USA 2016-Sanders s'en prend à la direction du Parti démocrate

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    * Inquiétudes dans les rangs démocrates alors qu'un sondage 
donne Trump devant Clinton 
    * Sanders veut peser sur l'orientation politique du parti 
    * "Je ne veux pas qu'entre deux maux le peuple américain ait 
à choisir le moindre", dit-il 
    * Six Etats doivent encore voter 
 
    par John Whitesides 
    WASHINGTON, 23 mai (Reuters) - A deux semaines du dernier 
grand rendez-vous de la primaire démocrate, Bernie Sanders a 
haussé le ton, accusant les élites du Parti de se couper des 
catégories populaires et désavouant la présidente du Comité 
national du parti. 
    Le sénateur du Vermont, distancé par Hillary Clinton, a 
également réitéré ses critiques contre le système des "super 
délégués", élus du parti libres de leur choix qui, dit-il, ont 
"adoubé" l'ex-secrétaire d'Etat en faisant savoir très tôt 
qu'ils la soutiendraient. 
    Depuis le début des primaires, le 1er février dans l'Iowa, 
le partisan d'un "socialisme démocratique" s'est imposé dans 20 
Etats; Hillary Clinton l'a emporté elle dans 24 Etats. Dans la 
course aux délégués, qu'elle domine largement, l'ex-sénatrice de 
New York semble assurée de décrocher les 2.383 voix qui lui 
seront nécessaires pour obtenir en juillet l'investiture du 
parti lors de la convention de Philadelphie. 
    Six Etats, dont la Californie et le New Jersey, n'ont pas 
encore voté -- ce sera chose faite le 7 juin prochain. Le 
district fédéral de Columbia fermera le ban une semaine plus 
tard.  
    Mais les délégués étant attribués à la proportionnelle, il 
n'est guère probable que Sanders puisse combler son retard et 
Clinton se présente désormais comme la candidate présumée du 
Parti démocrate, axant de plus en plus sa campagne sur le 
républicain Donald Trump en vue de l'élection présidentielle du 
8 novembre. 
    Le sénateur du Vermont, même s'il reconnaît l'ampleur de la 
tâche qui l'attend, affirme pourtant qu'il peut encore 
l'emporter et ignore les appels de responsables démocrates qui 
estiment qu'en se maintenant dans la course, il fait le jeu du 
Parti républicain en affaiblissant Clinton. 
     
    RAMENER LE PARTI VERS LA GAUCHE 
    L'inquiétude est montée d'un cran dans les rangs démocrates 
avec la publication, dimanche, d'un sondage Washington Post-ABC 
News dans lequel l'homme d'affaires new-yorkais passe devant 
Clinton avec 46% des intentions de vote contre 44%. En mars, 
l'ex-Première dame le devançait encore de neuf points. 
    Diffusé le même jour, un sondage NBC News/Wall Street 
Journal ne donne plus que trois points d'avance à Clinton (46% 
contre 43%) quand elle en avait onze en avril. En cas de duel 
Sanders-Trump, ce même sondage crédite le sénateur du Vermont de 
54% des intentions de vote contre 39% seulement pour le 
milliardaire new-yorkais. 
    Sanders veut en finir avec les "super délégués", un système 
qu'il juge antidémocratique. Il a réaffirmé dimanche que leur 
empressement à soutenir Clinton avant même le début des 
primaires équivalait à un "processus d'adoubement" de sa rivale. 
    S'il est élu, a-t-il annoncé au cours du week-end, il ne 
reconduira pas Debbie Wasserman Schultz, élue de Floride à la 
Chambre des représentants, à la présidence du Comité national 
démocrate, qu'il accuse de parti pris en faveur de Clinton, et a 
apporté son soutien à Tim Canova, qui lui conteste l'investiture 
de candidat du parti en Floride. 
    En restant dans la course jusqu'à Philadelphie, Sanders veut 
aussi peser sur les orientations politiques d'un parti auquel il 
reproche de s'être éloigné des classes populaires. Si Clinton, 
ne se rapproche pas de son programme de lutte contre les 
inégalités de revenus et les excès de Wall Street, a-t-il dit, 
"elle va avoir des problèmes". 
    "Je ne veux pas qu'entre deux maux le peuple américain ait à 
choisir le moindre. Je veux que le peuple américain vote pour 
une vision de justice économique, sociale, environnementale, 
raciale", a-t-il dit dimanche sur ABC. 
    "Franchement, ce que fait le Parti démocrate, c'est courir 
de villa en villa et collecter des sommes d'argent obscènes 
auprès des riches. Ce que nous devons faire, c'est dire aux 
classes populaires: nous sommes à vos côtés." 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:   
    Le TABLEAU des primaires:   
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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