USA 2016-Trump critiqué pour avoir suggéré un recours aux armes

le
0
    par Steve Holland 
    WILMINGTON, Caroline du Nord, 10 août (Reuters) - Le 
candidat républicain à la Maison blanche Donald Trump a suggéré 
mardi que les partisans des armes à feu pourraient agir pour 
empêcher sa concurrente démocrate Hillary Clinton de nommer des 
juges libéraux à la Cour suprême américaine, se retrouvant ainsi 
à nouveau sous le feu des critiques alors qu'il essayait 
justement de se tenir à l'écart de toute polémique. 
    "Si elle est mesure de choisir ses juges, il n'y aura rien à 
faire les gars. A moins que ceux qui soutiennent le deuxième 
amendement, peut-être que, je ne sais pas", a déclaré l'homme 
d'affaires lors d'un meeting. 
    Le deuxième amendement de la Constitution américaine 
garantit le droit de porter une arme. 
    Certains des membres de l'assistance assis derrière Donald 
Trump ont grimacé quand le candidat a tenu ces propos, aussitôt 
dénoncés par l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, qui les a 
qualifiés de "dangereux". 
    "Une personne qui veut être président des Etats-Unis ne 
devrait d'aucune manière suggérer la violence." 
    Priée de dire ce que Donald Trump a voulu dire, l'équipe de 
campagne du magnat immobilier a dit qu'il avait encouragé les 
défenseurs du deuxième amendement à mobiliser les électeurs en 
sa faveur lors du scrutin du 8 novembre. 
    "On appelle cela le pouvoir de l'unification. Les partisans 
du deuxième amendement sont animés d'un formidable esprit et 
sont très unis, ce qui leur donne un grand poids politique", a 
précisé l'équipe de campagne de Donald Trump. 
    Ce dernier essaye de tourner la page de ce que nombre 
d'observateurs de la vie politique américaine ont qualifié de 
pire semaine de sa campagne. 
    Celle-ci a surtout été marquée par une polémique avec les 
parents d'un soldat américain de confession musulmane tué dans 
la guerre en Irak mais aussi par de nouvelles critiques de 
dirigeants du parti républicain.   
     
    ELIZABETH WARREN DÉNONCE DES MENACES DE MORT 
    Cinquante responsables de la sécurité nationale 
républicains, dont l'ancien directeur général de la CIA Michael 
Hayden, ont estimé lundi que Donald Trump n'avait pas les 
qualifications nécessaires pour diriger le pays, ajoutant qu'il 
serait "le président le plus imprudent de l'histoire 
américaine".   
    Cette séquence a eu des répercussions dans les intentions de 
vote. Hillary Clinton devance ainsi Donald Trump de plus de sept 
points de pourcentage, selon un sondage Reuters/Ipsos publié 
mardi.   
    Lors d'un autre réunion de Donald Trump, organisée plus tard 
dans la journée à Fayetteville, toujours en Caroline du Nord, 
l'ancien maire de New York Rudy Giuliani a accusé les médias 
d'avoir sorti les déclarations du candidat républicain de leur 
contexte afin de favoriser l'élection d'Hillary Clinton. 
    "Ce qu'il a voulu dire (par cette remarque) c'est que vous 
avez le pouvoir de voter contre elle. Vous avez le pouvoir de 
vous élever contre elle. Vous savez pourquoi ? Parce que vous 
êtes des Américains", a dit Rudi Giuliani. 
    "Cela prouve que la plupart des médias oeuvrent en faveur 
d'Hillary Clinton. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour abattre 
Donald Trump." 
    Mais, avec ses propos sur le deuxième amendement, Donald 
Trump s'est également attiré les critiques de son propre camp, 
dont Michael Hayden, qui a dit sur CNN que l'on n'était "pas 
seulement responsable de ce que l'on dit" mais également "de ce 
que les gens entendent". 
    La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, une des figures de 
proue de l'aile gauche du parti, a estimé sur Twitter que Donald 
Trump "proférait des menaces de mort parce que c'est un lâche 
pathétique qui ne supporte pas le fait de perdre contre une 
femme". 
    En raison d'une récente série de tueries en masse qui ont 
sécoué les Etats-Unis, les armes à feu sont un thème important 
de la campagne, Donald Trump ayant par le passé accusé Hillary 
Clinton de vouloir supprimer le deuxième amendement. 
    En mai dernier,  la National Rifle Association (NRA), 
principal lobby américain des armes à feu, a annoncé qu'elle 
soutiendrait le candidat républicain.       
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant