USA 2016-Les pro-Sanders refusent de rejoindre le rang

le
0
 (Actualisé avec discours d'ouverture de Bernie Sanders et 
Michelle Obama) 
    par John Whitesides et Luciana Lopez 
    PHILADELPHIE, Pennsylvanie, 26 juillet (Reuters) - Les 
divisions du parti démocrate ont continué d'être apparentes 
lundi lors de l'ouverture de la convention démocrate, à l'heure 
où le sénateur du Vermont Bernie Sanders peine à contrôler ses 
partisans, qui refusent à grands cris de soutenir Clinton. 
    "Hillary Clinton doit devenir la prochaine présidente des 
Etats-Unis", a dit le sénateur du Vermont face à des défenseurs 
remontés, qui ont hué jusqu'à la seule mention de 
l'ex-secrétaire d'Etat.   
    "Hillary Clinton fera une présidente remarquable et je suis 
fier de me tenir à ses côtés", a-t-il ajouté dans un discours 
que pro-Sanders et pro-Clinton ont parfois couvert de chahuts 
concurrents. 
    Au terme de quatre jours de réunion, la convention démocrate 
doit adouber l'ex-secrétaire d'Etat pour l'élection 
présidentielle du 8 novembre aux Etats-Unis. Les troubles de 
lundi laissent craindre que la conquête des électeurs de Sanders 
par Clinton sera difficile, sinon compromise. 
    Dans un courriel aux délégués, le sénateur du Vermont les 
avait invités lundi après-midi à plus de tenue, consigne peu 
respectée. 
    "Notre crédibilité en tant que mouvement sera dommagée par 
des huées, les dos tournés, les sorties de la salle et autres 
démonstrations. C'est ce que veulent les médias. C'est ce que 
veut Donald Trump", avait-t-il dit. 
    Dans un discours qui a suscité plus d'unité, la Première 
dame des Etats-Unis, Michelle Obama a volé la vedette au 
sénateur du Vermont et semblé renouveler l'enthousiasme des 
démocrates.  
    Evoquant la manière dont elle éduque ses filles, Sasha et 
Malia, elle a résumé sa posture face à la campagne de Donald 
Trump, qui met en cause régulièrement Barack Obama, et le dit  
musulman. 
    "Quand quelqu'un est cruel ou se comporte comme une brute, 
on ne s'abaisse pas à son niveau. Non, notre devise, c'est : 
'quand ils visent bas, nous visons plus haut'", a dit la 
Première dame. 
    "Il n'y a qu'une personne dont je pense qu'elle soit 
vraiment qualifiée pour être présidente des Etats-Unis, et il 
s'agit de notre amie Hillary Clinton" a-t-elle poursuivi avant 
de défendre une candidate démocrate "qui ne cède jamais à la 
pression" 
     
    EXCUSES SINCÈRES 
    La divulgation par Wikileaks de 19.000 courriels suggérant 
que le Comité national démocrate (CND) a cherché à saborder la 
campagne Sanders a mis à mal le front uni que souhaitaient 
présenter les dirigeants du parti pour mieux contrer la campagne 
accidentée du candidat républicain Donald Trump. 
    L'instance dirigeante du parti a présenté ses excuses à 
Bernie Sanders après la publication par Wikileaks de courriels 
du CND questionnant notamment son athéisme et évoquant sa 
judaïté. 
    "Au nom de tout le monde au CND, nous voulons présenter au 
sénateur Sanders nos profondes et sincères excuses pour les 
remarques impardonnables faites par courriel", a dit lundi le 
CND dans un communiqué. 
    Battu lors de la primaire démocrate par l'ex-secrétaire 
d'Etat, Bernie Sanders a dénoncé à plusieurs reprises les 
oppositions du parti dont il aurait fait l'objet.  
    Investi la semaine dernière à Cleveland dans l'Ohio par le 
Parti républicain, Donald Trump a pratiquement refait son retard 
sur sa rivale démocrate dans les intentions de vote selon le 
dernier sondage Reuters/Ipsos. Un sondage CNN/ORC lui donne même 
trois points d'avance, à 48% contre 45%. 
 
    UNE PISTE RUSSE ? 
    Le sénateur du Vermont a contribué lui-même au malaise de 
lundi en réclamant et obtenant dimanche la démission de la 
présidente du Parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz, après 
la publication des courriels incriminants. 
    Debbie Wasserman Schultz, qui s'exprimait lundi quelques 
heures avant l'ouverture officielle de la convention devant des 
délégués de son Etat, la Floride, s'est fait huer.  
    La présidente démissionnaire du Comité national démocrate a 
annoncé par la suite qu'elle renonçait à prononcer le discours 
d'ouverture de la convention. 
    Les partisans de Sanders, plus jeunes et plus marqués à 
gauche que ceux de Clinton, ont accueilli avec amertume ces 
courriels qui donnent du crédit aux accusations formées par leur 
champion pendant la primaire. Ils étaient déjà déçus que Clinton 
ait choisi comme colistier le sénateur modéré de Virginie Tim 
Kaine plutôt qu'Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts et 
figure de la gauche du parti. 
    Le FBI a annoncé lundi qu'il enquêterait sur le piratage qui 
a conduit à la publication de ces courriels. 
    L'équipe de campagne de Clinton s'est publiquement 
interrogée sur une possible piste russe, notant que Trump avait 
eu des mots élogieux à l'égard de Vladimir Poutine et que Moscou 
pourrait avoir intérêt à favoriser son élection.     
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a 
démenti ces accusations en marge d'une réunion avec le 
secrétaire d'Etat américain John Kerry mardi au Laos. 
     "Je ne veux pas utiliser de gros mot", a-t-il dit à des 
journalistes qui l'interrogeaient sur la responsabilité russe 
dans le piratage des courriels. 
 
 (avec Jonathan Allen, Amy Tennery, Alana Wise, Erik Tavcar et 
Doina Chiacu; Henri-Pierre André et Julie Carriat pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant