USA 2016-Les marchés se préparent à une possible tempête mercredi

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    par Olivia Oran et Sumeet Chatterjee 
    8 novembre (Reuters) - Ayant en tête le choc déclenché en 
juin par le vote des électeurs britanniques pour la sortie de 
leur pays de l'Union européenne, les banques et les courtiers se 
préparaient mardi à la possibilité d'une nouvelle tourmente sur 
les marchés financiers si les résultats des élections 
américaines ne correspondent pas au scénario attendu par les 
investisseurs. 
    Les places asiatiques seront les premières à réagir mercredi 
et plusieurs grands acteurs de la finance dans la région, comme 
HSBC  HSBA.L  ou Nomura  8604.T , ont renforcé leurs équipes; 
d'autres ont pris des mesures exceptionnelles pour limiter le 
risque d'une flambée des volumes et de la volatilité, par 
exemple en relevant le niveau de marge imposé aux investisseurs. 
    Aux Etats-Unis, Morgan Stanley  MS.N  a donné pour 
instruction à ses équipes d'envisager le recours à des ordres 
"stop-loss", un mécanisme de trading automatique qui déclenche 
la vente d'une position lorsque l'actif concerné atteint un 
niveau défini à l'avance, si les volumes et la volatilité 
s'envolent. 
    La banque a également dit à ses conseillers en gestion de 
fortune de se préparer à faire le point avec les clients après 
les résultats des élections.  
    Certains traders, s'appuyant sur le niveau des options sur 
l'indice Standard & Poor's 500  .SPX , s'attendent à ce que les 
marchés actions américains gagnent ou perdent autour de 2% 
mercredi. Mais plusieurs banques envisagent des variations plus 
fortes encore en cas de victoire du républicain Donald Trump: 
pour Citigroup  C.N , un tel scénario se traduirait par une 
baisse de 3% à 5% pour le S&P 500. 
    Le 24 juin, au lendemain du référendum britannique sur le 
Brexit, la Bourse de Londres avait limité son repli à moins de 
3% mais celle de Francfort avait chuté de près de 7% et celle de 
Paris de pratiquement 8%. A New York, le S&P 500 avait abandonné 
3,6%. 
    Après avoir fini en hausse lundi au lendemain de la 
confirmation par le FBI de sa décision de ne pas réclamer de 
poursuite à l'encontre d'Hillary Clinton dans l'affaire de ses 
courriels, Wall Street était en léger repli en début de séance 
mardi, la prudence pesant sur la tendance. 
         
    LA PLUS IMPORTANTE "INCONNUE CONNUE" DEPUIS 2008 
    Les investisseurs considèrent la candidate démocrate comme 
la garante d'un certain statu quo politique et économique aux 
Etats-Unis alors que les positions affichées par son principal 
adversaire sur la politique étrangère, le libre-échange et 
l'immigration leur déplaisent. 
    "Le marché nous a plus ou moins dit qui allait gagner 
demain", a déclaré un responsable d'une grande banque qui n'a 
pas prévu de renforcer ses équipes mercredi.  
    Un responsable d'un établissement concurrent a estimé que la 
hausse de 2,2% de Wall Street lundi avait permis de ramener le 
niveau d'alerte global de "DEFCON 2" à "DEFCON 4", en se 
référant à la nomenclature de la Défense américaine.  
    Dans une étude publiée lundi, le courtier japonais Nomura 
présente toutefois la présidentielle de mardi comme la plus 
importante "inconnue connue" à laquelle les marchés auront dû 
faire face depuis la crise financière. Il estime qu'une victoire 
de Trump pourrait provoquer une baisse de plus de 6% des Bourses 
asiatiques. 
    Pour Stéphane Loiseau, responsable de l'activité cash 
actions de Société générale pour l'Asie-Pacifique, les élections 
américaines s'annoncent plus importantes pour la région que le 
référendum britannique et pourraient donc se traduire par une 
envolée simultanée des volumes et de la volatilité. 
    Le courtier australien IG Markets a quant à lui relevé les 
taux de marge des positions sur les indices américains et 
certaines transactions sur le dollar, pour le porter de 0,5% à 
1%. Mais il dit ne pas s'attendre à "un effondrement ou une 
envolée". 
    Aucun des grands opérateurs de marchés américains interrogés 
lundi par Reuters n'a prévu de mesures exceptionnelles pour 
faire face à un éventuel pic de volatilité. 
     
 
 (avec David Henry Elizabeth Dilts et Saqib Ahmed à New York, 
Michelle Price et Julie Zhu à Hong Kong, Swati Pandey à Sydney 
et Adbhirup Roy à Bombay; Marc Angrand pour le service français, 
édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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