USA 2016-Les marchés financiers inquiets à six jours du vote

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    par Amanda Becker et Emily Stephenson 
    FORT LAUDERDALE, Floride, MIAMI, 2 novembre (Reuters) - A 
moins d'une semaine de l'élection présidentielle américaine, le 
doute qui plane de nouveau sur son résultat pèse négativement 
sur les marchés financiers de la planète. 
    Les investisseurs ont horreur de l'incertitude et leur 
réaction face à la lutte serrée pour la Maison blanche entre 
Hillary Clinton et Donald Trump ne fait pas exception à la 
règle. 
    Les places boursières, le pétrole et le dollar ont tous 
reculé mercredi. A l'inverse, les traditionnelles valeurs 
refuges que sont l'or ou le franc suisse ont monté. 
    Les investisseurs parient depuis longtemps sur une victoire 
d'Hillary Clinton. Ils s'inquiètent donc aujourd'hui de la 
publication de sondages d'opinion indiquant que le candidat 
républicain réduit l'écart, qui il y a peu encore grandissait, 
le séparant de l'ex-First Lady démocrate.     
    "On s'attendait à ce que les derniers jours avant l'élection 
soient animés, mais les événements des deux derniers jours ont 
sérieusement entamé la confiance des investisseurs", résume 
Craig Erlam, analyste du cambiste Oanda à Londres. 
    Hillary Clinton représente en effet pour les marchés 
financiers le statu quo.  
    Une enquête effectuée le mois dernier par Reuters auprès 
d'intervenants du marché montre que la majorité d'entre eux 
s'attendent à voir Wall Street mieux se porter si elle remporte 
le scrutin mardi prochain.  
    Avec Donald Trump à la Maison blanche, ce serait en revanche 
un saut dans l'inconnu.  
    Avec nombre d'interrogations sur la politique étrangère ou 
les relations commerciales qu'une présidence Trump adopterait. 
Et un dollar sans doute plus faible en raison des mesures 
protectionnistes que l'homme d'affaires préconise.  
     
    L'AFFAIRE DES E-MAILS 
    L'affaire de l'utilisation par Hillary Clinton de sa 
messagerie électronique privée quand elle était secrétaire 
d'Etat sous le premier mandat de Barack Obama a connu un 
rebondissement avec l'annonce par le directeur du FBI que ses 
services allaient se pencher à nouveau sur ces e-mails. Sans 
autres précisions. 
    Cette intervention publique sans précédent d'un dirigeant 
des services de sécurité américains dans une campagne électorale 
a favorisé Donald Trump, qui y a vu la confirmation des 
accusations de corruption qu'il adresse au camp démocrate. 
    D'après une moyenne de sondage d'opinions effectuée mercredi 
par le site internet RealClearPolitics, Hillary Clinton à 
l'échelle nationale obtenait 47% des suffrages, contre 45,3% à 
Donald Trump. 
    Mais, aux Etats-Unis, le président est élu par des "grands 
électeurs" et de pareils sondages nationaux ne reflètent pas 
toujours la réalité des forces en présence. 
    Il faut le soutien de 270 grands électeurs pour entrer à la 
Maison blanche. Et comme les démocrates gagnent généralement les 
Etats les plus peuplés, comme la Californie ou New York, Hillary 
Clinton semble assurée d'en disposer de 246, selon 
RealClearPolitics.  
    Restent 24 à trouver, en particulier dans ce qu'on appelle 
communément les "swing states" (Etats décisifs), fournisseurs de 
112 voix. Ce sont la Floride, l'Ohio, la Caroline du Nord, la 
Virginie, l'Iowa, le Colorado, l'Arizona ou encore le Nevada. 
    C'est la raison pour laquelle Hillary Clinton a passé 
beaucoup de temps en Floride ces derniers jours. Et qu'elle 
était attendue dans le Nevada et en Arizona mercredi et jeudi. 
    Donald Trump était, lui, en meeting à Miami mercredi soir. 
 
 (Avec Doina Chiacu à Washington, Jamie McGeever à Londres et 
Saqib Iqbal Ahmed à New York, Gilles Trequesser pour le service 
français) 
 
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