USA 2016-Les électeurs de Trump ne se voient pas scrutateurs

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    par Ginger Gibson 
    SHERMANS DALE, Pennsylvanie, 19 octobre (Reuters) - Donald 
Trump, qui ne cesse dire que les élections américaines sont 
"truquées", a demandé à ses électeurs, jusqu'ici sans grand 
succès, de se porter scrutateurs bénévoles dans un certain 
nombre d'Etats et notamment en Pennsylvanie, Etat clé pour le 
Parti républicain à la traîne dans les sondages. 
    Il est tout à fait légal pour les partis politiques, en 
Pennsylvanie et ailleurs, de désigner des observateurs dans les 
bureaux de vote. Un formulaire sur le site de campagne de Donald 
Trump demande aux électeurs du candidat républicain à la Maison 
blanche de devenir bénévoles pour assister au dépouillement le 
jour de l'élection présidentielle le 8 novembre, et ainsi 
d'"empêcher Hillary la véreuse de truquer cette élection". 
    Mais, cette campagne de recrutement, lancée le 8 août 
dernier en Pennsylvanie, semble avoir pour l'instant peu de 
succès. 
    L'effet est parfois même contraire au but recherché : les 
propos réitérés du candidat républicain sur le thème du truquage 
ont conduit certains de ses partisans à se résigner à la défaite 
électorale, même si les études montrent que la fraude électorale 
aux Etats-Unis est extrêmement rare. 
    A l'inverse, certains groupes de défense des libertés 
publiques disent craindre que les partisans de Trump n'aient 
pris l'appel du 8 août trop au sérieux et ne forment des 
bataillons de surveillance façon vigiles qui auraient pour effet 
d'intimider les électeurs. 
    Mark Bowman, 53 ans, qui vit à Shermans Dale, communauté 
rurale de 5.000 personnes, est plutôt à ranger dans la première 
catégorie. Il est persuadé que la fraude électorale se pratique 
à grande échelle, mais estime, comme une vingtaine de partisans 
du candidat républicain de la partie de Pennsylvanie qui vote 
traditionnellement pour le Grand Old Party, que cette pratique 
ne peut être endiguée et que devenir scrutateur c'est aller trop 
loin.  
     
    MOBILISER 3.000 VOLONTAIRES 
    "Je déteste le dire, mais je n'ai pas grande confiance. La 
fraude électorale est endémique, particulièrement dans les 
villes", dit-il. Mais, ajoute-t-il, il n'a pas envie d'aller à 
"l'affrontement" en tant que bénévole dans un bureau de vote. 
"En tant que citoyen de base, vous allez finir en conflit avec 
quelqu'un et finir par vous mettre dans de mauvais draps", 
commente-t-il. 
    Au niveau national, la candidate démocrate Hillary Clinton 
devance son rival républicain de quatre points (42% contre 38%), 
selon le dernier sondage Reuters/Ipsos mené du 13 au 17 octobre. 
    Steve Reigh, 57 ans, agent immobilier à Elliottsburg, pense 
lui aussi que le scrutin du mois prochain sera sans doute truqué 
et lui aussi se dit résigné à son issue, quelle qu'elle soit. 
    "Que peut-on faire?", dit-il. 
    D'autres se veulent plus combatifs et ont visiblement 
entendu l'appel du 8 août.  
    Jack Posobiec, ancien combattant dans la Navy et directeur 
des projets spéciaux pour le mouvement "Citizens for Trump", dit 
espérer mobiliser 3.000 volontaires dans plusieurs Etats clés où 
l'issue du scrutin est encore indécise, y compris en 
transportant par autocar des sympathisants du Texas à l'Ohio. 
    Le 1er octobre dernier, Donald Trump a réitéré son appel 
devant ses partisans à Manheim, un bourg de 5.000 habitants dans 
le centre de la Pennsylvanie. Il leur a demandé de se rendre 
dans des quartiers autres que les leurs le 8 novembre pour 
"regarder". 
    "Alors, allez voter et ensuite aller vérifier certains 
secteurs parce qu'il se passe beaucoup de mauvaises choses et 
que nous ne voulons pas perdre pour cette raison", a déclaré le 
promoteur immobilier new-yorkais. 
    A Newport, Gina et Larry Snyder, âgés respectivement de 75 
et 77 ans, estiment eux aussi qu'on ne peut pas faire grand 
chose, même d'être scrutateur, dans une élection truquée. 
    A Elliottsburg, Candace Lowe, 40 ans, se dit résignée à la 
défaite de Trump parce que le gouvernement "peut truquer les 
choses". Se présenter massivement devant les bureaux de vote n'y 
changera rien, dit-elle. 
    A Mechanicsburg, 9.000 habitants, l'agent immobilier Steve 
Johansen a participé à la création d'un bureau de campagne pour 
Trump dans une patinoire, mais n'a pas l'intention de prendre la 
surveillance d'un bureau de vote. 
    "J'ai confiance dans le système", dit-il. 
 
 (Avec David Ingram; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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