USA 2016-Le mot de Trump sur l'élection accentue le désarroi républicain

le , mis à jour à 23:40
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 (Actualisé avec réaction d'Obama en meeting à Miami § 2-6-7) 
    par Patricia Zengerle et Emily Stephenson 
    DELAWARE, OHIO, 20 octobre (Reuters) - Plusieurs hauts 
responsables républicains ont critiqué jeudi le refus de Donald 
Trump de s'engager à accepter le résultat de l'élection 
présidentielle américaine, certains estimant même que ces propos 
du milliardaire pourraient nuire aux chances du Grand Old Party 
de conserver la majorité au Congrès. 
    Cette sortie inattendue de l'homme d'affaires, qui a 
"horrifié" sa rivale Hillary Clinton et dans laquelle Barack 
Obama a pointé un "danger", a été le point le plus saillant du 
troisième et dernier débat qui a opposé mercredi les deux 
principaux candidats à la présidentielle du 8 novembre. 
    Interrogé par le modérateur Chris Wallace sur l'attitude 
qu'il adoptera à l'annonce des résultats, alors qu'il dénonce 
depuis des jours une élection "truquée", le milliardaire s'est 
contenté de répondre: "Je vous le dirai le moment venu, je vais 
maintenir le suspense. D'accord ?" 
    La petite phrase a fait la une de tous les journaux jeudi 
matin, les éditorialistes se demandant si l'homme d'affaires est 
prêt à un transfert pacifique du pouvoir, l'un des piliers du 
système démocratique américain.  
    Par la suite, lors d'un meeting à Delaware dans l'Ohio, 
Donald Trump a affirmé jeudi après-midi qu'il respecterait le 
résultat "si (il) gagne". "Naturellement, j'accepterai le 
résultat de l'élection s'il est clair, mais je me réserverai 
aussi le droit de contester ou de déposer un recours juridique 
dans le cas d'un résultat douteux", a déclaré le candidat 
républicain. 
    En meeting de soutien à Clinton à Miami, Barack Obama a vu 
dans les déclarations du candidat républicain un risque. 
    "C'est dangereux. Parce que lorsqu'on essaie de semer les 
graines du doute dans l'esprit des gens à propos de la 
légitimité des élections, cela sape notre démocratie. Et l'on 
fait le travail de nos adversaires à leur place", a-t-il dit. 
     
    UN ACTE DE RESPECT 
    Le sénateur républicain John McCain, qu'Obama a battu à la 
présidentielle de 2008, a lui aussi critiqué les propos de 
Trump, en soulignant qu'accepter le résultat de l'élection 
faisait partie de la mentalité américaine. 
    "Je n'ai pas aimé le résultat de l'élection en 2008. Mais 
j'avais le devoir de reconnaître ma défaite, et je l'ai fait 
sans hésitation", a-t-il dit, évoquant un "acte de respect 
envers la volonté du peuple américain".  
    John McCain a déjà retiré son soutien à Donald Trump.  
    Plusieurs démocrates ont saisi l'occasion pour demander aux 
candidats républicains au Congrès s'ils étaient d'accord avec 
Donald Trump.  
    "Etes-vous d'accord avec Donald Trump pour questionner les 
résultats de l'élection?", a demandé le Parti démocrate du 
Nevada au représentant républicain Joe Heck, qui brigue le siège 
de sénateur laissé vacant par le chef de la minorité démocrate à 
la chambre haute Harry Reid, mais doit faire face à la vive 
concurrence de son adversaire démocrate Catherine Cortez Masto. 
    Un consultant républicain, Matt Mackowiak, estime que cette 
controverse allumée par Donald Trump incitera les candidats aux 
élections législatives, qui ont lieu en même temps que la 
présidentielle, à prendre leurs distances avec l'homme 
d'affaires, surtout s'ils sont en mauvaise posture.  
    Il regrette également que la discussion après le débat ait 
été monopolisée par cette phrase, jugeant que Donald Trump avait 
globalement livré une prestation plutôt bonne et qu'Hillary 
Clinton s'était mise en difficulté sur plusieurs dossiers.  
    Un sondage instantané réalisé pour CNN a donné la candidate 
démocrate vainqueur de cette ultime confrontation à 52% contre 
39% au républicain. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne présidentielle:   
 
 (Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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  • delapor4 il y a un mois

    Avec les machines à voter truquées et les fausses informations des médiats, les élections US sont beaucoup moins crédibles que les celles des russes par exemple.