USA 2016-Paul Ryan prend encore un peu plus ses distances avec Trump

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 (Actualisé avec les propos du RNC) 
    par Richard Cowan et Susan Cornwell 
    WASHINGTON, 11 octobre (Reuters) - Le président républicain 
de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a annoncé lundi 
qu'il prenait ses distances avec Donald Trump, une décision 
inédite qui renforce l'isolement du candidat républicain à la 
Maison blanche tout en enfonçant un peu plus son parti dans 
l'une de ses pires crises depuis des décennies. 
    Au lendemain d'un deuxième débat national jugé par la presse 
américaine comme "le plus affreux de l'histoire politique" des 
Etats-Unis, Paul Ryan a convoqué une conférence téléphonique 
d'urgence avec des élus du Grand Old Party. 
    Lors de cette conférence, il a laissé entendre que la 
victoire de la démocrate Hillary Clinton à l'élection 
présidentielle du 8 novembre était quasiment acquise et qu'il 
allait maintenant consacrer toute son énergie à sauver la 
majorité dont dispose le parti dans les deux chambres du 
Congrès. 
    Sans aller jusqu'à lui retirer totalement son soutien dans 
la course à la présidentielle, Paul Ryan a déclare que Donald 
Trump ne pouvait désormais plus compter sur le soutien du parti 
et que lui ne défendrait le candidat, ni sa campagne dans la 
période cruciale du dernier mois précédant l'élection. 
    Donald Trump est confrontée à la plus grave polémique d'une 
campagne qui en a pourtant déjà compté un certain nombre depuis 
la publication vendredi d'une vidéo où on l'entend tenir des 
propos obscènes à l'égard des femmes. 
    Paul Ryan, qui s'est dit révulsé ce week-end par cette 
vidéo, a toutefois nuancé l'abandon de Donald Trump en précisant 
sur Twitter qu'il ne revenait pas sur son "endorsement", 
autrement dit son engagement personnel en faveur du candidat. 
    La stratégie des ténors du GOP semble désormais être 
d'empêcher le camp démocrate de réussir un grand chelem en 
novembre en conservant la présidence et en récupérant tout ou 
partie du Congrès. 
    Le mot d'ordre est de ne pas offrir un "chèque en blanc" à 
Hillary Clinton si elle succède à Barack Obama à la Maison 
blanche, précise-t-on de source républicaine. 
    Les parlementaires républicains s'inquiètent des 
conséquences négatives que la campagne du milliardaire 
pourraient avoir à la fois sur le Congrès dès le 8 novembre et, 
au-delà, sur le parti lui-même. 
     
    DÉBAT CALAMITEUX 
    Fidèle à son habitude, Donald Trump n'a pas tardé à réagir 
appelant Paul Ryan à ne pas "perdre son temps" en s'opposant au 
candidat investi par son propre parti. 
    "Paul Ryan devrait passer plus de temps sur l'équilibre du 
budget, les emplois et l'immigration et ne pas le gâcher en 
s'opposant au candidat républicain", écrit Donald Trump sur son 
compte Twitter. 
    La publication vendredi par le Washington Post d'une vidéo 
datant de 2005 dans laquelle Donald Trump tient des propos 
obscènes sur les femmes a achevé de lui aliéner la direction du 
Parti républicain, déjà hérissée par ses précédentes 
déclarations outrancières. 
    Près de la moitié des 332 sénateurs, représentants et 
gouverneurs républicains actuellement en place ont condamné les 
propos tenus par l'homme d'affaires dans cet enregistrement. 
Environ un dixième de ces élus (selon un décompte de Reuters) 
ont appelé à son retrait de l'élection présidentielle. 
    Un tel scénario n'a aucune chance d'aboutir, d'abord parce 
que Donald Trump, conscient qu'il ne peut désormais compter que 
sur lui-même, a exclu l'idée de renoncer et ensuite parce que 
les opérations de vote par anticipation ont commencé dans 
certains Etats, posant un problème légal de remplacement d'un 
candidat. 
    Le président du Comité national républicain (RNC) Reince 
Priebus a déclaré lors d'une conférence téléphonique qu'il n'y 
avait pas de différend entre le comité et Donald Trump, ont dit 
deux membres du RNC sous couvert d'anonymat. 
    "Toute propos disant que le RNC ne soutient pas pleinement 
le tandem Trump-Pence est infondé", a précisé l'un de ces deux 
membres. 
    Dominé lors du premier débat le 26 septembre, Donald Trump a 
choisi de passer à l'offensive dimanche soir lors du deuxième 
face à face contre Hillary Clinton. 
    Tous les observateurs ont souligné l'indigence des échanges 
entre les deux candidats, les attaques personnelles et les 
accusations réciproques d'incompétence prenant le pas sur les 
questions de fond. 
    Le duel a été marqué par une brutalité verbale peu commune 
qui rendait difficile la désignation d'un vainqueur. Un 
troisième débat est prévu le 19 octobre. 
    L'audience a nettement chuté à l'occasion de ce deuxième 
débat, qui a été vu par 63,6 millions d'Américains contre le 
chiffre record de 84 millions du premier. 
    Un sondage NBC/Wall Street Journal montre qu'Hillary Clinton 
a accru son avance sur son rival. L'enquête, menée après la 
publication de la vidéo mais avant le débat, montre que 
l'ancienne secrétaire d'Etat, dans une configuration avec quatre 
candidats, recueille 46% des intentions de vote de ceux 
susceptibles de se rendre aux urnes contre 35% pour Donald 
Trump. 
 
 (Avec la contribution de David Morgan, Michelle Conlin, Amanda 
Becker, Andy Sullivan et Susan Heavey, Pierre Sérisier et Benoît 
Van Overstraeten pour le service français) 
 
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