USA 2016-Les rivaux de Trump font front commun lors d'un débat

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    par Steve Holland 
    DETROIT, 4 mars (Reuters) - Donald Trump a une nouvelle fois 
été la cible de ses adversaires dans la course à l'investiture 
républicaine qui ont dénoncé jeudi les contradictions du 
milliardaire avant d'admettre à contre-coeur qu'ils le 
soutiendraient s'il remportait les primaires. 
    Le sénateur de Floride, Marco Rubio, le sénateur du Texas, 
Ted Cruz, et le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, ont fait 
front commun lors du 11e débat télévisé de la campagne en 
promettant de tout faire pour qu'un autre candidat que Trump 
soit investi en vue de la présidentielle de novembre. 
    Cette nouvelle charge contre le magnat de l'immobilier 
faisait écho à l'intervention dans le débat de Mitt Romney, le 
candidat républicain battu par Barack Obama en 2012. 
    Lors d'un discours prononcé dans la journée à l'Université 
de l'Utah à Salt Lake City, Romney a pris position contre Donald 
Trump, qu'il a qualifié d'imposteur, estimant que son 
investiture était la garantie de voir les démocrates, 
probablement conduits par Hillary Clinton, l'emporter le 8 
novembre. 
    Comme lors des précédents débats, le ton est rapidement 
monté entre les prétendants pour atteindre le niveau des 
disputes de cour d'école. 
    Après l'avoir accusé de mensonges, les trois adversaires de 
Donald Trump ont dû reconnaître à contre-coeur qu'ils n'auraient 
pas d'autre solution que de se ranger derrière lui s'il sortait 
vainqueur des primaires. 
    Interrogé pour savoir si lui soutiendrait un autre candidat, 
l'homme d'affaires a d'abord paru surpris à l'idée de cette 
éventualité avant finalement d'admettre qu'il se plierait au 
verdict des électeurs. 
    Le parti républicain cherche désespérément une réponse aux 
succès répétés dans les urnes de Trump, un homme qui n'est pas 
issu du sérail mais qui, à coup de provocations, fait largement 
la course en tête depuis le début des primaires. 
    L'enjeu pour les dirigeants républicains est d'empêcher 
Trump, 69 ans, de s'imposer le 15 mars en Floride et dans 
l'Ohio, deux Etats qui lui ouvriraient grand les portes de 
l'investiture s'ils tombaient dans son escarcelle. 
    Jeudi, l'ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney 
s'en est pris à celui qu'il a qualifié tour à tour de "misogyne" 
ou d'"imposteur", laissant entendre qu'il conduirait les 
Etats-Unis à la catastrophe s'il arrivait à la Maison blanche. 
  
    Selon la chaîne CNN, qui cite une source proche du parti, 
Romney manoeuvre par ailleurs pour empêcher Trump d'obtenir 
l'investiture en provoquant une "convention négociée", qui 
éviterait d'avoir à s'en remettre au vote des délégués désignés 
pendant les primaires.   
     
    "TU ES UN MENTEUR" 
    Lors du débat diffusé jeudi sur Fox News, Trump a dû se 
défendre contre les critiques de Romney, mais aussi de nouvelles 
attaques du sénateur de Floride Marco Rubio, qui lui a demandé 
pourquoi il n'avait pas relocalisé aux Etats-Unis ses activités 
textiles en Chine et au Mexique, lui qui répète depuis le début 
de la campagne qu'il va créer des emplois pour les Américains. 
    "Ce petit homme dit tellement de mensonges", a répondu 
Trump, qui aime qualifier son rival de "poids léger", en 
assurant avoir ramené aux Etats-Unis une partie de ses 
activités. 
    Le sénateur du Texas Ted Cruz a de son côté laissé entendre 
que Trump serait le pire candidat possible pour battre Hillary 
Clinton, pratiquement assurée d'obtenir l'investiture dans le 
camp démocrate, puisqu'il a financé par le passé les activités 
de l'ex-sénatrice de New York. 
    "C'était pour le bien de mes affaires", a rétorqué le magnat 
de l'immobilier. "Laissez-moi vous dire une chose, Ted, la 
dernière personne que Hillary Clinton veut affronter, c'est 
Donald Trump", a-t-il affirmé. 
    Rubio et Cruz ont aussi remis sur la table la question de 
l'interview accordée par Trump à l'équipe éditoriale du New York 
Times le 5 janvier, pendant laquelle il aurait dit qu'il ne 
fallait pas prendre au sérieux ses propositions en matière de 
lutte contre l'immigration, comme la construction d'un mur le 
long de la frontière mexicaine ou l'expulsion de tous les 
clandestins. 
    Les adversaires du milliardaire l'appellent depuis le début 
de la semaine à demander la diffusion de l'enregistrement de la 
conversation "off the record", le journal ayant dit qu'il ne le 
ferait pas sans cela, mais Trump a jusqu'à présent fait la 
sourde oreille. 
    "Diffuse l'enregistrement", a lancé à nouveau Cruz à Trump 
pendant le débat. 
    "Tu es un menteur", lui a répondu ce dernier.     
     
 
 (Tangi Salaün et Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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