A l'inverse, Jeb Bush a clairement dit qu'il ne renouerait 
pas avec cette pratique popularisée par son frère pendant les 
guerres en Afghanistan et en Irak. "Le Congrès a modifié les 
lois et (...) je pense que la situation actuelle est celle qui 
convient", a dit l'ancien gouverneur de Floride. 
    Particulièrement ciblé par ses rivaux républicains après sa 
percée au troisième rang du caucus de l'Iowa, Marco Rubio est 
resté plus évasif sur ses intentions, se cachant derrière une  
position de principe selon laquelle il ne conviendrait pas "de 
discuter en détail des méthodes que nous pourrions employer car 
cela permet aux terroristes de s'y préparer". 
    Le sénateur de Floride est plus généralement paru peu à son 
aise pendant ce débat, lui qui entendait s'imposer avant la 
primaire dans le New Hampshire comme le principal rival de 
Donald Trump. 
    Alors qu'il avait réalisé un sans faute lors des sept 
précédentes confrontations, il a notamment été complètement 
déstabilisé par une charge du gouverneur du New Jersey, Chris 
Christie, sur son manque d'expérience présumé. 
    Même s'il s'est par la suite repris, Marco Rubio a ainsi 
laissé selon les observateurs la porte entrouverte aux trois 
autres candidats représentant l'"establishment" républicain - 
Chris Christie, Jeb Bush et le gouverneur de l'Ohio John Kasich 
- face aux trublions que sont Donald Trump, qui n'est pas membre 
du parti, et Ted Cruz, soutenu par l'aile ultra-conservatrice. 
     
 
 (Ginger Gibson, Steve Holland, Emily Stephenson et James 
Oliphant Tangi Salaün pour le service français) 
 )
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