USA 2016-Les républicains veulent sauver leur majorité au Congrès

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 (Actualisé avec précisions 8-9, réaction Trump 10-11) 
    par Richard Cowan 
    WASHINGTON, 10 octobre (Reuters) - Le président républicain 
de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a un peu plus pris 
ses distances avec Donald Trump, lundi, sans toutefois aller 
jusqu'à lui retirer totalement son soutien dans la course à la 
présidentielle. 
    Au lendemain d'un deuxième débat national jugé par la presse 
américaine comme "le plus affreux de l'histoire politique" des 
Etats-Unis, Paul Ryan a convoqué une conférence téléphonique 
d'urgence avec des élus du Grand Old Party. 
    L'objet de cette initiative était pour Paul Ryan d'expliquer 
qu'à 30 jours du scrutin du 8 novembre, il convenait de sauver 
ce qui pouvait encore l'être : la majorité dont bénéficie le GOP 
dans les deux chambres du Congrès. 
    Paul Ryan n'est pas allé jusqu'à dire qu'il considérait la 
présidentielle comme perdue mais il a confirmé que désormais 
Trump ne pouvait plus compter sur le soutien du parti et que lui 
ne défendrait ni Trump, ni sa campagne dans la période cruciale 
du dernier mois précédant l'élection. 
    Le leader républicain a toutefois nuancé l'abandon de Trump 
en précisant sur Twitter qu'il ne revenait pas sur son 
"endorsement", autrement dit son engagement personnel en faveur 
du candidat. 
    La stratégie des ténors du GOP semble désormais être 
d'empêcher le camp démocrate de réussir un grand chelem en 
novembre en conservant la présidence et en récupérant tout ou 
partie du Congrès. 
    Le mot d'ordre est de ne pas offrir un "chèque en blanc" à 
Hillary Clinton si elle succède à Barack Obama à la Maison 
blanche, précise-t-on de source républicaine. 
    Les parlementaires républicains s'inquiètent des 
conséquences négatives que la campagne du milliardaire 
pourraient avoir à la fois sur le Congrès dès le 8 novembre et 
au-delà sur le parti lui-même. 
    L'initiative prise lundi par Paul Ryan est extrêmement rare 
et traduit la crise qui touche le parti, la plus grave depuis 
des décennies. 
     
    DÉBAT CALAMITEUX 
    Fidèle à son habitude, Donald Trump n'a pas tardé à réagir 
appelant Paul Ryan à ne pas "perdre son temps" en s'opposant au 
candidat investi par son propre parti. 
    "Paul Ryan devrait passer plus de temps sur l'équilibre du 
budget, les emplois et l'immigration et ne pas le gâcher en 
s'opposant au candidat républicain", écrit Trump sur son compte 
Twitter. 
    La publication vendredi par le Washington Post d'une vidéo 
datant de 2005 dans laquelle Donald Trump tient des propos 
obscènes sur les femmes a achevé de lui aliéner la direction du 
Parti républicain, déjà hérissée par ses précédentes 
déclarations outrancières. 
    Près de la moitié des 332 sénateurs, représentants et 
gouverneurs républicains actuellement en place ont condamné les 
propos tenus par l'homme d'affaires dans cet enregistrement. 
Environ un dixième de ces élus (selon un décompte de Reuters) 
ont appelé à son retrait de l'élection présidentielle. 
    Un tel scénario n'a aucune chance d'aboutir, d'abord parce 
que Trump, conscient qu'il ne peut désormais compter que sur 
lui-même, a exclu l'idée de renoncer et ensuite parce que les 
opérations de vote par anticipation ont commencé dans certains 
Etats, posant un problème légal de remplacement d'un candidat. 
    Dominé lors du premier débat le 26 septembre, Donald Trump a 
choisi de passer à l'offensive dimanche soir lors du deuxième 
face à face contre Hillary Clinton. 
    Tous les observateurs ont souligné l'indigence des échanges 
entre les deux candidats, les attaques personnelles et les 
accusations réciproques d'incompétence prenant le pas sur les 
questions de fond. 
    Le duel a été marqué par une brutalité verbale peu commune 
qui rendait difficile la désignation d'un vainqueur. Un 
troisième débat est prévu le 19 octobre.       
 
 (Avec Timothy Ahmann; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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