USA 2016 - Les républicains à l'assaut de la Caroline du Sud

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    par Steve Holland 
    GREENVILLE, Caroline du Sud, 13 février (Reuters) - Quatre 
jours après son ample succès dans la primaire du New Hampshire, 
Donald Trump sera de nouveau ce samedi au centre du débat entre 
les candidats à l'investiture républicaine, le neuvième du genre 
depuis le début de la campagne. 
    Le milliardaire new-yorkais avait boycotté le précédent 
débat télévisé, juste avant le rendez-vous électoral du New 
Hampshire, sans que sa décision n'ait d'influence sur l'issue de 
cette primaire. Il s'est imposé avec plus de 35% des voix et 
vingt points d'avance sur son plus proche rival, le gouverneur 
de l'Ohio John Kasich. 
    Trump fait également la course en tête dans les intentions 
de vote en vue de la primaire de Caroline du Sud, le 20 février. 
La dernière moyenne des sondages compilée par le site Real Clear 
Politics le crédite d'un score un peu inférieur à 36%, loin 
devant Ted Cruz, le sénateur du Texas qui s'était imposé dans 
les caucus de l'Iowa, mesuré un peu en-dessous des 19%. 
    Le sénateur de Floride Marco Rubio arrive en troisième 
position (14%), devant l'ex-gouverneur et frère et fils de 
président Jeb Bush (11%) et John Kasich (un peu plus de 6%). 
Avec 6%, Ben Carson occupe la queue d'un peloton qui s'est 
réduit à six candidats seulement quand ils étaient encore douze 
en lice au coup d'envoi de la saison des primaires, le 1er 
février dans l'Iowa.  ID:nL8N15O2QW  
    Pour ses challengers, il devient urgent de semer le doute 
sur l'aptitude de Trump à endosser le costume de président de la 
première puissance mondiale. Le débat retransmis depuis 
Greenville, en Caroline du Sud, par CBS à partir de 21h00 
(dimanche 02h00 GMT), devrait leur en fournir une nouvelle 
occasion. 
    "A mon avis, cela va être une mêlée", avance Doug Heye, 
spécialiste des élections au Parti républicain. 
     
    TRUMP DOIT COMMENCER À SE PRÉSIDENTIALISER 
    Jusqu'à présent, les attaques lancées contre Trump dans ces 
débats n'ont que rarement rencontré le succès tant le promoteur 
immobilier, ex-animateur d'une émission de téléréalité, a su à 
chaque fois retomber sur ses pieds et renvoyer ses adversaires 
dans les cordes. 
    Mais la facilité avec laquelle il a recours à l'injure 
pourrait froisser une partie des votants en Caroline du Sud, où 
les chrétiens évangéliques constituent un important bloc 
électoral. En campagne vendredi sur le campus de l'Université 
évangélique Bob Jones, Jeb Bush a tenté de jouer cette carte: "Y 
a-t-il quelqu'un qui s'inquiète d'entendre le candidat en tête 
hurler des obscénités devant des enfants ?", a-t-il demandé. 
    David Yepsen, directeur de l'institut d'études politiques 
Paul Simon de la Southern Illinois University, estime que les 
six candidats encore en lice auront tous quelque chose à prouver 
ce samedi soir à Greenville. 
    Trump, dit-il, doit commencer à "se présidentialiser" sans 
pour autant perdre les caractéristiques qui l'ont propulsé en 
tête de la course à l'investiture démocrate. 
    Kasich, arrivé à la deuxième place dans le New Hampshire, 
doit entretenir la dynamique pour se positionner comme le 
candidat "modéré". Rubio, qui semblait le mieux placé après 
l'Iowa pour s'arroger ce statut de "modéré", va devoir effacer 
sa piètre prestation dans le New Hampshire. 
    Cruz doit pour sa part solidifier son rang auprès des 
électeurs évangéliques et Bush démontrer que sa campagne n'est 
pas vouée à l'échec. Quant à Carson, qui a un temps tenu tête à 
Trump dans les sondages nationaux, il doit prouver qu'il est 
toujours dans la course après ses faibles résultats dans l'Iowa 
(9,3%) et surtout le New Hampshire (2,3%) 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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