USA 2016-Sarah Palin apporte son soutien à Donald Trump

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    par Emily Flitter 
    AMES, Iowa, 20 janvier (Reuters) - La républicaine Sarah 
Palin, ancienne candidate à la vice-présidence américaine, a 
apporté mardi son soutien à l'homme d'affaires Donald Trump dans 
la course à l'investiture du "Grand Old Party" pour le scrutin 
présidentiel de novembre prochain. 
    L'ancienne égérie du Tea Party, qui figurait sur le "ticket" 
de John McCain à la présidentielle de 2008 remportée par Barack 
Obama, a prononcé un discours enflammé lors d'un meeting du 
milliardaire à Ames, dans l'Iowa, en affirmant que le "statu quo 
d(eva)it cesser".  
    L'Iowa ouvre le bal des primaires le 1er février et Donald 
Trump, qui caracole en tête des sondages au niveau national chez 
les républicains, y est menacé par un autre représentant de 
l'aile ultraconservatrice, le sénateur du Texas Ted Cruz.  
    Les républicains de cet Etat du Middle West penchent vers la 
droite du Parti républicain et comptent de nombreux évangélistes 
dans leurs rangs. Sarah Palin, qui est populaire auprès de cet 
électorat, avait apporté son soutien à Ted Cruz lorsque ce 
dernier avait brigué le poste de sénateur du Texas en 2012.  
    L'intéressé a répondu à ce changement d'allégeance avec 
magnanimité: "Quoi qu'elle fasse en 2016, je resterai un grand 
fan", a dit Ted Cruz sur Twitter.  
    Le franc-parler et le côté "rustique" de l'ancienne 
gouverneure de l'Alaska valent à Sarah Palin son lot de 
partisans à l'aile droite du Parti républicain, mais elle reste 
un personnage qui divise, même au sein du GOP.  
    Rien n'indique d'ailleurs que son soutien à Donald Trump 
contribuera à conforter la cote du magnat de l'immobilier, dont 
le discours économique protectionniste et les diatribes de 
bateleur contre les immigrés et les musulmans est un message 
adressé aux Américains les plus déshérités, qui ont le sentiment 
d'être oubliés des deux grands partis, républicain et démocrate. 
   
    L'homme d'affaires s'est dit "très honoré" de ce soutien. 
"C'est une amie, une personne d'une grande qualité pour laquelle 
j'ai un profond respect", a-t-il ajouté. 
     
    "PUIS-JE AVOIR UN ALLELUIA ?" 
    "Il vient du secteur privé, ce n'est pas un politicien", a 
déclaré Sarah Palin dans son discours. "Puis-je avoir un 
alléluia ?" a-t-elle lancé, assurant notamment que Donald Trump 
"bottera le cul d'ISIS (l'acronyme anglais du groupe djihadiste 
Etat islamique, NDLR)".  
    Sarah Palin a déclaré que le fait que Trump soit 
milliardaire n'était pas un problème, que cela ne faisait pas de 
lui un membre de l'élite.  
    "Le statu quo doit cesser", a affirmé l'égérie du mouvement 
Tea Party, ajoutant que l'establishment politique "portait le 
politiquement correct un peu comme on porte un gilet 
d'explosifs".  
    En dépit de la victoire démocrate, la campagne 
présidentielle de 2008 a fait de Sarah Palin une célébrité aux 
Etats-Unis. La "hockey mom" avait alors professé son amour pour 
la chasse et défendait ardemment le forage pétrolier en Alaska.  
    Depuis 2009, Sarah Palin a démissionné de son poste de 
gouverneur de l'Alaska pour devenir commentatrice pour des 
médias conservateurs et productrice et actrice d'émissions de 
téléréalité dans laquelle elle se filme avec sa famille dans les 
rudes paysages de l'Alaska.   
    Mais même certains de ses admirateurs se demandent si elle 
n'a pas fait son temps, notamment depuis un discours parfois 
incompréhensible prononcé il y a un an devant les électeurs 
conservateurs de l'Iowa.  
    Joe Brettell, un stratège républicain du Texas, estime que 
l'effet Sarah Palin n'ira pas "au-delà d'un soubresaut dans le 
cycle des actualités".  
    Les gens venus écouter le milliardaire à Ames étaient 
eux-mêmes divisés en sortant du meeting, certains saluant une 
Sarah Palin "enthousiasmante", d'autres estimant que Donald 
Trump n'avait pas besoin d'elle pour s'en sortir.  
    Quelques heures avant ce discours, le fils aîné de 
l'ancienne candidate à la vice-présidence américaine a été 
arrêté par la police pour violence conjugale, a rapporté la 
police de Wasilla, en Alaska, où vit la famille.   
 
 (Emily Flitter avec Eric Beech, Guy Kerivel et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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