USA 2016-Trump accuse le "communiste" Sanders des heurts à Chicago

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 (Actualisé avec des déclarations de Bernie Sanders, des propos 
d'Obama, la victoire de Marco Rubio à Washington DC et de Tez 
Cruz dans le Wyoming) 
    par William Philpott 
    DAYTON, Ohio, 13 mars (Reuters) - Le républicain Donald 
Trump a accusé samedi les partisans du démocrate Bernie Sanders 
d'être responsables des échauffourées qui ont conduit à 
l'annulation d'une de ses réunions électorales vendredi à 
Chicago et a qualifié le sénateur du Vermont de "communiste". 
    Un nouvel incident a marqué samedi une réunion publique de 
l'homme d'affaires new-yorkais à l'aéroport international de 
Dayton, dans l'Ohio. Un homme a réussi à franchir les cordons de 
sécurité près de la tribune et quatre agents des services 
secrets se sont aussitôt précipités pour entourer et protéger 
Donald Trump. 
    L'homme, vêtu d'un T-shirt noir et d'un jeans, a été 
maîtrisé et emmené hors de la salle et l'orateur a pu poursuivre 
son discours. 
    Donald Trump, qui fait figure de favori pour l'investiture 
du Parti républicain en vue de l'élection présidentielle de 
novembre aux Etats-Unis, poursuivait sa campagne samedi par des 
réunions dans l'Ohio et le Missouri. 
    Cinq primaires importantes doivent se tenir mardi prochain 
dans l'Ohio et l'Illinois ainsi que dans trois autres Etats. 
    Le meeting de Chicago a été annulé vendredi après des heurts 
entre partisans et adversaires du magnat de l'immobilier. 
    Ces affrontements font suite à une série de violents 
incidents lors de meetings du milliardaire républicain, lors 
desquels des manifestants et des journalistes ont été frappés et 
éjectés. 
    "Tout à coup, une attaque planifiée est arrivée de nulle 
part", a déclaré Donald Trump samedi matin à Dayton en évoquant, 
à propos des organisateurs de la protestation, des 
"professionnels". 
    Il affirme que ses propres partisans ont été insultés et 
"harcelés". "Ils ont été harcelés par ces autres personnes, ces 
autres personnes qui, soit dit en passant, pour certaines 
représentaient Bernie, notre ami communiste." 
    "Maintenant, vraiment, Bernie devrait dire à ses gens (...) 
: 'arrêtez, arrêtez'", a déclaré Donald Trump. 
    Le candidat à la primaire démocrate, challenger d'Hillary 
Clinton, se qualifie lui-même de "socialiste démocrate". 
    Bernie Sanders n'a pas attendu longtemps avant de répondre 
aux accusations de Donald Trump : "Comme il le fait presque tous 
les jours, Donald Trump montre aux Américains qu'il est un 
menteur pathologique". 
    "Même si je prends acte du fait que certains de nos 
partisans étaient présent à la réunion de Donald Trump à 
Chicago, il va de soi que notre campagne n'a pas organisé le 
mouvement de protestation". 
     
    "ENVIRONNEMENT TOXIQUE" 
    Avant la réunion de Dayton, Donald Trump avait qualifié de 
"voyous" ceux qu'il estime responsables de l'annulation de son 
meeting de Chicago. 
    "Ce groupe organisé de personnes, des voyous pour nombre 
d'entre eux, qui ont mis sous le boisseau notre premier 
amendement à Chicago, a complètement dynamisé l'Amérique", 
a-t-il déclaré sur Twitter. 
    Le premier amendement de la Constitution américaine protège 
la liberté d'expression et de réunion. 
    Les meetings du magnat de l'immobilier attirent souvent de 
petits groupes de manifestants mais la réunion de vendredi était 
la première où il y avait semble-t-il autant de pro-Trump que 
d'anti-Trump. 
    Le président américain Barack Obama a déclaré que les 
dirigeants politiques "devaient essayer de nous rassembler et ne 
pas nous monter les uns contre les autres". 
    Hillary Clinton, qui faisait campagne samedi à St.Louis, 
dans le Missouri, s'en est pris directement à Donald Trump pour 
sa "(...) rhétorique conflictuelle" qui, selon elle, encourage 
l'agressivité et la violence. 
    Le magnat immobilier a notamment été très critiqué pour 
avoir appelé à la construction d'un mur à la frontière entre les 
Etats-Unis et le Mexique afin de lutter contre l'immigration et 
pour avoir proposé d'interdire temporairement aux musulmans 
l'entrée aux Etats-Unis.  
    Prié de dire sur CNN s'il était prêt à retirer certains de 
ses propos, Donald Trump a répondu : "(...) A propos 
d'immigration illégale, je n'ai aucun regret d'aucune sorte 
(...) Si je n'avais pas abordé ce thème de l'immigration 
illégale, ça n'aurait même pas été un sujet de campagne". 
    Selon la police, cinq personnes ont été arrêtées vendredi au 
meeting de Chicago, dont un journaliste de CBS News. Deux 
policiers ont été blessés dont l'un a eu besoin de points de 
suture, a indiqué la police 
    Avant l'annulation de Chicago, Donald Trump avait fait une 
apparition vendredi à St. Louis, où des manifestants l'avaient 
contraint à interrompre son discours à plusieurs reprises. 
    Ses rivaux Ted Cruz et Marco Rubio ont fait part de leurs 
critiques, tandis que le quatrième candidat à la primaire 
républicaine, John Kasich, a déclaré à la presse que Trump avait 
créé un contexte "toxique". 
    "Et cet environnement toxique a permis à ses partisans, et à 
ceux qui cherchent la confrontation, de se retrouver dans la 
violence", a déclaré le gouverneur de l'Ohio. 
    Selon Marco Rubio, les images de Chicago font "apparaître 
les Etats-Unis comme un pays du Tiers monde", tandis que Ted 
Cruz a qualifié de "tristes" les incidents de la métropole de 
l'Illinois. 
     
    UN NOUVEAU "SUPER TUESDAY" 
    Avant ce qui s'annonce comme un nouveau "Super Tuesday", à 
l'issue duquel Marco Rubio et John Kasich se retrouveraient en 
grande difficulté s'ils ne l'emportent dans les Etats où ils 
sont élus, respectivement la Floride et l'Ohio, des résultats de 
primaires d'importance secondaire sont tombés samedi. 
    Côté democrate, Hillary Clinton a remporté quatre délégués 
lors de la primaire organisée dans les Iles Mariannes du Nord, 
contre deux pour Bernie Sanders, ce qui donne à la première un 
total de 766 contre 551 pour le second. 
    Quatre cent soixante-cinq "superdélégués" démocrates ont 
promis d'apporter leur voix à l'ancienne secrétaire d'Etat 
contre seulement 25 pour le sénateur du Vermont. Un candidat 
démocrate doit aboutir à un total de 2.383 délégués pour 
décrocher la nomination. 
    Chez les républicains, Marcio Rubio a gagné la primaire de 
Washington D.C. (District of Columbia), glanant 10 délégués 
supplémentaires et battant de peu John Kasich (+neuf délégués). 
    Dans le Wyoming, c'est Ted Cruz qui l'a emporté, rajoutant 
neuf délégués à son total après avoir obtenu environ deux tiers 
des voix. Donald Trump et Marco Rubion ont glané chacun un 
délégué dans cet Etat. 
    Donald Trump continue de faire la course en tête en termes 
de délégués, avec un total de 460, contre 369 pour Ted Cruz, 163 
pour Marco Rubio et 63 pour John Kasich. Il faut aboutir à 1.237 
délégués côté républicain, où il n'y a pas de "superdélégués" 
pour être investi candidat à l'élection présidentielle. 
    Trois soixante-sept délégués sont en jeu mardi chez les 
républicains, dont 99 en Floride et 66 dans l'Ohion deux Etats 
où le vainqueur du scrutin remportera la totalité de la mise. 
    Chez les démocrates, les scrutins de mardi détermineront 
l'attribution de 792 délégués.     
 
 (Emily Flitter et Fiona Ortiz; Danielle Rouquié, Guy Kerivel et 
Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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