USA 2016-Trump en tête des sondages avant le débat des républicains

le
0

par James Oliphant WASHINGTON, 30 juillet (Reuters) - A une semaine du premier débat entre candidats à l'investiture du Parti républicain pour la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump se détache comme favori de la primaire, déjouant les pronostics de ses adversaires qui pensaient que ses provocations finiraient par faire imploser sa campagne. Dans un sondage Reuters/Ipsos effectué mardi et publié jeudi, le magnat de l'immobilier et producteur de télé-réalité est soutenu par 25% des républicains, avec plus de dix points d'avance sur son rival le mieux placé, l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, crédité de 12%. Vendredi dernier, lors de l'avant-dernière livraison de ce sondage roulant effectué sur cinq jours, 15% des républicains disaient avoir l'intention de voter pour lui à la primaire. L'enquête a été réalisée auprès de 425 républicains et sa marge d'erreur est de plus ou moins 5,5 points de pourcentage. "Il ne s'en va pas", constate Steve Duprey, membre du Comité national républicain, l'organe dirigeant du parti. "Des gens pensaient que sa candidature serait un feu de paille, mais je crois qu'on a sous-estimé son pouvoir de séduction." Six semaines après son entrée en lice, le milliardaire paraît désormais assuré de figurer parmi les dix prétendants que choisira Fox News pour son débat du 6 août, sur 17 candidats déclarés. La chaîne entend en effet s'appuyer sur les enquêtes d'opinion nationales pour sélectionner les heureux élus. Mais ce qui pourrait inquiéter davantage les instances du parti, ce sont les résultats d'un autre sondage Reuters/Ipsos montrant qu'en cas de triangulaire, dans l'hypothèse où Donald Trump se présenterait en tant qu'indépendant, ce qu'il n'exclut pas, le milliardaire siphonnerait une partie des voix républicaines et le candidat démocrate, probablement Hillary Clinton, serait quasiment assuré de la victoire... avec 37% des voix. L'enquête a été effectuée auprès d'un échantillon de 1.280 Américains et sa marge d'erreur est de plus ou moins 3,1 points. "IL CANALISE LA COLÈRE DES MILITANTS" Ce scénario rappelle celui de 1992, lorsque la candidature de l'homme d'affaires Ross Perot avait contribué à saborder la tentative de réélection de George H.W. Bush et permis à Bill Clinton de s'emparer de la présidence avec une majorité relative de 43% des suffrages. Dans le cas de Donald Trump, l'enquête montre qu'il accapare une bonne partie de l'électorat blanc, éminemment stratégique pour le Parti républicain s'il veut compenser l'évolution démographique des Etats-Unis, la poussée de la population hispanique notamment, qui a donné l'avantage aux démocrates lors des deux derniers scrutins présidentiels. En 2012, Mitt Romney a recueilli près de 60% des voix de l'électorat blanc, ce qui n'a pas suffi, puisque Barack Obama a obtenu cinq millions de voix de plus. Selon John Geer, politologue à la Vanderbilt University, les résultats de ces enquêtes montrent que Donald Trump séduit les conservateurs du parti hostiles aux candidats modérés que furent selon eux John McCain en 2008 et Mitt Romney. "Il canalise la colère des militants. Ils cherchent une voix et il se trouve qu'il est là au bon moment", commente John Geer. A Washington, le stratège républicain John Feehery préfère cependant relativiser le phénomène Trump. "Ce ne sont que 25% des électeurs républicains, et la plupart d'entre eux n'ont probablement pas encore beaucoup réfléchi à la présidentielle, nourrissent une haine viscérale à l'égard de (Jeb) Bush et n'ont pas beaucoup entendu parler des autres candidats", souligne-t-il. "Le rideau n'a pas encore été levé. Avec le temps, les gens verront que Trump n'est pas celui qu'ils veulent comme candidat. Mais cela va prendre un moment." VOIR AUSSI ENCADRE-USA 2016-Les candidats à la primaire républicaine ID:nL5N0YZ0B4 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant